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GRAND-BOURG - La centrale biomasse de Grand-Anse verra (enfin) le jour

France-Antilles Guadeloupe 11.04.2018
André-Jean VIDAL

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La centrale biomasse de Grand-Anse verra (enfin) le jour
La signature du protocole, moment solennel, qui vient mettre fin à une chikaya de plusieurs années. (DR.)

L'unité sucrière de Grand-Anse est sauvée. La centrale biomasse, tant espérée par les planteurs sera enfin construite à proximité de l'usine afin de fournir toute l'énergie électrique suffisante à son fonctionnement. Un protocole d'accord a été signé, mardi matin en ce sens.

Mardi matin, Josette Borel-Lincertin, présidente du conseil départemental, a signé, à Grand-Bourg, le protocole d'accord actant les conditions de réalisation de la future centrale électrique destinée à s'adosser à l'usine sucrière de Marie-Galante. Signature en présence des trois maires de l'île, Maryse Etzol, maire de Grand- Bourg et présidente de la communauté de communes de Marie-Galante (CCMG), Marlène Miraculeux-Bourgeois, maire de Capesterre, et Jacques Cornano, maire de Saint-Louis. Mais aussi de nombreuses autres personnalités, régionales, départementales, locales. Et Éric Maire, préfet de Région, représentant de l'État. Côté Albioma, la société qui va créer cette centrale, Frédéric Moyne, directeur général. De quoi s'agit-il ? De créer, à Marie-Galante, comme tel est le cas à Gardel au Moule, une centrale qui fournira au travers du traitement de la bagasse de la canne à sucre broyée, l'énergie suffisante pour alimenter l'unité sucrière. Et, pourquoi pas, revendre un peu d'énergie à EDF, hors période de fonctionnement de l'unité sucrière. Par sa signature, Josette Borel-Lincertin a renouvelé l'engagement du conseil départemental d'apporter au projet le terrain d'assiette nécessaire à sa réalisation. Elle a décrit cet apport comme « une traduction concrète de (mon) choix stratégique de mobiliser le foncier départemental pour permettre la réalisation de projets à fort potentiel de développement économique et de créations d'emplois. » « Ce projet, a précisé Frédéric Moyne, directeur général d'Albioma, qui a fait le déplacement depuis Paris pour l'occasion, est dimensionné pour les besoins de la sucrerie. »
BAGASSE CONTRE ÉNERGIE
La centrale sera d'une puissance de 6,5 mégawatt. La production de vapeur a été évaluée et le projet tient compte de cette production. L'investissement sera assuré par Marie-Galante Energie. La solution souhaitée par la CCMG, était d'utiliser la bagasse de la canne (et seulement de la bagasse) pour produire de l'énergie. Là, c'est bagasse contre énergie. La centrale qui brûlera cette bagasse produira de l'électricité utilisée pour faire fonctionner la sucrerie. Une partie marginale sera remise à EDF pour son réseau marie-galantais. » La centrale brûlera uniquement de la bagasse locale : de quoi satisfaire les planteurs qui percevront un supplément de revenus à travers une prime spécifique de 14,5 euros la tonne. L'actionnariat sera partagé entre Albioma, la Coffep (la société holding de contrôle de Jean-Pierre Cayard, propriétaire de La Martiniquaise, numéro 2 français de spiritueux, dans le top 10 mondial), la Sucrerie et Rhumerie de Marie-Galante (SRMG) et la Sicama (coopérative cannière de Marie-Galante).
CHIFFRE 2%
Il faut savoir qu'en Guadeloupe, en 2017, il y a eu une baisse de 2% de la consommation d'énergie, baisse liée à la baisse de la productivité, à la baisse de la démographie, et aussi à la période de l'ouragan Maria où le réseau a été impacté, fournissant moins d'énergie. Mais, de toutes les façons, c'est une tendance baissière constatée aussi en Martinique. D'où le dimensionnement précis de la centrale de Marie-Galante.
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VOS COMMENTAIRES
  • iMandarinGriot - 11.04.2018
    Délirant, aberrant, irréalité !
    Balzac en aurait fait un énorme tome à ajouter à sa Comédie humaine. Hélas ce qui s'est déroulée à Marie-Galante n'était pas le tournage d'un film à grand spectacle, la réalité de mes décideurs, absolument en dehors de la réalité économique.
    J'explicite : une centrale est créée de toute pièce à proximité de l'usine afin de fournir toute l'énergie électrique suffisante à son fonctionnement. C'est bien vous dites-vous. Vous sursautez quand vous apprenez que c'est une unité sucrière. Vous vous frottez les yeux, incrédule et vous vous demandez : -Diable, ces décideurs ne savent-ils que le sucre produit ici est inachetable sur le marché mondial, invendable sur la marché européen, et n'est plus contingenté pour la marché français. Et vous dites : - Mais pour qui produisent-ils donc ? Vous vous rendez-compte qu'ils n'en savent rien ! Incrédule, vous demandez autour de vous : Mais par quel miracle ils vivent aussi bien ? Et le chœur vous répond ; Subventions, aides, moratoires, dégrèvements, annulations des dettes. Vous demandez : Pour cette année ? La réponse fuse, unanime : Depuis toujours et va durer éternellement.
    Je vous aide : Faites un tableau à 2 colonnes.
    Colonne 1 : Frédéric Moyne, directeur-général d'Albioma
    Colonne 2 : une présidente, 3 maires, le Préfet, et des nombreuses autres personnalités, régionales, départementales, locales.
    Vous prenez le contenu de la seconde colonne au sérieux ?
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