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La nouvelle programmation énergétique est élaborée

France-Antilles Guadeloupe 15.03.2017

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La nouvelle programmation énergétique est élaborée
Le mix énergétique de la Guadeloupe est appelé à évoluer rapidement.

Après un an de réflexion, le projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) est élaboré. Chacun peut en prendre connaissance pendant un mois.

Dans le cadre de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, la Région Guadeloupe et l'État ont élaboré conjointement le projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Cette programmation opérationnelle évalue les besoins du territoire en énergie, aux horizons 2018 d'une part, 2023 de l'autre, et détermine les moyens nécessaires pour y répondre en termes d'infrastructures de production d'énergie et d'extension des réseaux électriques. Le public dispose d'un mois pour consulter le projet et les documents annexes (1). La PPE s'inscrit résolument dans la démarche, engagée par la Guadeloupe depuis une bonne dizaine d'années, de maîtrise de la demande en énergie et de développement des énergies renouvelables. Cet engagement est d'autant plus logique qu'il rejoint les préoccupations et les objectifs de l'État, inscrits dans la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV, août 2015). Objectifs ambitieux qui fixent 50% d'ENR dès 2020 et l'autonomie énergétique en 2030.
30% D'ENR EN 2020
Cette programmation - définitive jusqu'en 2018, encore exploratoire en partie pour la période 2019-2023 - a le mérite d'une certaine lucidité. D'ici fin 2018, elle permettra de renforcer les actions destinées à maîtriser les besoins en énergie en agissant sur la demande, l'efficacité énergétique et les nouveaux services énergétiques, et de réduire la part des énergies fossiles d'importation dans le mix énergétique de la Guadeloupe. Elle diversifiera encore le mix énergétique régional (lire ci-contre) et devrait aboutir à réduire de plus de 1% les consommations finales d'énergie de la Guadeloupe, toutes énergies et tous secteurs confondus, par rapport à 2014. D'ici 2018, la part des ENR dans le mix de production d'électricité pourrait atteindre près de 30%. Rappelons que la LTECV vise 50% d'ENR dans les consommations finales d'énergie d'ici 2020, toutes énergies confondues.
La programmation note bien qu'à plus long terme, « l'atteinte d'un objectif 100% ENR d'ici 2030, au moins dans la production d'électricité, suppose de reconsidérer à la baisse la contribution des moyens thermiques. Enfin, l'atteinte des objectifs de contribution des ENR à la production d'électricité reste dépendante de l'évolution des besoins en électricité, évolution soumise à l'influence des actions de maîtrise de la demande. »
(1) En ligne sur www.regionguadeloupe.fr, www.guadeloupe.pref.gouv.fr, www.guadeloupe-energie.gp et www.guadeloupe.developpement-durable.gouv.fr.
Une usine à gaz à Jarry ?
Transformer l'usine EDF de la Pointe Jarry, qui fonctionne au fioul, en unité de production consommant du gaz naturel liquéfié, supposerait un budget de plus de 100 millions d'euros. (Roberto BIRHUS)
Transformer l'usine EDF de la Pointe Jarry, qui fonctionne au fioul, en unité de production consommant du gaz naturel liquéfié (GNL), c'est une idée qui a germé depuis quelque temps et à laquelle les acteurs réfléchissent. La PPE 2016-2018 fait apparaître la nécessité de poursuivre la réflexion engagée à ce sujet. Parce que selon les premières estimations, ce projet pourrait conduire à une diminution de l'ordre de 25 à 30% des émissions de gaz à effet de serre (GES) induites par les consommations de fioul et réduire significativement les coûts de production associés aux achats de combustibles fossiles.
Ce projet suppose toutefois des investissements significatifs - 111 millions d'euros estimés - liés à la conversion technique de la centrale ainsi que la structuration d'une filière d'approvisionnement provenant pour l'essentiel de Trinidad et Tobago. De plus, ce projet n'aurait d'intérêt économique avéré que si les centrales de Belle-Fontaine en Martinique et de Pointe Jarry procédaient à leur conversion. Avec une puissance installée en base de 440 MW, le seuil minimal de rentabilité serait atteint pour permettre d'investir sur l'ensemble de la chaîne de production et d'approvisionnement nécessaire.
Les moyens à déployer sont en effet significatifs et concernent aussi bien des unités de production de GNL (à Trinidad), de regazification (unité flottante ancrée au large de la centrale de Jarry) que la construction de moyens de transport adaptés. Selon les porteurs de projet, cette solution pourrait être mise en oeuvre dans les 3 à 4 ans à venir. Par ailleurs ce projet pourrait permettre aux États insulaires de la Caraïbe, situés sur le parcours d'approvisionnement depuis Trinidad, d'envisager de diversifier leur mix énergétique, contribuant ainsi à réduire les coûts de l'ensemble de la chaîne d'achat et de distribution du GNL.
