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DESHAIES - Les élus du nord Basse-Terre réfléchissent à leur avenir touristique

France-Antilles Guadeloupe 13.11.2017
Claudia BELTON

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Les élus du nord Basse-Terre réfléchissent à leur avenir touristique
De gauche à droite : Jeanny Marc, maire de Deshaies et présidente de la commission tourisme à la CANBt, Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin et président de la CANBT et Ary Chalus, président de Région. Ils se sont penchés sur le développement touristique du nord Basse-Terre.

Harmoniser la destination du nord Basse-Terre afin que les six communes qui la composent vivent du tourisme, tel était l'objectif du premier séminaire communautaire, organisé la semaine dernière, pour le développement durable de cette région, à l'hôtel Fort-Royal.

« Le tourisme est un puissant facteur de développement économique » , a indiqué Jocelyn Sapotille, président de la communauté d'agglomération du nord Basse-Terre (CANBT), à l'ouverture, à l'hôtel Fort-Royal, du premier séminaire sur les enjeux et défis du développement touristique durable en nord Basse-Terre. À compter du 1er janvier 2018, selon la loi NOTRé, les communes n'ont plus la compétence « promotion tourisme » qui revient désormais aux « interco » . Le but de cette rencontre qui comprenait les conseillers communautaires des six communes (1), les maires et leurs représentants, était d'harmoniser les activités touristiques, d'aider les communes à développer leurs offres et à récupérer de la ressource financière à travers, notamment, la taxe de séjour. La communauté d'agglomération du nord Basse-Terre avait anticipé sur la loi en créant, en début d'année, son office du tourisme intercommunal chargé de fédérer les territoires et de les promouvoir.
LA QUALITÉ TOURISTIQUE À TOUT PRIX
« Un tourisme bien intégré à son territoire est un puissant moteur de développement durable » , a souligné le président Jocelyn Sapotille, rappelant également l'impact économique, en terme d'hébergement, de transport, de restauration, d'animations culturelles, de visites historiques et patrimoniales. « Mais, il convient de s'interroger sur le tourisme que nous voulons pour notre territoire : un tourisme vert, rural, de montagne, sportif, balnéaire ou encore culturel. » Le nord Basse-Terre présente ce panel qui fait sa richesse, comme l'a souligné le président de Région, Ary Chalus, estimant que son potentiel et son développement touristique s'inscrivent dans une seule destination qui s'appelle la Guadeloupe. « Nous avons cette mission, a poursuivi le président Sapotille, de rassembler tous les élus à travers des projets qui passent également, par la qualité de l'accueil touristique. Si cette qualité n'est pas bonne, les prestations ne serviront à rien. C'est un aspect qu'il ne faut pas négliger. C'est le dernier kilomètre qui définit la qualité » . Mais, le tourisme doit être mesurable en terme de retombées financières. Les élus l'ont bien compris et mesuré. Aussi ils ont la ferme intention d'y travailler afin de développer des projets sur leur territoire.
Les nombreux sites (plage, rivière, montagne, etc.) sites du nord Basse-Terre attirent chaque année de très nombreux touristes
(1) Pointe-Noire, Deshaies, Sainte-Rose, Lamentin, Petit-Bourg et Goyave. Les maires de Sainte-Rose et Goyave n'étaient pas présents mais il se sont faits représenter.
Des points touristiques forts
Guy Losbar, maire de Petit-Bourg, a partagé son expérience avec les autres séminariste. À la tête de la municipalité depuis 2008, il a fait du tourisme, un vecteur économique essentiel ayant deux atouts, selon lui : le littoral et la ville verte. « Dans le cadre du plan local d'urbanisme, nous voulons valoriser les sites comme la Cascades aux écrevisses avec 300 000 visiteurs en moyennepar an ou encore Valombreuse avec 120 000 visiteurs. Car jusqu'ici malheureusement, nous n'avons pas eu de véritables retombées en terme d'emplois et de finances » . Il a également expliqué que l'aménagement de la Ville vise le développement touristique à travers des équipements tels que le port multi-activités, le futur golf ou encore des manifestations telles que la Karujet, les 10 km de Petit-Bourg ou le festival gospel. « Nous devons coordonner et harmoniser nos actions pour accroître l'attractivité de notre territoire. Un touriste à Goyave doit avoir envie de visiter Sainte-Rose » . Jeanny Marc, maire de Deshaies, et présidente de la commission tourisme à la CANBT, a poursuivi avec les points forts de sa commune. Cette année, par exemple, la commune accueille 14 bateaux de croisière. « Le tournage de Death in paradiseest un plus touristique » , a-t-elle dit en substance. Mais il y a la plage de Grande-Anse ou encore le Jardin botanique. La commune compte 3 700 lits sur son territoire, pour 8 000 touristes soit plus que son nombre d'habitants qui est de 4 500. Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin, et président de la CANBT, joue la carte du tourisme thermal avec le bien-être autour de Ravine chaude, les rivières autour du site, le sport découverte, les oeuvres d'Ali Tur. Sans parler de Pointe-Noire, avec son aquaculture, ses scieurs de long ou encore son bois et enfin Goyave avec les chutes Moreau, la chute de Bras de fort ou encore la plage de Sainte-Claire. C'est là où intervient l'Office de tourisme intercommunal qui devra coordonner et harmoniser le secteur.
Pas le même développement
« Tous les territoires n'auront pas le même développement et offres touristiques » , a déclaré Fred Julia, responsable de l'OTI (Office du tourisme intercommunal), situé à Deshaies, près du port. Il a présenté pour la promotion touristique des communes tous les outils disponibles : le schéma d'accompagnement et de diffusion de l'information, le schéma local d'organisation touristique, le schéma marketing ou encore le plan classement communautaire.
Le responsable a répété aux conseillers communautaires l'importance de tout mettre en oeuvre pour récolter la taxe de séjour et la taxe additionnelle afin de bénéficier des retombées touristiques pour réinvestir dans des projets communaux. Lors de son intervention, M. Julia a souligné que tous le n'étaient pas honnêtes que beaucoup ne déclaraient pas la taxe de séjour qui pourrait rapporter au moins 450 000 euros pour Deshaies par exemple.
Une seule destination : la Guadeloupe
« Il ne s'agit pas de construire la destination nord Basse-Terre mais bien de construire la destination Guadeloupe, il faut penser guadeloupéen » , a martelé Ary Chalus, le président de Région, après avoir entendu plusieurs conseillers communautaires défendre leur paroisse. Oui, le « nord basse-Terre a un potentiel énorme » mais il convient de « coordonner et d'harmoniser les atouts touristiques » dont il dispose et d'y ajouter une plus value en terme d'infrastructures, d'équipements ou encore d'animations. M. Chalus a fait des propositions comme le bus de mer, pour mieux mailler le territoire, en terme de transport. Dans le but de développer les offres touristiques de la CANBT, le président de Région s'est engagé à aider les communes de Petit-Bourg et de Sainte-Rose à finaliser leur projet de bases nautiques, la première pour un montant de 400 000 euros et la seconde pour un montant de 490 000 euros. « Le port de Sainte-Rose peut être un fleuron du nord Basse-Terre avec ses marins pêcheurs, a-t-il indiqué, par les visites des îlets, sa base nautique où il sera possible de pratiquer divers sports et sa restauration » . Il a rappelé les aides qui existent pour les restaurateurs qui souhaitent se doter de matériels, après le débat sur la restauration, et la difficulté des restaurateurs à proposer de la gastronomie créole. « On peut créer dans le nord Basse-Terre jusqu'à 200 emplois » , a prétendu le président, demandant aux élus de préparer la Route du rhum.
 
