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LAMENTIN - Jennifer mène l'enquête à l'école de La Poussinière

France-Antilles Guadeloupe 30.11.2018
Claudia BELTON

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Jennifer mène l'enquête à l'école de La Poussinière
En 3e année, Jennifer Robin prépare un diplôme d'éducateur de jeunes enfants. Elle avait déjà effectué un stage d'un mois et demi à la mairie de Lamentin en 2017. Mais depuis février, elle effectue un stage d'une année.

Stagiaire en 3e année d'éducateur de jeunes enfants, Jennifer Robin mène une expérimentation à l'école de La Poussinière. Dans le cadre du projet éducatif territorial de la Ville, c'est la municipalité qui lui en a fait la demande.

Depuis plusieurs mois, Jennifer Robin, en 3e année d'études pour être éducatrice de jeunes enfants, mène une expérimentation à l'école La Poussinière. La municipalité a donné carte blanche à la stagiaire de 31 ans pour porter le projet éducatif territorial de la Ville. Il s'agira de coordonner par la suite les actions et les projets des associations et des écoles.
CONNAÎTRE LE DÉVELOPPEMENT DE L'ENFANT
« Notre métier est invisible » , aime à dire Jennifer, qui a choisi de se former dans le département pour être au fait des réalités sociales. À quelques pas du ciné-théâtre, à l'école maternelle, l'étudiante a mené l'enquête. Cette dernière a observé, posé des questions aux enfants et parents et discuté avec les enseignants. Avant de démarrer son projet, porté par le pôle enfance, jeunesse et cohésion sociale, dirigé par Corinne Thicot, elle a commencé par dresser un diagnostic.
« Dans la cour de l'école, je vois un petit garçon, Kevin, par exemple, qui tape, pousse ou mord. Mon rôle est de me poser la question suivante : pourquoi ? et de chercher des pistes de réponses. » De plus, le garçonnet ne lève pas les yeux quand la maîtresse lui parle. Il jette ses feutres lorsqu'elle lui demande de réaliser un dessin. Jennifer l'observe de plus près et s'interroge. Participe-t-il en classe ?
Joue-t-il avec les autres enfants ? Elle est alors à l'affût du moindre détail qui lui mettrait la puce à l'oreille . « Il est important de connaître le développement de l'enfant et de réaliser que de 0 à 4 ans, c'est d'abord le copain qui prime, jusqu'à 6 ans, c'est le jeu » . Au cours de son « enquête » , Jennifer Robin a noté que le petit Kevin ne reçoit pas de bisous de retour de l'école mais au contraire, sa mère lui crie dessus. Le diagnostic a fait ressortir les difficultés scolaires des enfants, des écarts de niveaux, mais aussi des agressions verbales quotidiennes à l'encontre du corps enseignant. Jennifer travaille avec les maîtres et est chargée de recueillir leurs valeurs, leur vécu et leurs problèmes. Une fois l'enquête bouclée, elle analyse toutes les données. Car le but est de « porter la parole de l'enfant et de la famille. Car nous sommes là pour accompagner les parents et les enfants et proposer des outils pour qu'ils évoluent au mieux » .
Christelle Valoris-Leroy, responsable du service enfance, jeunesse, est également éducatrice de jeunes enfants. « Les mairies n'ont pas recours aux éducateurs de jeunes enfants » , note-t-elle. Le maire a plutôt fait le choix de prendre en stage une spécialiste de l'enfance.
(1) C'est un genre narratif japonais, une sorte de théâtre ambulant où des artistes racontent des histoires en faisant défiler des illustrations.
Un kamishibaï local signé Jennifer
Passionnée par son métier, Jennifer Robin a imaginé un kamishibaï (1) aux couleurs locales dans lequel le héros est noir. Car très souvent, il provient des pays nordiques. En fonction de ce qu'elle a pu observer sur le terrain, Jennifer a imaginé des histoires imagées reprenant les problématiques rencontrées au sein de l'établissement. D'un côté, une image, au dos, une histoire, avec un dialogue, pour faire réaliser à l'enfant, l'importance, par exemple, de se laver les mains. « L'objectif est que l'enfant se projette » , précise-t-elle. « L'histoire est un support pour que l'enfant guérisse de quelque chose à travers des contes thérapeutiques » . Ce que souhaite l'étudiante, c'est que l'enfant réalise également qu'il peut être un héros. Cela doit être fait avant ses 4 ans. Jennifer a offert toutes ses histoires à la commune de Lamentin qui, en tant que stagiaire, lui a fait confiance. Son projet doit être soumis aux conseillers municipaux. Elle attend patiemment leur verdict.
Les divers dessins pour le kamishibaï ont été réalisés par Jennifer.
INFOS +
- Des spécialistes de l'enfant :
« L'éducateur de jeunes enfants est un travailleur social » , revendique Christelle Valoris-Leroy, responsable du service enfance et jeunesse, à Lamentin. Pendant trois ans, à l'instar des infirmières ou puéricultrices, il se forme. C'est un professionnel de la petite enfance chargé de veiller au développement de l'enfant, à son épanouissement et d'organiser des activités éducatives.
« Nous sommes des spécialistes du jeune enfant et de la famille, mais généralement, on a recours aux éducateurs spécialisés qui ont des compétences lorsqu'il s'agit de drogue ou de handicap. » Il travaille toujours avec une équipe pluridisciplinaire composée par exemple de psychologues.
« Nous ne pouvons pas travailler seuls. Car notre volonté est d'accompagner les parents et de leur donner une autre vision. » L'éducateur du jeune enfant peut travailler en collectivité, et pas seulement en crèche ou en PMI.
 
- Un seul centre de formation :
Le centre de formation des travailleurs sociaux situé à Grand-camp, aux Abymes, est le seul centre qui forme les éducateurs de jeunes enfants.
 
- Quatre domaines de compétence :
1- Accueil et accompagnement du jeune enfant et de sa famille,
2- Action éducative en direction du jeune enfant,
3- Communication professionnelle pour le travail en équipe,
4- Dynamique institutionnelle et intervention partenariale,
 
- Une bande dessinée pour les parents :
Si son projet est retenu par le conseil municipal, elle proposera de remettre aux parents un fascicule sous forme de bande dessinée.
Le but : inviter les parents à entrer et à échanger avec eux à travers l'opération Un livre, une histoire, un café.
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