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POINTE-À-PITRE - Grève de la faim payante pour Chantal Duverceau

France-Antilles Guadeloupe 14.02.2017
Harry MAPOLIN

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Grève de la faim payante pour Chantal Duverceau
La grève de la faim de Chantal Duverceau lui a permis d'être entendue des autorités. Maintenant, elle a faim de nouvelles aventures et est déterminée à poursuivre ses projets. (H.M)

Une semaine de grève de la faim aura suffi à Chantal Duverceau, capitaine de pêche au port de Lauriscique, pour que tous ses dossiers soient débloqués, et que même sa fille soit en mesure de reprendre sa formation nautique en Martinique.

Chantal Duverceau, cette femme de poigne est la seule Guadeloupéenne détentrice d'un brevet de lieutenant de pêche lui permettant d'être capitaine sur un bateau. Elle a presque fini sa formation l'autorisant à devenir capitaine de pêche sur tous types de navires et nourrit le projet de se lancer dans la diversification en pratiquant la pêche touristique et en créant une école de pêche sur le port de Lauricisque. Sa formation de charpentier marine réalisée dans plusieurs centres notamment à Saint-Malo, Concarneau et en Martinique, lui a permis de fabriquer un bateau, qui est en phase de finition et avec lequel elle pense emmener des clients à la pêche touristique.
Le dossier de son projet de création d'une école de pêche et de navigation est monté. Elle dit avoir reçu l'aval du conseil départemental. Mais elle ne voit pas venir le container que le Département lui aurait promis en guise de salle provisoire. Entre-temps, elle a arrêté la pêche côtière comme plusieurs autres marins-pêcheurs, à qui les autorités ont promis une indemnité de reconversion car leur zone de pêche située entre Capesterre-Belle-Eau et Le Gosier est impactée par le chlordecone. Chantal Duverceau dit s'être trouvée sans revenus. Même son dossier pour prétendre aux aides administratives était bloqué à cause du non-paiement de ses dettes fiscales, par manque de moyens. Pour protester, elle a ainsi entamé une grève de la faim en janvier, sur le port de Lauricisque.
ELLE A ÉTÉ ENTENDUE
Au bout d'une semaine, elle a arrêté sa grève car elle a vu toutes les portes s'ouvrir devant elle. Elle raconte : « Marcelle Sigiscar et venu me voir au nom de la présidente du Département.
Tous mes dossiers administratifs ont été débloqués. On m'a même dit que mon dossier est complet et que les aides sociales promises par l'État et les assemblées locales pour la reconversion des pêcheurs nous seront bientôt versées. Cela nous permettra au moins de payer nos charges et nos dettes. Finalement, tout le monde en profite. Le Fonds d'investissement pour la pêche a ressorti mon dossier qui dormait dans les tiroirs. On m'a dit qu'il me reste juste à fournir des devis plus récents, datant de moins de deux mois. On m'a aussi assuré que mon dossier pour le fonctionnement de mon école de pêche est en cours de traitement. Le maire de Pointe-à-Pitre, Jacques Bangou, par le biais du centre communal d'action sociale (CCAS) m'a proposé de m'aider à financer les études de ma fille qui se forme aux métiers de la pêche en Martinique. Quant à mon bateau construit pour réaliser la pêche touristique, je vais l'amener à Lamentin, sur une propriété familiale afin de le poncer et de le peindre pour éviter de causer des nuisances aux voisins de Lauricisque. Mon bateau sera mis à l'eau en juin » , résume Chantal Duverceau.
Sa grève de la faim ayant été fructueuse, Chantal Duverceau a maintenant soif d'aventures et se sent prête à mettre le cap sur la réussite ce qui passe par la diversification.
ELLE A DIT Chantal Duverceau, capitaine de pêche au port de Lauriscique : « J'ai choisi la grève de la faim »
« Quand on ne voit pas le bout du tunnel, on tue tout le monde, on se tue ou on fait la grève de la faim. Moi, j'ai choisi la grève de la faim. »
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VOS COMMENTAIRES
  • Azouren - 17.02.2017
    Grève de la faim bidon ...
    "Une semaine de grève de la faim aura suffi" ; ce n'est pas du tout mon point de vue.

    A mon avis, trois bonnes semaines de grève de la faim lui aurait fait le plus grand bien ; physiologiquement parlant évidemment.

