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DIGITAL - Économie numérique : où en est la Guadeloupe ?

France-Antilles Guadeloupe 09.11.2017
S.B.

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Économie numérique : où en est la Guadeloupe ?
Concernant les métiers du numérique, l'offre de compétences reste assez faible sur le territoire. En cause essentiellement : le manque de formation aux nouvelles technologies en Guadeloupe. (Photo d'illustration)

Du potentiel, mais encore des faiblesses... Telles sont les conclusions d'une étude signée Guadeloupe Formation sur les technologies de l'information et de la communication.

La filière numérique se compose de dix secteurs professionnels dont des entreprises de services numériques telles que les éditeurs de logiciels, le conseil en technologies, le web, les jeux vidéo ou des activités connexes comme l'ecommerce, robotique, la domotique, les services satellitaires, la banque - assurance etc.
Afin d'ajuster les besoins en matière de formation dans le secteur, Guadeloupe Formation (1) vient de réaliser une étude sur un des volets de l'économie numérique : les technologies de l'information et de la communication (voir ci-contre).
Il en ressort du bon, du moins bon, mais surtout des enseignements. Alors que globalement les effectifs du secteur sont en hausse, trois domaines sont à la traîne entre 2010 et 2014 : les télécommunications filaires (-87 salariés), l'édition de journaux (-22 salariés) et la production de films et de programmes pour la télévision (-16 salariés).
Autres points faibles : les difficultés de recrutement de certains profils comme webdesigner, gestionnaire vidéo/audio, datascientist (gestion de bases de données), gestion des infrastructures (urbaniste), soudeur de fibres optiques, sécurité des données. Ces emplois ne sont pas propres aux activités des technologies de l'information et de la communication, mais se retrouvent dans l'ensemble des autres secteurs d'activité en tant que besoins transverses.
POLITIQUEMENT, LA VOLONTÉ EST BIEN LÀ
Guadeloupe Formation pointe également du doigt les insuffisances en matière de création d'emplois et également un système éducatif en décalage permanent avec les compétences attendues sur le marché de l'emploi. Les technologies évoluent rapidement et le système scolaire s'adapte difficilement à ces évolutions.
Malgré tout, la Guadeloupe a le potentiel et les ambitions pour inverser la tendance. L'emploi a d'ailleurs progressé dans l'informatique, la programmation informatique et la maintenance de systèmes et d'applications informatiques. Politiquement, la volonté est bien là.
« Le numérique est une des priorités de notre mandature, souligne Diana Perran, présidente de la commission audiovisuelle et des TIC (2) du conseil régional. La révolution numérique est une réalité et nous devons préparer au mieux notre territoire. Cela passe par des infrastructures numériques performantes (fibre optique sur 85% du territoire). Les travaux devraient démarrer au 1er semestre 2018 pour fibrer quinze zones blanches. Des actions sont aussi prévues pour développer l'usage du numérique chez les personnes âgées et handicapées notamment. En matière d'économie pure, une convention vient d'être signée avec Outre Mer Network basée à Paris. C'est elle qui gère le pôle Outre-Mer de Station F, cet incubateur parisien de start-up inauguré récemment. Objectif : permettre à nos jeunes entrepreneurs d'être hébergés là-bas tout en gardant leur siège en Guadeloupe. Ils pourront ainsi bénéficier du réseau et des conseils en financement notamment. Un bon générateur d'emplois dont toute la Guadeloupe va pouvoir bénéficier » .
(1) Guadeloupe Formation est un établissement public administratif régional de la formation professionnelle (E.P.A).
(2) TIC : technologies de l'information et de la communication.
(3) 1 078 salariés pour les activités de télécommunications, 275 salariés pour la programmation, conseil et autres activités informatiques, 209 salariés pour les activités d'édition, 121 salariés pour les services d'information et 60 salariés pour la production de films cinématographiques.
3 000
Selon l'étude sur les « Technologies de l'information et de la communication » réalisée par Guadeloupe Formation, en Guadeloupe, en 2014, le secteur des TIC est composé de 3 030 actifs (3) en emploi et a connu une légère augmentation des effectifs de 2010 à 2014.
Axelle Kaulanjan, Guadeloupe Tech
Le secteur de l'économie numérique est un secteur où tout va très vite. Les jeunes n'attendent pas que les formations soient mises en place localement, ils se forment en ligne. Pourquoi pas envisager une sorte de e-campus qui rayonnerait sur toute la Caraïbe ? Nous avons, en Guadeloupe, de forts atouts à faire valoir.
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VOS COMMENTAIRES
  • lenaif1 - 10.11.2017
    PARADOXE
    un certaine partie de la population préfère faire siège de certaines administrations ou entreprises plutôt que d'utiliser les facilités du net refus de faire une utilisation pratique mais ok pour le makrélage photos textos etc ... c'est ça la gwadadadadada
  • morouvif - 11.11.2017

