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Les rhumiers des Dom refusent de financer le vin

France-Antilles Guadeloupe 16.05.2017
F.-X.G.

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Les rhumiers des Dom refusent de financer le vin
Les rhumiers des Dom s'estiment lésés et sous-représentés.

Les producteurs de rhum appellent au boycott de la cotisation à l'Institut national des appellations d'origine.

Alors que l'Institut national des appellations d'origine (Inao) s'apprête à lancer les appels à cotisation, les rhumiers des Dom, regroupés au sein du Conseil interprofessionnel du rhum traditionnel des départements d'Outre-mer (Cirt-Dom) ont décidé un boycott, au moment où la Réunion, la Guyane et la Guadeloupe doivent pour la première fois cotiser à cet organisme certificateur.

En cause, leur représentation au sein du Comité national des vins et boissons alcoolisées de l'Inao. Ce comité ne comprend que 50 membres : 40 représentants issus de la production ou du négoce qui émanent des Comités régionaux et 10 personnes qualifiées. Les rhumiers français avaient demandé à avoir un représentant au moins pour chaque Dom. Or, une seule personne, la Martiniquaise Claudine Vernant-Neisson, au titre de personnalité qualifiée, doit représenter toute la filière pour les cinq ans à venir.

La filière rhum des Dom (IG et AOC) produit près de 230 000 hectolitres d'alcool pur (hap), se plaçant ainsi après le cognac (790 000 hap), mais loin devant le calvados (20 000 hap) ou l'armagnac (15 000 hap), elle a donc « toute légitimité » à siéger correctement au sein du Comité national de l'Inao, estime le président du Cirt-Dom, Jean-Claude Cantorne. Derrière cette question de représentativité se cache une question financière. « Cinquante membres, issus majoritairement du vin, peuvent voter une hausse de cotisation qui est moins élevée pour les vins que les spiritueux, estime, en « off » , un acteur de la filière, ce qui fait que le monde des spiritueux finance le vin. »

Voilà pourquoi le conseil d'administration du Cirt-Dom, en février dernier, devant le représentant de l'Inao et du ministère de l'Agriculture, a décidé à l'unanimité de placer sous compte séquestre les droits Inao à la Caisse des dépôts et consignations, jusqu'à ce qu'une solution sur la représentativité de la filière soit trouvée. Ce dossier attend le successeur de Stéphane Le Foll au ministère de l'Agriculture.
F.-X.G., à Paris
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VOS COMMENTAIRES
  • madik971 - 18.05.2017
    Tout juste, la Guadeloupe qui produit un rhum de qualité devrait aussi avoir son propre représentant. Ce boycott est justifié.
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