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La Guadeloupe se prépare à accueillir Isaac

franceantilles.fr 12.09.2018
Laurence Baptiste-Salomon, Valérie Duru, Marc Armor.

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La Guadeloupe se prépare à accueillir Isaac
Une saison plutôt animée... -Amandine ASCENSIO

Isaac s’approche de nos côtes et va désormais, nous abreuver de trombes d’eaux et déclencher une houle importante. Alors, tout le monde se prépare. Voici un petit panel des situations, qui nous concernent tous, qu'on soit entrepreneur, éleveur, citoyen, voyageur.

Avez-vous assez d'eau ?

Isaac, en terme de vents, n'est pas un phénomène trop inquiétant. En revanche, il va déverser sur la Guadeloupe des trombes d'eau. Il y a, outre de forts risques de submersion dans les zones inondables, une probabilité très importante de dysfonctionnement des réseaux d'eau potable. Les captages en rivière vont être obstrués, l'eau sera turbide, il faudra compter un bon moment avant que la distribution ne revienne à la normale. On a déjà vécu des situations de ce type lors d'événements pluvieux majeurs.

D'où cette question : avez-vous fait des réserves pour plusieurs jours ? La préfecture le rappelle dans son dernier communiqué, « le préfet demande à chacun de finaliser ses préparatifs, notamment de constituer une réserve suffisante en eau pour être autonome pendant plusieurs jours ».

Le monde économique rappelle les consignes

L'Union des entreprises rappelle les consignes aux entrepreneurs

Dans un communiqué, Bruno Blandin, président de l'Union des entreprises (MEDEF Guadeloupe) invite les entrepreneurs à « prendre les mesures et précautions applicables au niveau de vigilance en vigueur ».

« Il s’agit à ce stade pour les chefs d’entreprises et leurs salariés de se préparer à l’arrivée du phénomène ». L’Union des Entreprises demande à chacun de se tenir informé des bulletins météorologiques et d’être à l’écoute de l’éventuelle annonce d’un passage en vigilance rouge. « Si un tel niveau de vigilance vient à être déclenché par la Préfecture, il conviendra de libérer immédiatement le personnel en vue de se mettre à l’abri. »

L'Union rappelle que « les activités, notamment professionnelles, ne pourront reprendre qu’une fois la vigilance grise terminée, afin de laisser les secours éventuels et actions de déblaiements se faire dans de bonnes conditions et ce conformément aux instructions préfectorales ».

Le monde du BTP doit démonter ses grues.
Les chantiers doivent être sécurisés

Dans le cadre de l'alerte cyclonique, les consignes données par la préfecture sont claires : elles prévoient la mise en sécurité des chantiers pour les entreprises, notamment démontage des grues, des installations aériennes et échafaudages…  «Nous n'avons pas le choix, indique José Gaddarkhan, président de la Fédération du BTP. Nous sommes obligés de suivre, et, sur nos chantiers, nous nous y sommes attelés dès ce matin. La fédération du BTP invite ses adhérents à se plier à ses consignes. »

La tentation, pourtant, pourrait être grande de passer outre. « Pour les grues, l'élément crucial, c'est la vitesse du vent, explique un grutier. La plupart des grues modernes résistent à des vents de 150 km/h, pourvu qu'elles soient haubanées et fixées au sol. Par ailleurs, dans des circonstances de ce type, tout bon grutier sait que la flèche de l'engin doit être mise en girouette : ainsi, elle pivote librement et se place dans le lit du vent, ce qui diminue considérablement la prise au vent. »

Évidemment, le démontage, suivi d'un nouveau montage d'engins de ce type prend du temps et de l'argent. « Il faut compter deux jours pour remonter une grue », reconnaît José Gaddarkhan. Mais ne pas respecter les consignes engage la responsabilité de l'entreprise. En cas d'accident…

Les transports s’organisent

Le trafic aérien stoppé
L'aéroport sera fermé jeudi 13 septembre.

L’aéroport a annoncé sa fermeture dans l’après midi. Demain, tous les vols sont annulés, mais aussi les activités de fret. Nous l’avons annoncé sur le site ici.

Suspension des rotations maritimes

À l'approche de la tempête Isaac, les compagnies maritimes ont suspendu leurs rotations. Compte tenu des conditions de mer attendues demain jeudi, les navettes resteront à quai. Toutes les compagnies (Deher, Jeans, l'Express des îles, Val'Ferry...) espèrent pouvoir reprendre leurs rotations dès vendredi matin, si les conditions météo et de mer le permettent.

Les animaux aussi doivent être mis en sécurité

Les éleveurs sur le pont

« Au niveau de l'élevage, ce n'est pas très difficile », explique Charly Singarin, président du syndicat régional des éleveurs. « Il faut déplacer les animaux et les mettre à l'abri loin des arbres et des tôles ». C'est donc ce qu'il a fait ce mercredi matin. « Là où mes bêtes étaient en pâturage à Petit-Canal, c'était en zone inondable », précise l'éleveur propriétaire d'une trentaine de bovins. Grâce à sa bétaillère, il a effectué trois voyages pour les emmener vers une zone plus en hauteur.

Cependant, il ne cache pas son inquiétude. « Je suis inquiets pour les petits, j'en ai 15 car là où j'ai mis mes bêtes à cause de la tempête, il n'y a pas d'enclos contrairement à là où elles sont habituellement. Et, je ne peux pas attacher les petits contrairement aux mères. Ce que je crains, ce sont les chiens errants ».