    Cela me rappelle celle de Georges Faisans (décédé en 1995) qui a provoqué 5 jours d'émeutes en 1985. Tout le monde a compris que cette grève de la faim était bidon vu l'état de santé florissant du Bonhomme à sa libération.
  • Martin B - 15.02.2017
    La reconversion des marins pêcheurs en promeneurs pour touristes va vite devenir un gros problème !
    Certes les pêcheurs ne sont pas responsables de l'affaire Chlordecone.
    Mais leur permettre de devenir des organisateurs de sorties touristiques va peut-être devenir aussi un réel problème.
    Déjà il faudrait qu'ils respectent certaines règles de sécurité et de protection de l'environnement.
    Ce n'est pas le cas et si l'on va vers Ste Rose, Petit Bourg, Port Louis voir l'état des bateaux qui baladent des touristes bien inconscients, on a peur pour eux !
    Ensuite va se poser le respect des zones protégées.
    L'Ilet Caret étant presque disparu à cause d'une sur-exploitation touristique, ce sont les îlets voisins qui dégustent, notamment Fajou dont le statut de zone protégée est compromis. (que dire de Petite Terre !)
    C'est qu'il faut voir ces bateaux de "pêche" pour touristes, sono à fond, allant à toute allure jusque sur les plages, coupant du bois, squattant le moindre M2 de sable ...
    Il faut s'occuper des touristes, c'est une évidence mais une fois encore il ne faut pas le faire n'importe comment et n'importe où ni avec n'importe qui !
  • moranus - 22.02.2017
    Les pêcheurs marins
    C'est une profession qui n'a pas du tout évolué. Alors que dans d'autres pays ce sont des flottes entières organisées sur le mode industriel qui écument les mers du monde nous en sommes restés au petit canot de pêcheurs saintois vivant sur le mode familial et voulant perpétuer cette situation à coups de subventions venant de l'état.
    C'est l'absence de confiance et la méfiance justifiée entre les pêcheurs et généralisées dans l'ensemble d'une population en générale qui produisent ce retard dans le développement économique. Tant que le guadeloupéen n'aura pas fait son introspection afin d'éliminer son esprit de filouterie qui le conduise dans la panade actuelle rien ne bougera.
    D'abord un problème de mental à faire évoluer car on est au 21 ème siècle.
    Indirectement on voit encore l'effet dévastateur sur l'économie de ces 40% des fonctionnaires, tant qu'il y aura des gens ayant le potentiel financier pour payer le poisson au prix fort et que la France subventionnera on assistera aux mêmes errements d'une société qui aspire à l'infantilisation. Il faut donc un bouleversement sociétal. Ce qui est vrai pour les pêcheurs marins l'est aussi pour d'autres professions qui n'ont pas su s'organiser car ils ont toujours l'esprit du petit lolo. Mais comment pensez vous nourrir plus de 700 000 habitants y compris des touristes avec quatre têtes à lacs de pêcheurs travaillant dans des conditions d'hygiène déplorable et vendant à la tête du client?
  • Martin B - 15.02.2017
    Une société corrompue ou seul le piston ou la force fonctionnent !
    J'ignore tout de l'histoire de cette dame.
    Mais si ce qu'on nous raconte est vrai alors cela signifie qu'en Guadeloupe, rien ne fonctionne normalement et qu'il faut passer, soit par la pression, soit par le piston pour obtenir quelque chose.
    C'est en soi une aberration catastrophique qui illustre une société médiocre et délétère, corrompue jusqu'à la moelle.
    Alors effectivement puisqu'il en est ainsi, on comprend mieux que chacun puisse (doive ?) y aller de son petit barrage personnel, de sa petite guerre de tranchée pour faire avancer ses dossiers.
    Bien entendu, il faut comprendre que si on a ressorti le dossier de cette dame des tiroirs c'est que quelques autres y sont tombés ...
    Jusqu'à la prochaine action, peut-être violente, de ceux qui en seront victimes.
  • titi gwada - 15.02.2017
    undefined
    Je pense kell pouvais tenir encor vu sa tete mes sérieux ell fait sa et on lui paye c dette et envoi sa fille a l'école bha ouai sa raporte
  • sassie - 15.02.2017
    ELLE ??????
  • siam - 15.02.2017
    Nous savons tous ce qu'il nous reste à faire en cas de problème: soit un barrage soit une grève de la faim. Les cas vont se multiplier, c'est sûr!
  • malanga - 15.02.2017
    Barrage routier pour faire avancer les choses, ça a toujours été vrai.
  • Karibé - 15.02.2017
    à quand la grève... de la grève ?
    ... en Gwada, c'est pas demain la veille !
  • mécréant - 13.02.2017
    Ce qui n'était pas possible avant l'est aujourd'hui,tant mieux pour cette résistante elle a gagné son combat !
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