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LE MOULE - Une nouvelle méthode pour l'impro musicale

France-Antilles Guadeloupe 11.10.2017
Harry MAPOLIN

3RÉAGIR

Une nouvelle méthode pour l'impro musicale
Jean-Fred Castry, ici en compagnie de spécialistes de la musique, lors d'un séminaire à Cuba.

Jean-Fred Castry, fondateur de l'école de musique Cefrim et auteur d'une quinzaine d'ouvrages sur la recherche musicale, a créé l'École spécialisée de la culture afro-guadeloupéenne (ESKA) et propose des ateliers de musique fondés sur la richesse musicale africaine.

Analyser, comprendre et appliquer les apports musicaux fondamentaux dus à la richesse initiale de la culture africaine, tels sont les objectifs d'« Amfrika : Anpwent mizikal fondal richès a kilti afriken » . Ce nouveau concept est « une manière d'apprendre la musique sans se soumettre aux contraintes harmoniques et tonales imposées par la culture européenne, qui limitent le musicien dans sa liberté d'improvisation et d'interprétation » , explique Jean-Fred Castry, disciple de Gérard Lockel, défenseur du gwoka moderne, et auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacré à ses recherches musicales.
Ce fondateur de l'école de musique Cefrim, au Moule, a toujours milité pour une musique atonale, c'est-à-dire qui n'oblige pas à jouer dans une tonalité imposée. Mais toutefois, il précise qu'il est nécessaire de connaître son instrument et de savoir ce que l'on fait.
Aujourd'hui, il propose des ateliers intitulés « Jéka-Amfrika » ou des jeux musicaux culturels afro-guadeloupéens . « Il suffit de jouer et de progresser, seul ou en groupe. Il n'y a pas besoin d'être musicien à la base. Certes, les études sont fondées sur le gwoka, mais nos méthodes peuvent aussi s'appliquer à toutes les musiques dont la base est originaire d'Afrique » , précise ce spécialiste.
Afin de bien faire comprendre cette liberté créatrice qu'il propose, Jean-Fred Castry a récemment publié l'analyse de 34 titres de compositeurs de gwoka, dans un ouvrage intitulé Un siècle de gwoka. En réalisant des arbres musicaux représentant l'enchaînement des notes, il démontre que les règles de la musique occidentale ne s'appliquent pas forcément à la musique originaire d'Afrique.
AUSSI LIBRE QUE LE DANSEUR DE GWOKA
Ce passionné de recherche musicale aime associer la liberté de la musique atonale à cette même liberté que prend le danseur de gwoka devant les joueurs de tambours. Le danseur est libre de ses mouvements et s'exprime sans contrainte. C'est au marqueur de s'adapter à ses pas.
Pour ce projet, Jean-Fred Castry a fait appel à des anciens élèves du Cefrim. Il pense les former pour qu'ils soient des ambassadeurs de cette méthode qui devrait faciliter l'improvisation chez tout musicien. Les ateliers débutent dans une quinzaine de jours.
Contacts : 05 90 23 74 50 ou 06 90 56 59 85.
Mail : ecolecefrim@gmail.com.
Une participation au choix
Le Cefrim propose une participation au choix afin de permettre à un grand nombre de participants d'en profiter :
- Des dons libres pour soutenir les bénévoles des associations Cefrim et Declic.
- Un forfait de 45 euros par mois (pour les élèves venant au 32, rue Achille-René-Boisneuf avec leurs parents).
- 10 euros par mois et par enfant (1 heure par semaine sur le temps scolaire, à l'école ou au centre de loisirs Declic).
- 1euro par mois pour les enfants dont les parents n'ont pas de revenus.
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VOS COMMENTAIRES
  • morouvif - 13.10.2017
    "[. . ]méthodes peuvent aussi s'appliquer à toutes les musiques dont la base est originaire d'Afrique »(je cite)
    1 Afrique comprise entre le 15°N et le 15°S , pour sûr/En sus, j'ai peur que ces initiatives soient teintées de communautarisme, dans un contexte (l'art) qui est censé rassembler les peuples avec des valeurs .. universelles?
  • rose - 12.10.2017
    Les Africains sont-ils prêts à adopter notre biguine, notre quadrille ? Certains veulent africaniser notre département, mais les Sénégalaises sont-elles prêtes à mettre nos robes folkloriques, danser le quadrille , abandonner leur religion musulmane pour devenir catholique, laisser la polygamie pour vivre en couple comme nous . Assumons notre culture régionale et laissez nous tranquille avec votre africanité. Les Niçois ne sont pas contraints d'adopter la culture Italienne . Les Louisianais ne sont pas en perpétuel quête de la musique Africaine , ils assument leur musique comme faisant partie intégrante de la culture américaine. La Guadeloupe devrait aussi faire pareil, notre musique fait partie intégrante de la musique Francaise . Basta .
  • rose - 11.10.2017
    Bravo pour notre métissage musical !! La Guadeloupe serait il le seul coin au monde qui ne reconnait pas son métissage musicale . La biguine, le quadrille ??
    Qui cherche à phagocyter ce département pour le rendre de plus en plus africain? En Louisiane ce n'est pas le cas .
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