Ainsi que le stress qui sera provoqué par le mauvais temps: « Les mères ne viennent plus en chaleur et en cas d'orage, les petits qui sont en liberté peuvent s'écarter d'elles ».

Charly Singarin explique qu'entre éleveurs, la solidarité est bien présente en de telles circonstances: « Ce matin, j'ai été récupéré une vache à Petit-Bourg et l'ai mise dans mon cheptel ».

L'homme est aussi propriétaire de chevaux. Ce mercredi soir, il ne va pas les remettre dans leur abri mais les laisser en liberté. Quant à ses cabris, ils resteront dans leur box.

Jeudi dès 6 heures, il sera sur le pont: « Je serai obligé d'être sur l'exploitation car nous, on vit de cela et on ne veut pas tout perdre ».

Photo d'illustration. La tempête tropicale Isaac viendra perturber la tranquilité des animaux. Photo: Dominique CHOMEREAU-LAMOTTE.
À la Martingale, les chevaux sont confinés

Le centre équestre La Martingale abrite des dizaines de chevaux et poneys. Grosse responsabilité dans cette circonstance.

« Nous commençons par sécuriser les abords au maximum, en ramassant tout ce qui pourrait voler, explique Éric Gauthier, directeur du Centre. Mais les chevaux et poneys restent confinés dans leurs boxes. C'est un choix que nous faisons, alors que d'autres clubs les lâchent. »

Aucune méthode n'est parfaite. « Lors de Maria, quelques tôles ont bougé. Mais nous n'avons pas eu de vrai problème. À Saint-Barthélémy, lors du passage d'Irma, les chevaux ont été lâchés. Les pertes ont été terribles. Mais on ne sait pas non plus ce qui se serait passé si les chevaux avaient été enfermés dans des écuries dont les toits se sont envolés. »

La Martingale n'a pas vraiment le choix. « Nous hébergeons quelque 60 chevaux et poneys. Ils ne sont pas habitués à être lâchés ensemble. Si nous le faisions, il y aurait forcément des blessés. »


 

 

 

 

 

 

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VOS COMMENTAIRES
  • iMandarinGriot - 13.09.2018
    Enfin des paroles sensées !
    Il est 10h20 et j'ai repris couleur si je peux me permettre car Isaac sera finalement une tempête, une toute petite mais je suivrais quand même le conseil avisé de Saindou qui me conseille de me méfier même des petites tempêtes.
    Cet article me change des donneurs de leçons dont je fais partie et que je revendique. Les donneurs de leçons sont les usagers, les cochons de payants. J'use souvent d'une métaphore qui est l'omelette. Certains, peu nombreux la font, les autres très nombreux la goûtent. Il est évident que ceux qui goûtent sont là pour dire qu'elle est excellente, bonne, passable, mauvaise ou immangeable. C'est le rôle des donneurs de leçons. Ils sont désagréables et seuls une trentaine de pays dont mon pays ne les inquiètent. Je crois qu'ils vont disparaitre pour deux raisons : le Politiquement Correct et surtout la loi anti-fake qui permet à une loi de légiférer sur sur ce qui est la vérité,ou n'est pas la vérité, c'est-à-dire sur ce que l'on doit dire ou écrire.
    Après cet aparté, je reviens sur l'article. Je passe sur l'obligation d'avoir de l'eau et le monde économique. En revanche, pour une fois qu'un de mes groupes d'acteurs préférés ne bloque pas, ne ralentit pas, ne demande pas d'aides, de subventions, d'étalement des dettes, d'annulation de dettes et parle, enfin, de son activité réel et qu'en plus, dit, enfin, des paroles sensées, je ne peux qu'espérer que cette tempête ne lui fera pas des misères !
  • saindou - 14.09.2018
    On ne donne pas à boire à un âne qui n'a pas soif
    En matière de paroles sensées vous semblez avoir été sourd aux arguments développés clairement par Moranus dès le départ du coup.
    Moranus, fort de sa formation en analyse numérique et en modélisation et de sa profession vous avait signalé dès le début qu'étant donné la topologie des trois perturbations présentes sur zone il était présomptueux de prévoir avec certitude la trajectoire d'Isaac.
    Poussant l'explication un peu plus avant Moranus vous avait parlé du problème des trois corps ( résolu en partie par l'immense Poincaré).
    Donc pendant deux jours il n'y a eu forcément qu'approximation car le problème était trop fort pour les météorologues maison.
    Être donneur de leçons ne servait à rien dans le présent cas de figures car la science établie aux 40% gagnés sans trop suer et sans abcès au cervelet ne supporte pas la contradiction. Ils étaient sourd, saoûler au Capés Dolés, bloquant la route Gourbeyre Trois-Rivières, se ruant sur l'eau, ne laissant rien aux autres dans un bel élan de mesquinerie, de méchanceté, du "tout pour ma gueule".
    "Qu'on détache le petit âne et qu'on me l'amène disait JC".
  • réflexion - 13.09.2018
    Bravo
    Je tiens à féliciter les auteurs de cet article pour la qualité du vocabulaire et de la syntaxe. ça change énormément de ce que l'on a l'habitude de lire sur FA. ça fait vraiment du bien.
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