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Gisèle Pineau, écrivaine : « Je voulais être enivrée par ces senteurs »

France-Antilles Guadeloupe 05.10.2018
Propos recueillis par Huguette IBALOT

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Gisèle Pineau, écrivaine : « Je voulais être enivrée par ces senteurs »
C'est une saga familiale qui mêle questions d'héritage, de rivalités et de partage de terre. (H. I.)

Ce soir, à 19 heures, la Maison coloniale Wonche à Baie-Mahault va recevoir l'écrivaine Gisèle Pineau. Une rencontre littéraire pour découvrir Le parfum des sirènes, son dernier ouvrage paru aux éditions Mercure de France. Rencontre avec l'auteur.

Pourquoi ce titre Le parfum des sirènes ?
Je voulais qu'il y ait des effluves, des parfums, des senteurs. Il y a beaucoup de fleurs dans ce livre mais il y a aussi une femme qui s'appelle Siréna que tout le monde appelle la Sirène. En écrivant je voulais être enivrée et j'espère que mes lecteurs et lectrices seront enivrés par ces senteurs. Il y a sept chapitres qui portent chacun le nom d'une fleur ou d'un fruit. Je voulais que les lecteurs plongent dans cette histoire avec le premier nègre libre de cette famille qui a pu acheter plus d'un hectare de terre à un béké, le morne Dorius. C'est une saga familiale qui se déroule sur un siècle à peu près. On remonte jusqu'aux années 1915. Nous voyons évoluer cette famille au fil des ans. Il y a des questions de partage de terre, d'héritage, il y a des rivalités, des questionnements par rapport à la famille guadeloupéenne. Il y a des personnages qui vont porter des prénoms un peu malgré eux. Je voulais entrer dans le coeur d'une famille guadeloupéenne et essayer de regarder un peu à la loupe ce qu'il y avait derrière une famille. Les liens qu'il y a entre les parents et les enfants, entre les frères et soeurs. Est-ce que l'amour que l'on peut donner à ses enfants est reçu à sa juste mesure. Il y a l'enfance mais il y a aussi ce que l'on devient une fois adulte. Je fais un focus sur la famille de Léonne (tout le monde l'appelle la lionne) et Mathurin et leurs enfants. »
En combien de temps avez-vous écrit ce roman ?
Je l'ai écrit en un an et demi à peu près. Il y a le temps de l'écriture mais il y a aussi le temps où on s'interroge sur ce que l'on souhaite écrire. Le roman débute par la découverte du corps de Siréna par son petit garçon de deux ans et demi, Gabriel, le 14 juillet. Il est recueilli par Léonne et Mathurin. C'est un roman que je portais en moi depuis très longtemps.
J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Je me suis intéressée aux prénoms dont on hérite, un prénom d'une tante, d'une cousine décédée. C'est en même temps un roman très contemporain puisque les années vont passer, on va se retrouver en 2016. Gabriel, le fils de Siréna est alors âgé de 38 ans. C'est lui qui fait le lien entre Léonne et Mathurin qui ont cessé de se parler après le cyclone Hugo. J'aborde aussi le thème de l'infantilisation des parents vieillissants qui correspond à ce que j'observe autour de moi et même plus largement dans le monde. Il y a une enquête menée discrètement par une vielle cousine, un peu comme la Miss Marpel d'Agatha Christie. Et c'est elle qui va élucider les circonstances de la mort de Siréna grâce aux parfums.
À cinq ans, le petit Gabriel, traumatisé par la mort de sa mère, ne parlait toujours pas. Il fallait qu'il soit entouré, qu'il ait beaucoup d'amour pour surmonter ce traumatisme C'est un peu le regard de l'infirmière en psychiatrie que j'ai été durant 37 ans. C'est un livre assez captivant. Je suis l'auteur qui est témoin de son temps. L'imaginaire est très important dans ce livre puisque j'ai inventé beaucoup d'éléments mais on retrouve aussi de choses qui ont marqué l'histoire de la Guadeloupe (la première et la seconde guerre mondiale, la période que l'on a appelé « en temps Sorin ? » , le cyclone Hugo).
La première de couverture est très belle, pourquoi ce choix ?
En son temps, Siréna est une femme très gaie, très belle. Même s'il y a chez elle de la tristesse également puisqu'elle a perdu ses parents alors qu'elle était très jeune. Elle chante, elle danse, elle raconte des histoires. Les hommes sont sous le charme. C'est une femme au charme innocent qui fascine les gens. C'est cette liberté que l'on voit chez Siréna qui fascine et qui fait qu'on la jalouse.
Quelle sera la suite afin de faire connaître votre tout nouveau roman ?
Il y a la rencontre littéraire d'aujourd'hui à Baie-Mahault. Ensuite, une séance de signature à la librairie générale Jasor de Jarry, samedi 6 octobre de 10 à 13 heures. Un programme fort intéressant avec la troupe TTC+Bakanal de José Jernidier pour la première partie. Il y aura un temps d'échange avec Max Jasor, Lambert-félix Prudent, Clara Palmiste et moi-même en deuxième partie.
Deux rencontres organisées par la librairie générale Jasor et la ville de Baie-Mahault. Il est prévu une présentation à Marie-Galante également. Je continuerai à échanger autour de mon roman pour le faire connaître et donner envie de le lire, à travers les rencontres qui seront programmées au fil des sollicitations.
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