Biogaz, éolien et solaire
Le photovoltaïque pourrait permettre de produire 25, voire 35 mégawatts supplémentaires.
Les énergies renouvelables sont appelées à se développer, mais dans des proportions compatibles avec les projets identifiés.
BIOGAZ
D'ici 2018, la PPE de Guadeloupe retient le développement de ?+2 mégawatts (MW) issus de la valorisation énergétique du biogaz de décharge du site de stockage de l'Espérance. À l'horizon 2023, c'est sont de l'ordre de 14 MW supplémentaires qui pourront être développés, sur la base d'une augmentation de la production de biogaz de décharge mais aussi de la mise en service d'une unité d'incinération des ordures ménagères de dernière génération sur le site de la Gabarre.
SOLAIRE
Les installations photovoltaïques (PV) avec stockage, de grande taille, devraient permettre de produire 15 mégawatts crête (MWc) supplémentaires.
Le PV en autoconsommation avec stockage permettrait le développement de 10 MWc supplémentaires. Mais cette technologie, destinée essentiellement aux particuliers, reste coûteuse à petite échelle et requiert l'émergence d'un modèle économique adapté.
D'ici 2018, la PPE de Guadeloupe retient le développement de 10 MWc supplémentaires de PV en autoconsommation sans stockage, destiné prioritairement à couvrir les besoins journaliers du secteur tertiaire, en s'appuyant sur des technologies matures à coûts maîtrisés.
ÉOLIEN
La PPE retient la possibilité d'installer, d'ici 2018, 44 MW supplémentaires de projets éoliens terrestres avec stockage. Un projet en Nord Basse-Terre est bien engagé aujourd'hui. Mais le reste du potentiel ne pourra être déployé qu'après la levée, avant 2018, et dans le cadre de la PPE, de freins techniques et administratifs.
La Région et l'État s'engagent à poursuivre et à accompagner l'étude du gisement guadeloupéen pour l'éolien en mer. Ils encouragent également la réalisation par les porteurs de projets d'études de dimensionnement et de faisabilité.
HYDRAULIQUE
À l'horizon 2018, aucune puissance supplémentaire n'est installée en Guadeloupe. L'étude de projets destinés à valoriser le potentiel hydraulique du territoire, dans le respect de son environnement, de la qualité de ses paysages et d'un optimum économique, reste possible.
ÉNERGIES MARINES
D'ici 2018, la PPE de Guadeloupe ne prévoit aucune installation de projets valorisant les énergies marines. Toutefois, au regard du potentiel de développement identifié dans les premières études menées sur le territoire, la Région et l'État s'engagent à poursuivre et accompagner l'étude des conditions de valorisation de ce gisement aujourd'hui non exploité.
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VOS COMMENTAIRES
  • iMandarinGriot - 17.03.2017
    Pour Utopia !
    J’ai lu très attentivement hier, laissé la nuit me porter conseil, relu ce matin, consulte la fantastique documentation dont je dispose sur le Web, relu les articles de journaux que je sauvegarde sur Delicious, Google Bookmark, Evernote, Keep, Pocket. Oui, le MandarinGriot sauvegarde mais surtout consulte à tout va ! Je sauvegarde aussi mes commentaires que je retrouve avec une facilité déconcertante grâce aux tags que je me suis entraîné à maitriser totalement car ma formation me poussait à faire des dossiers et des sous-dossiers. J’ai corrigé le tir depuis.
    Je fais ce long aparté pour (dé)montrer qu’il faut faire l’effort d’aller plus loin. J’ai réviser totalement mes notions de rangement mais j’y suis arrivé. et mon naturel revenant au galop, je m’envoie des fleurs. Merci à César Borgia, Salvador Dali, Vittorio Gassman, Cassius Clay, Frantz Beckenbauer qui ont tous un ego aussi démesuré que moi.
    Je sais, je suis absolument hors-sujet, mais enfin, n’importe quel lecteur qui lit les paragraphes suivants : Une usine à gaz à Jarry ? Biogaz. Éolien. Solaire. Hydraulique. Energies marines, sans avoir fait les CM2 d’antan, se rend compte qu’il est en train de lire des plans sur la planète Utopia.
    Quand il a fini, il regarde son ordinateur, sa télé, va dans sa cuisine, fixe congélateur, réfrigérateur, four. J’arrête là cette fastidieuse énumération.
    Et il pense tout bas mais très fortement : Vive l’énergie thermique et pour longtemps !
  • Azouren - 16.03.2017
    MISSION IMPOSSIBLE.
    Pour l'instant, beaucoup de bla-bla pour pas grand chose.
    Si le Moule éternue, toute la Guadeloupe s'enrhume.

    30% D'ENR EN 2020 = MISSION IMPOSSIBLE.

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