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LES ABYMES - Fair + se lance dans la formation avec une école de marins

France-Antilles Guadeloupe 08.11.2018
Franck BRELAND

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Fair + se lance dans la formation avec une école de marins
Chantal Duverceau est parvenue à concrétiser son projet d'école de matelot de pêche avec le concours de l'association Fair +. (F.B.)

Seule femme capitaine de pêche en Guadeloupe, Chantal Duverceau parvient enfin à concrétiser son projet d'école de formation de matelot pour la pêche grâce à la signature d'une convention avec l'association Fair +.

Ce mois-ci, Fair + se lance dans la formation. L'association, connue pour ses actions dans le quartier de Sonis et de Boissard, met en place une école de marins dont les premiers cours ont débuté hier.
Pour porter et animer ce projet, son président, Robert Cambronne, a signé une convention avec Chantal Duverceau. Seule femme capitaine de pêche en Guadeloupe, détentrice d'un brevet de lieutenant de pêche (1) et d'une qualification de chef mécanicien moteur 750 kilowatts, elle avait fait l'actualité en janvier 2017 en faisant une grève de la faim pour alerter les autorités sur sa situation critique. Elle avait dénoncé des « lenteurs administratives » ayant mis à mal son projet « de centre de formation à la pêche. » Plus d'un an après, l'ancienne marin-pêcheuse est en mesure de concrétiser son projet. Sans doute pas dans les conditions qu'elle avait envisagées. « Le projet consiste à former des matelots pour la pêche, indique Chantal Duverceau. Ensuite, nous mettrons les jeunes en immersion dans les entreprises de pêche de Guadeloupe afin qu'ils découvrent comment cela se passe au niveau de la petite pêche. Cela doit leur permettre de voir ce qu'ils peuvent faire par la suite. C'est pour cela que nous débutons avec le certificat de matelot-pont. »
FORMATION TECHNIQUE À LAURICISQUE
La formatrice va fonctionner en partenariat avec les professionnels de la mer. « Nous allons travailler avec les marins-pêcheurs déjà en place pour faire valider leurs acquis, poursuit-elle. Beaucoup d'entre eux n'ont pas de brevet et d'ici 2020, si on ne l'a pas, on ne peut pas être patron-pêcheur. Nous allons travailler sur ces deux domaines. Mais nous mettrons l'accent sur les jeunes qui veulent entrer dans la profession. » L'essentiel de la formation technique et professionnelle se déroule au port de pêche de Lauricisque. Alors que la partie théorique sera organisée dans la salle multimédia de Fair +, à Boissard. Hier, en ce jour de rentrée de la Toussaint, les stagiaires sont partis en immersion dans les entreprises de pêche.
Quant à la formation au certificat de matelot-pont, elle est prévue en janvier 2019, car Chantal Duverceau et l'association sont en attente d'un agrément. Avec le certificat en poche, le titulaire peut travailler sur tous les navires de pêche ou de commerce. Après s'il a l'ambition de posséder un bateau pour la pêche et de faire du pescatourisme (2), il peut poursuivre pour obtenir capitaine 200. Douze élèves ont débuté la première session qui doit durer trois mois. Si tout marche bien, Chantal Duverceau envisagera quatre sessions par an.
(1) Le brevet de lieutenant de pêche lui permet d'être capitaine sur un bateau.
(2) Le pescatourisme est une activité de loisir ayant pour objectif de faire embarquer des touristes à bord de bateaux de pêche professionnelle.
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VOS COMMENTAIRES
  • saindou - 08.11.2018
    De futurs boscos
    Elle a raison de combler ce vide sidéral qui existe sur l'île, avec de la persévérance et du sérieux on aura bientôt de futurs boscos.
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