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La production de banane a chuté de 42% en 2017

France-Antilles Guadeloupe 08.06.2018
Yvor J. LAPINARD

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La production de banane a chuté de 42% en 2017
Le directeur de la Sica LPG, Philippe Aliane, le président Francis Lignières, et le vice-président Guy Adolphe. L'heure n'est pas au sourire. (Y.J.L.)

Il fallait s'y attendre. Le tonnage commercialisé de la banane en 2017 s'est élevé à 39 936 tonnes, contre 68 608 tonnes en 2016. C'est le tonnage le plus faible jamais enregistré depuis plusieurs décennies.

« Cette baisse de la production de l'ordre de 42% résulte des effets conjugués des passages de l'onde tropicale 30 et de Matthew en septembre 2016, qui avaient impacté partiellement la zone bananière et donc le début de la campagne 2017, et l'ouragan Maria, en septembre dernier, qui a détruit l'intégralité de la bananeraie, de Bouillante à Anse-Bertrand » , a expliqué un représentant de la Sica Les producteurs de Guadeloupe (LPG), lors de son assemblée générale, qui s'est déroulée lundi soir, à la Maison de la banane, à Trois-Rivières.
Les phénomènes météorologiques ont, l'an dernier, considérablement affecté la production bananière en Guadeloupe. Et il en sera probablement de même lorsque les comptes seront arrêtés en fin d'année, sachant qu'il a fallu entièrement replanter les champs dévastés après Maria et qu'aucune récolte n'était possible durant les premiers mois de l'année pour de nombreux planteurs.
Faute de production, l'ordre de coupe avait été suspendu, fin 2017 et un grand nombre de salariés avaient été mis en activité partielle ou en formation, alors que les ventes de bananes sur le marché étaient réalisées à partir d'importation depuis la Martinique.
ET CHUTE DU COURS MOYEN DE LA VENTE...
« L'intégralité des 179 producteurs - au moment du passage de Maria - ont déclaré une perte de récolte pour un tonnage de 30 877 tonnes en 2017 et 37 896 tonnes sur 2018, soit l'équivalent d'une année de production » , indique la Sica LPG. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, une chute du cours moyen de la vente a été constaté : 551 euros/tonne, contre 618 euros en 2016. Un prix de vente en baisse pour la première fois depuis 2013. Une baisse essentiellement liée à la mauvaise orientation de la production suite aux effets conjugués des phénomènes Matthew puis Maria.
Mais qu'à cela ne tienne, les planteurs ne baissent pas les bras. Ils en ont vu d'autres. Ils misent sur l'avance remboursable de 2 millions d'euros octroyée par la Région à la Sica LPG, destinée à soutenir la relance de la production et le financement de structures en faveur des adhérents.
Autre signe d'espoir : le projet « La banane équitable française » (LBEF). Lancé il y a trois ans, il permet de vendre la banane en bouquet de trois à six fruits à un prix unique toute l'année. C'est plus rémunérateur pour le producteur. Doté d'un code-barres pour faciliter les passages en caisse, le concept permet au consommateur de gagner du temps en évitant la pesée. Le projet permet aussi de mettre en avant l'origine française de la production par la pause d'un ruban tricolore. Voilà qui devrait permettre, notamment, de pérenniser les petites exploitations familiales en augmentant leurs recettes commerciales, puisque cette LBEF sera payée à hauteur de 15 euros par colis toute l'année aux producteurs certifiés.
Un nouveau blog consacré à la banane
Deuxième fruit préféré des Français, doté de milles caractéristiques à découvrir. La banane française Guadeloupe et Martinique est tout simplement « extraordinaire » . Le nom du nouveau blog destiné à « raconter » la banane était donc tout trouvé : il s'agit de « extraordinairebanane.fr »
Cette idée de la mission Patrimoine de l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN) - lancée aujourd'hui - s'adresse aux curieux qui veulent en savoir davantage sur l'histoire de leur fruit préféré, notamment. Les contenus de ce blog reposent sur des sources historiques issues de nombreuses institutions patrimoniales.
Contact : 06 90 73 27 98.
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VOS COMMENTAIRES
  • tiGWI - 08.06.2018
    république Dominicaine petit pays et la Gwada micro pays ou région
    je viens de voir une émission sur St Domingue qui produit de la bio et les Antilles Fr sont en train de "wouklé"
    moi je vois que notre combat est perdu d'avance parce nous ne faisons pas le poids avec notre superficie de "ti mawengwen".
    Comment peut on opposer 48 442 km2 de surface à 1628 km2( donc surface agricole aussi plus étendu).
    Il faut 29 petites Gwada(archipel) pour faire une St Domingue...
    Dans l'émission ils ont des (esclaves) Haïtiens corvéables à merci, les gens que j'ai vu à la tache n'ont pas le type Dominicain (sé neg é nègwes ayisyen)