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • vin9cent - 10.11.2017
    On n'est pas inquiets sur l'évolution et l'assimilation des jeunes guadeloupéens et le numérique dans notre archipel et partout dans l'Outre-mer.
  • iMandarinGriot - 09.11.2017
    Forcés, contraints, obligés, ...
    Bien que mes élus, décideurs et leaders d'opinion aient une vision très négative du numérique, celle-ci s'imposera dans mon département..
    Dire cela que le système éducatif est en décalage permanent avec les compétences attendues sur le marché de l'emploi est un effet de manche et rien de plus. Les technologies évoluent rapidement et le système scolaire ne peut suivre ces évolutions. C'est un évidence comme le nez au milieu de la figure.
    La maintenance, les internautes le savent fait partie de mes priorités et je vois qu'elle est à l'ordre du jour ici. Dois-je faire confiance à ce que je lis. Non, absolument non, car jamais mon département ne m'a démontré qu'elle pratique la maintenance telle que je la conçois : régulière, minutieuse, rigoureuse avec le corollaire suivant : le remplacement des pièces usées.
    Déclarations politiques donc par expérience non réalisées , seulement dites : " ... nous devons préparer au mieux notre territoire. Cela passe par des infrastructures numériques performantes. ... fibrer quinze zones blanches. … développer l'usage du numérique chez les personnes âgées et handicapées . " Les promesses n'engagent que ...
    Une convention est signée ? Qui a déjà vue une signée en Guadeloupe fonctionner ?
    N'ayant pas des élites pro numériques, la Guadeloupe aura moins que le minimum syndical. L'usager que je suis le clame souvent. Ceux qui dirigeant en Guadeloupe sont anti-internet et n'y vont que traîner de force !
  • iMandarinGriot - 09.11.2017
    Correction !
    Lire " n'y vont que traînés de force "
  • Meddy - 09.11.2017
    Warning !
    Rectification, un "datascientist" n'est pas un gestionnaire Base de Données..

    Le Data Scientist est un expert de la gestion et de l'analyse pointue de données massives ("big data"). Il détermine à partir de sources de données multiples et dispersées, des indicateurs permettant la mise en place d'une stratégie répondant à une problématique. Il est donc spécialisé en statistique, informatique et connait parfaitement le secteur ou la fonction d'application des données analysées.

    Ce n'est clairement pas le même métier :)
  • saindou - 10.11.2017
    Nous sommes la Guadeloupe et la Guadeloupe n'est rien sans nous
    La Guadeloupe serait en retard mais sûrement pas les guadeloupéens. Les cadres autochtones sont depuis longtemps à l'étranger, ils servent sous d'autres cieux, l'immobilisme et la consanguinité ambiante créent un climat réfractaire au progrès technique.
    Pour faire bref, un "datascientist" ne maîtrise pas seulement le langage R, il est aussi le spécialiste d'un domaine particulier (robotique, climatologie, armement, finance, éducation, science du comportement, criminologie,...), il n'y aurait pas donc qu'un seul type de datascientist.
    Nous n'allons pas jouer au grammairien en essayant de traduire des anglicismes. Il faut dire comme le rappelle le texte que la technique évolue vite et que les frontières sont floues. Il faut donc être très prétentieux pour caractériser définitivement le terme de "datascientist". vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà...
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