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POINTE-À-PITRE - La passion des mobylettes

France-Antilles Guadeloupe 06.08.2018
Guy MALACQUIS

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La passion des mobylettes
Les Grenats sont de plus rares et de plus en plus recherchées.

Une vingtaine de membres est adhérente de l'association Pasyon Grèna. Tous entretiennent, des mobylettes qui étaient, autrefois, très prisées dans les familles.

Crée depuis avril 2014, rue Vatable où se trouve son siège, l'association Pasyon Grèna veut perdurer. Son but est de mettre en avant et de faire connaître aux jeunes cette mobylette qui a fait le bonheur de nos parents.
À l'époque où la voiture n'était pas à la portée de tous, cet engin motorisé leur permettait de se déplacer pour aller aux champs, faire les courses du quotidien et partir à la rencontre de la dulcinée. L'association compte 25 membres dont deux femmes passionnées par ces engins hérités de leurs parents. Suzelle raconte : « J'ai fait mes preuves depuis l'âge de 14 ans. Lorsque mon père me demandait d'aller faire des courses, y aller à pied était difficile. C'était l'occasion rêvée de récupérer sa Grenat. J'ai essayé une fois et depuis je suis à Grenat » . Quant à Vivianne, l'autre femme de l'association, elle est toute aussi emballée L'association dirigée par Jean Darin a déjà mené plusieurs actions pour se faire connaître sur toute la Guadeloupe et surtout lors d'évènements comme le carnaval, les mariages, les enterrements, le Tour de la Guadeloupe et bien d'autres encore. Pasyon Grèna est assez connue grâce aussi aux différents reportages qui lui ont été consacrés. Pour adhérer à cette association, il faut une mobylette en bon état de marche, respecter le - code de la route. Le port du casque et de gants est obligatoire. Lors des sorties, la tenue est réglementaire.
Les membres ne négligent pas leur petit bijou. Ils en prennent soin. « Depuis la création de notre association, les prix des Grenats ne cessent de flamber. Quelqu'un qui vend une Grenat peu entretenue, peut en tirer entre 1 000 et 3 000 euros. Nous commandons les pièces détachées sur internet où dans un magasin de pièces spécialisées, situé dans la région du Moule » , explique le président.
Dans les années 1960, un nombre important de Grenats circulaient surtout en Grande-Terre. La Chaudron de son vrai nom, appelée Grèna , par les Guadeloupéens, à cause de sa couleur, s'adaptait bien à la topographie. Son prix était à la portée des ouvriers. L'arrivée des voitures à des tarifs plus abordables pour les petites gens a, au fur et à mesure du temps, limité l'usage des Grenats. Puis les routes sont devenues plus dangereuses. De nos jours, seuls les fans, adhérents de l'association entretiennent ce patrimoine.
Contacts association : 06 90 35 41 39 ou 06 90 58 58 93
Les caractéristiques des Grenats
Ces mobylettes ont un moteur 2 temps refroidi par l'air. Les Guadeloupéens ont privilégié l'AV 89.
Historiquement, la Grenat est une marque déposée de chez Motobécane. Le premier modèle sera vendu sous l'appellation mobylette AV 3. Elle est devenue avec le Vélosolex un deux roues populaire en France, dans les années 1960 jusqu'aux années 1990.
L'appellation Grena était inconnue dans l'Hexagone. En Martinique, elle était appelé Moby-rouge.
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