ACTUALITé - CULTURE - PORTRAIT D'ARTISTES AVEC UKA

YESSWOO

France-Antilles Guadeloupe 03.04.2017

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YESSWOO

Membre du célèbre quatuor de graffeurs basse-terrien et international les 4KG, Yesswoo développe un style personnel identifiable entre tous. De ces somptueuses têtes afro sur les murs de nos villes à sa peinture « cubistoréaliste » , il nous émerveille au quotidien, sublimant le béton, la toile et les réseaux sociaux.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Yeswoo Dini, du collectif de graffeurs 4KG. Je graffe depuis à peu près 20 ans.
Je suis né à Rennes en 1978 et je vis en Guadeloupe depuis 2003, où j'ai formé notre collectif 4KG avec Nywo Myki et Tryspa sur la région Basse-Terrienne
Quelles sont vos techniques de travail ?
Mon outil de prédilection, c'est la bombe aérosol que j'utilise sur mur et une majorité de mes toiles. Mais pour les petits formats, j'aime beaucoup le fusain, le posca (stylo de peinture) et aussi la peinture acrylique et l'aquarelle. Je travaille souvent d'après photo et je laisse libre cours à mon imagination ensuite. Je décompose et je recompose.

Vos sources d'inspiration ?
C'est d'abord le visage, avec toutes les expressions qu'il amène avec lui. Le message délivré est souvent clair et c'est ce que j'aime. Mais j'aime les visions à plusieurs degrés et ce qu'on croit être ne l'est pas forcément. Sinon, nos problématiques actuelles me servent d'incubateur d'idées. Après, issu de la culture hip hop, j'aime tout ce qui en tourne autour, la musique, la soul les 70's... Et un grand pan de mon inspiration vient aussi de la science et de la science-fiction. J'aime le rêve, même s'il peut tourner au cauchemar
Qu'est ce qu'être un artiste caribéen aujourd'hui ?
C'est un très beau combat. Lutter contre soi-même et notre propre environnement. Même s'il nous inspire, il peut aussi nous freiner. C'est aussi une recherche d'identité artistique permanente et ne jamais s'endormir. J'ai envie que notre petite île rayonne encore plus et je me sens frustré par rapport à la vision qu'a parfois la Métropole de nos latitudes. Mais de toute façon, le monde est à nos portes. On voyage, on échange, on en revient plus éclairé, on échange et on repart, etc.
Commentez-nous l'oeuvre choisie pour illustrer cet article...
Le Criest un graff participatif que j'ai réalisé à la 9e Night in the museum, à la galerie musée Kréol West Indies de Vincent Nicaudie, à Saint-François. La période actuelle me donne plus envie de crier que de m'exprimer posément, au vu de toutes les absurdités que l'on peut voir qu'elles soient politiques, sociales, etc. Le visuel étant choisi, une femme noire, car elle est très représentative des inégalités sociales et culturelles de notre société, je voulais faire de la chevelure le condensé de tout ce que les gens avaient envie de crier. Sur le conseil de Vincent et pour éviter d'avoir tout et n'importe quoi, nous avons axé les mots donnés par les spectateurs sur les acteurs culturels caribéens. La tête étant graffée l'après-midi, les personnes me donnaient des noms de musiciens, écrivains, peintres que je taguais en direct le soir. C'est donc une liste non exhaustive qui compose la chevelure mais qui représente le cri de notre culture caribéenne qui cherche à se faire entendre et à se faire comprendre à sa juste valeur.
Retrouvez les oeuvres de Yesswoo Dini à l'espace Le Showroom, à Jarry/Baie-Mahault, jusqu'au 13 avril.
Le Cri









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