LES AMÉRICAINS DÉPENSENT LE PLUS
Les touristes américains ont dépensé en 2016 quelque 122 milliards de dollars selon l'étude de l'organisation mondiale du tourisme. Faut-il donc privilégier le géant américain, à deux pas, ou favoriser l'Europe ?
UN EMPLOI CRÉÉ TOUTES LES 2,4 SECONDES
De 1996-2006, une étude a montré une évolution de l'emploi du tourisme international, passant de 250 millions d'emplois à 380 millions d'emplois soit un nouvel emploi créé toutes les 2,4 secondes.
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VOS COMMENTAIRES
  • tigri - 14.11.2017

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • rose - 14.11.2017
    certains pensent que le gro ka est une signature , pourtant aux USA , ils ne dansent pas du gro ka pour recevoir des touristes , même pas dans le Bronx et Brooklyn . À tous ces sectaires qui pensent que tous les Guadeloupeens doivent danser du gro ka , c'est faux . Ma grand-mère n'a jamais dansé du gro ka , ni dans les bals , ni dans les champs .
  • tigri - 14.11.2017
    Ta grand mère n'avait pas de gros talon ?
    Pour le reste ce n'est pas une obligation à tous les guadeloupéens d'aimer le ka, mais le le ka c signé Guadeloupe que tu le veuilles ou pas.
  • rose - 14.11.2017
    Par un pseudo indépendantiste , oui
  • morouvif - 14.11.2017
    entièrement d'accord
    comme je l'écrivais à propos de l'art. de f.a. sur Man Soso,le gros Ka reste 1 musique engagée..ce qui est différent de la notion d'identitaire,ou de patrimoine culturel(ou folklore);donc attention au sens que l'on veut donner en pratiquant le Gros Ka
  • rose - 14.11.2017
    d'accord avec vous . Mais que le gro ka engagé ne devienne pas le seul folklore au détriment des autres .
    Etre engagé c'est vouloir gommer les autres pour établir son idéologie qui ne doit pas etre imposée a tout le monde . On l'a vu avec le noirisme en Haiti
  • morouvif - 15.11.2017
    il est vrai que l'engagement suppose un refus de l'état actuel d'une société en même temps qu'il propose et incite à adopter des solutions de changement ;le mot est peut-être 1 peu fort..Aujourd'hui, le Gros Ka est l'une des musiques traditionnelles de la Gpe,portée jusqu'à l'Unesco par M. Cotellon: patrimoine culturel immatériel .Et ça devrait plaire à ceux pratiquent le tourisme culturel
  • rose - 15.11.2017
    Sans occulter les autres folklores .
  • rose - 14.11.2017
    Les Américains ont un standing différents que nous Francais . Ils sont tres exigents sur la propreté , le grand espace, et tres procéduriers . Donc faut que tout soit propre , très propre . Nous Francais sommes moins exigents . Ce qui est ok pour un francais , ne l'est pas pour un Américain.
  • rose - 14.11.2017
    Gastronomie Guadeloupéenne . Créole est trop vaste . Il y a plusieurs créole . Le Louisianais , Réunionais , Haitien, Guyanais . Il s'agit de la Gastronomie Guadeloupeenne . Pensons Guadeloupeen . La cuisine méditérranenne est vaste de Nice à l'Algérie , mais les Niçois ont su se démarquer en disant la Gastronomie Niçoise . Au au Canada les Haitiens disent cuisine créole pour éviter de dire cuisine Haitienne . Alors faisons le contraire .
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