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Égalité des sexes : briser les tabous et favoriser la mixité dans les métiers

France-Antilles Guadeloupe 07.02.2018
Stécy LANCASTRE

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Égalité des sexes : briser les tabous et favoriser la mixité dans les métiers
Les étudiants en formation à l'URMA ont été très réactifs au débat. (S. l.)

Le « Tour de France de l'égalité femmes/hommes » , lancé en octobre par le Premier ministre Édouard Philippe, a fait étape en Guadeloupe lundi matin. Durant deux heures, les étudiants de l'Université régionale des métiers et de l'artisanat de Saint-Claude ont pu échanger sur la thématique « la mixité dans les métiers » .

L'égalité femmes/ hommes a marqué la fin de l'année 2017 pour devenir l'une des préoccupations majeures en France et partout dans le monde. Avec la libération de la parole sur le harcèlement et les agressions sexuels, s'est ouvert le débat autour d'inégalités longtemps déniées : dans le travail, la répartition des tâches ménagères, les transports, l'éducation, le rapport à soi.
« Recueillir la parole des femmes » ainsi que « leurs préoccupations » , c'est la mission du Tour de France de l'égalité entre les femmes et les hommes, lancé le 4 octobre par le Premier ministre Édouard Philippe et la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes Marlène Schiappa. Le Tour de France sur cette thématique rappelle la récente loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes. Elle vise à consolider les droits des femmes et d'en garantir l'effectivité lorsqu'elle n'est pas acquise, d'ouvrir de nouvelles perspectives à l'égalité et de créer les conditions d'expérimentation utiles pour faire avancer l'égalité. Stéréotypes, IVG, self défense, inégalité salariale... À travers toutes ces problématiques, l'objectif est de donner l'opportunité à chaque citoyen(ne) de s'exprimer sur la manière dont il/elle appréhende la question de l'égalité, de Paris à la Guadeloupe. Cet atelier organisé à l'URMA lance la reflexion sur la situation dans l'archipel. « Les femmes peuvent aussi travailler dans les métiers dits masculins » , introduit Lucette Faillot, déléguée régionale aux droits des femmes et à l'égalité. « Nous n'avons pas beaucoup de femmes dans le BTP en Guadeloupe.
Avec cette sensibilisation, nous aurons certainement plus de femmes qui seront intéressées par ces domaines » , précise-t-elle.
La situation en Guadeloupe
En matière d'emploi et de conditions d'emploi, la parité entre les actives et les actifs n'est pas respectée, en Guadeloupe comme dans les autres régions françaises. Les écarts sont toujours défavorables aux femmes. Selon l'Insee, en 2016, dans l'ensemble des régions, les femmes âgées de 30 à 65 ans ont des revenus salariaux annuels inférieurs à ceux des hommes du même âge et ont accès à une gamme moins large de métiers. La Guadeloupe se distingue par de faibles écarts de revenus entre les sexes (13,9 points en faveur des hommes). La gamme de métiers y est en revanche bien plus réduite qu'en Hexagone pour les hommes et davantage encore pour les femmes. Tandis que 16 familles professionnelles (FAP) concentrent la moitié des hommes actifs occupés contre 19 en moyenne hexagonale, seules dix FAP concentrent la moitié des femmes actives occupées contre douze en moyenne hexagonale.
DES EMPLOIS ET DES DIPLÔMES DÉCORELLÉS
La faible rémunération des femmes est surtout liée à leurs conditions d'emploi et au fait, notamment, qu'elles travaillent plus souvent à temps partiel que les hommes. Si l'écart entre les deux sexes est faible en termes de taux d'activité, il est renforcé par des situations bien plus fréquentes, chez les jeunes femmes, de sous-qualification de l'emploi au regard de leur niveau de diplôme. Le taux de déclassement touche davantage les jeunes femmes de 25 à 29 ans que les jeunes hommes du même âge en Guadeloupe, comme dans l'ensemble des régions françaises.
En 2017, les Guadeloupéens âgés de moins de 30 ans sont particulièrement concernés par le chômage. Le taux de chômage au sens du recensement de la population est très élevé chez les hommes et encore davantage chez les femmes : 38,4% d'entre eux contre 43,4% d'entre elles. L'entrée dans la vie active des jeunes Guadeloupéennes est souvent plus difficile que pour les jeunes Guadeloupéens car beaucoup d'entre elles sont déjà mères. En métropole, la proportion de jeunes au chômage est beaucoup plus faible, tout comme l'écart entre les deux sexes (1,5 point contre cinq en Guadeloupe). Cet écart, parmi les plus prononcés de France, souligne les difficultés rencontrées par les jeunes en Guadeloupe dans la recherche d'un emploi. Si l'égalité a progressé dans le droit, elle doit encore progresser dans les faits.
Le gouvernement est aujourd'hui pleinement mobilisé pour assurer cette égalité et exige des résultats.
S.L.
ILS ONT DIT
Jeampi Pierrette, vice-présidente de l'Urma de Saint-Claude : « Briser les tabous et faire bouger les lignes »
« Il faut attirer les femmes vers les métiers dits masculins. Dans notre établissement, nous avons de plus en plus de jeunes femmes qui se dirigent vers les métiers du BTP. Ces ateliers porteront leurs fruits. Les échanges entre les jeunes ont montré qu'ils veulent briser les tabous et bouger les lignes pour effacer les mentalités archaïques. »
Rosaire Gob, directeur régional Aract Guadeloupe : « Une vision stéréotypée du travail »
« Nous avons co-organisé cette rencontre. Aborder cette thématique avec des jeunes qui vont intégrer le marché du travail est une forme d'exemplarité. La vision qu'on a est sûrement une vision stéréotypée du travail. Dès qu'il faut faire appel aux forces physiques, il faut un homme. Ce qui n'est pas forcément vrai. Les études montrent que l'introduction des femmes dans une entreprise améliore les conditions de travail et les résultats. »
Une consultation en ligne
Le Tour de France égalité hommes/femmes souhaite faire évoluer les conditions de vie des femmes. Pour mobiliser la société civile et sensibiliser l'opinion à ces sujets, une consultation en ligne sera menée simultanément à l'organisation d'ateliers thématiques, ouverts à toutes et à tous. Le Tour de France de l'Égalité se conclura le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Les priorités annuelles de la grande cause nationale du quinquennat, l'égalité entre les femmes et les hommes, seront alors définies.
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VOS COMMENTAIRES
  • lucide971 - 08.02.2018
    Maman ! Il me semblait pourtant que toutes ces dames aux grosses lunettes noires, au volant de leurs grosses voitures, avec leurs gros téléphones, dominaient déjà notre île. Et combien de députées, sénatrices, mairesses ? Quant au rectorat il suffit d'aller observer ces divas (enfin celles qui se prennent pour) qui se pavanent sur leurs hauts talons pour se rendre compte que notre île à déjà bien intégré l'égalité hommes femmes.
  • morouvif - 09.02.2018
    .."femme homme"!
    Je passe.
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