  • tiGWI - 08.06.2018
    suite
    ...et c'est nous(Guadeloupe et Martinique) qui voulons tracter "nos frère de la Caraïbe" c la propagande de tous nos fous indépendentistes
    C parce que nous sommes dans un grand groupe que... parce que...
    Le jour que nous serons souverains nous verrons qui sont nos frère.
    Deuxièmement tous nos soit disant frère quitteront le bateaux, sec !!
    "rate toujou ka soté atè lè bato-la ka pwan dlo"
  • petit poucet - 08.06.2018
    Si l'on juge aux résultats des dernières élections régionales, les deux listes nationalistes (PCG et UPLG) sont arrivées respectivement avant dernière et dernière.

    C'est pas demain la veille qu'on les verra à la tête de la "République Guadeloupéenne"..Et ils le savent très bien..Aucun de ces loustics ne montre l'exemple. Pire on a vu Domota et son avocat-carnavalier plaider pour les 40% de "supplément colonial" au Crédit Agricole, lors de la grève de cette banque..Et dès le lendemain venir nous parler de souveraineté nationale...
  • tiGWI - 08.06.2018
    république Dominicaine petit pays et la Gwada micro pays ou région
    je viens de voir une émission sur St Domingue qui produit de la bio et les Antilles fr sont entrain de "wouklé"
    moi je vois que notre combat est perdu d'avance parce nous ne faisons pas le poids avec notre superficie de ti mawengwen"
    comment peut on opposer 48 442 km2 de surface à 1628 km2( donc surface agricole aussi plus étendu). Il faut 29 petite Gwada(archipel) pour faire une St Domingue...
    Dans l'émission ils ont des (esclave) Haïtiens corvéable à merci, les gens que j'ai vu à la tache n'ont pas le type Dominicain (sé neg é nègwes ayisyen)
  • tiGWI - 10.06.2018

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • iMandarinGriot - 08.06.2018
    Produit de luxe loin de la réalité économique !
    Cet article au style triomphant m'a fait comprendre l'isolement intellectuel de mes décideurs. Ce n'est pas péjoratif, non, c'est un constat, un simple constat.
    Je vais résumer une fois de plus ce que je dis pour la banane. C'est une culture faite industriellement avec forces engrais, pesticides, machines, n'appliquant aucune norme. Et juste à côté, des paysans miséreux pratiquant malgré eux une culture bio. C'est la règle générale pour la banane avec des charges sociales inexistantes.
    Et entre les deux, nous, avec des ouvriers qui sont des fonctionnaires pratiquement, des charges sociales qui n'existent que pour les îles françaises, des normes pointilleuses, françaises, européennes et le passage régulier de cyclones qui ne sont rien à côté des grèves à répétitions. Tout cela ne tient qu'à cause du romantisme de patrons qui pensent qu'ils ne sont là que pour planter de la banane !
    J'ai un problème avec l'explication que je lis dans l'article :
    une chute du cours moyen de la vente a été constaté : "
    une baisse essentiellement liée à la mauvaise orientation de la production suite aux effets conjugués des phénomènes Matthew puis Maria." Dire que ce n'est pas très clair est le moins que je puisse dire. En effet j'ai lu que les cours ont baissé à cause des deux années de récoltes exceptionnelles faites par le Brésil. Enfin il me semble que la rareté fait monter les prix plutôt que de les baisser !
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