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GOYAVE - Victorin Lurel, artisan boulanger d'un jour

France-Antilles Guadeloupe 16.03.2017
Claudia BELTON

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Victorin Lurel, artisan boulanger d'un jour
Le député Victorin Lurel, les mains dans la pâte, a appris le circuit du pain. Après avoir pétri la pâte, il l'a placée délicatement sur un plateau pour la mettre ensuite au four électrique. Rien à voir avec les souvenirs de son enfance.

Dans le cadre de la Semaine nationale de l'artisanat, la Chambre de métiers a initié une opération invitant les parlementaires à se mettre dans la peau d'un artisan. Mercredi, le député Victorin Lurel a joué le jeu, chez maître Zozo.

Sa charlotte sur la tête, un tablier blanc autour de la taille, Victorin Lurel est l'artisan d'un jour, un artisan boulanger. L'opération, lancée par la Chambre de métiers et de l'artisanat de la Guadeloupe, propose aux parlementaires de découvrir le secteur artisanal de manière ludique et originale. Elle s'inscrit dans le cadre de la Semaine nationale de l'artisanat « Premières entreprise de France » , déclinée localement en « Premières entreprises de Guadeloupe » . Une demi-journée en immersion dans une entreprise artisanale afin que le parlementaire touche du doigt le métier de l'artisan, le savoir-faire mais aussi les difficultés rencontrées et devient alors le relais au niveau national.
« IL APPREND VITE »
Arrivé à 8 heures dans la boulangerie Les Saveurs gourmandes, Victorin Lurel, député de la 4e circonscription, suit les instructions de son formateur. Après avoir porté un sac de 25 kg de farine, provenant des Grands Moulin, il la verse dans le pétrisseur. Une fois l'opération terminée et la pâte malaxée, elle est morcelée en boule. Il la pétrit donc. « Une galette de bokit » , dit-il, l'étirant. « Le bout doit être arrondi, insiste le professeur. Et elles doivent toutes être alignées. » Le stagiaire les place délicatement dans un plateau. Elles reposeront 1h30, le temps que l'alchimie de l'eau, du sel, du sucre et de la levure se produise. « Si j'ai bien compris, déclare l'élève, un brin provocateur, le pain est une prison de gaz carbonique » . L'image est surprenante, mais le professeur acquiesce, le mélange des ingrédients permet à la pâte de gonfler et d'avoir une bonne élasticité. Le professeur sourit en regardant son élève s'appliquer. Il en réajuste une au passage, mine de rien, mais confie : « Il apprend vite. »
« « Si vous n'étiez pas député : quel métier exerceriez-vous ? » , m'a-t-on demandé. Spontanément, j'ai répondu artisan-boulanger. » La responsable de la communication l'a prise au mot. C'est au pied du mur qu'on voit le maçon, dit-on. C'est les mains dans la pâte qu'on voit le boulanger.
« J'étais curieux de savoir comment le métier a évolué » , confie-t-il. Les images de son enfance lui reviennent. « Dans les années 1960, à Vieux-Habitants, nous habitions près d'une boulangerie. En fait, c'était un four en béton et en pierre qui était alimenté au bois. Cela donnait d'ailleurs un goût particulier aux pains. » Aujourd'hui encore, il préfère le pain au feu de bois.
LE PAIN CANOT AUX BOUTS CRAQUANTS
« Enfant, j'étais impressionné par le travail de cet artisan boulanger Médéric Ferrando, qui faisait tout, poursuit-il. Il partait chercher le bois, le transportait à dos d'âne ou dans des camionnettes, le coupait et le préparait avant de l'utiliser. » Il revoit les grandes pelles en bois où les pâtes étaient déposées avant d'être enfournées. Sans parler des odeurs. « À l'époque, un boulanger travaillait toute la nuit et après il livrait le pain en camionnette. » Il se souvient du bon pain en forme de canot aux bouts bien dorés et craquants, tant apprécié par les enfants.
En regardant la boulangerie de Jacques Zozo, il ne peut s'empêcher de la comparer avec les images de son enfance : un accueil lumineux, une vitrine, un service. Rien à voir. « Il m'a appris le circuit du pain, conclut-il, des Grands Moulins à la vente. »
Aujourd'hui, c'est au tour du sénateur Jacques Cornano de mettre la main à la pâte, dans l'entreprise Farimag d'agro-transformation du manioc, à Capesterre de Marie-Galante.
Jacques Zozo a expliqué à son élève le principe du pain. Tout est pesé et dosé.
Philippe est un apprenti. Ils sont deux. Jacques Zozo, artisan boulanger, a également quatre salariés.
L'artisanat est le 3e employeur de Guadeloupe, après les administrations et le commerce.
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VOS COMMENTAIRES
  • maitrepipo - 17.03.2017
    Doit-on y voir le signe d'une reconversion imminente???!!!???
  • Karibé - 17.03.2017
    Tchip !
    il ne sait plus quoi faire pour attirer les caméras sur lui... quant à savoir s'il a réellement passé 1/2 journée avec ce boulanger, ou s'il est resté le temps de quelques photos... j'ai de gros doutes !
  • bokit2 - 16.03.2017
    Toto
    Artisan boulanger toto ? Attention à ne pas nous rouler dans la farine
  • mécréant - 16.03.2017
    Souvent"certains" élus politiques peuvent être considérés comme des boulangers dans leur exercice électoral sans pratiquer l'art en réalité,sans mettre les mains dans la farine !
  • siam - 16.03.2017
    Cinéma....
  • mécréant - 16.03.2017
    Une expérience qui existe dans l'hexagone par les députés fr,et relatée par une chaîne fr dans une émission intitulée : J'aimerais bien vous y voir",,juste la suite normale en Gpe !
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