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GOYAVE - Pollution terminée, mais des questions demeurent

France-Antilles Guadeloupe 08.08.2017

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Pollution terminée, mais des questions demeurent
Ferdy Louisy s'est beaucoup investi dans la résolution de cette crise.

La préfecture l'affirme : « Il n'y a plus de trace de pollution dans le réseau d'eau à Goyave : l'eau du robinet peut à nouveau être consommée » .

« Il n'y a plus de trace d'hydrocarbures ni aucune autre pollution dans le réseau d'eau de Goyave » , indique la préfecture. Les analyses, validées par les autorités sanitaires nationales (Anses, DGS) en lien avec l'ARS de la Guadeloupe, confirment la potabilité de l'eau distribuée dans le secteur concerné.
Soulagement, donc, pour l'ensemble de la commune. Et soulagement pour le maire, Ferdy Louisy. « La fin de la pollution, c'est évidemment un motif de satisfaction, puisque la population est désormais à l'abri. Mais sa source n'est toujours pas établie. Le préfet s'est engagé à poursuivre les investigations à ce sujet. Vous pensez bien que je serai très vigilant. »
Vigilance compréhensible, même si le Siaeag a purgé et désinfecté les réseaux. Parce qu'à l'heure actuelle, bien des questions demeurent. « Je trouve inquiétant que ce soit un consommateur qui ait détecté cet incident, et non pas les systèmes de veille de la potabilité » , poursuit M. Louisy.
SÉCURISER LE RÉSEAU
Le maire reste perplexe. « Cette pollution est-elle accidentelle, occasionnelle, ou peut-elle être récurrente ? J'ai demandé à ce que le réseau qui dessert Goyave soit particulièrement surveillé. » Le BRGM va poursuivre ses investigations sur le sujet.
Plus globalement, cet incident pose la question de la qualité de l'eau. « Je pense qu'il faut allouer des moyens supplémentaires à la surveillance de cette qualité. On ne peut pas se contenter de changer les canalisations. Il faut également améliorer la qualité du produit. »
Reste à tirer les enseignements de cet épisode. « Cet incident doit nous alerter sur les failles du système. Il faut se donner les moyens de sécuriser l'ensemble du réseau de distribution. À mon sens, c'est aussi important, sinon plus, que la régularité de l'approvisionnement. »
Un précédent en 2003
La pollution des eaux qui a frappé Goyave n'est pas une première. Fin 2003, c'est de l'essence qui était en cause. Décembre 2003, Goyave. Les résidents du lotissement Caraïbes lancent l'alerte. L'eau qui sort de leur robinet a une forte odeur d'essence. Quant au goût... À l'origine de cet accident, une fuite dans l'une des cuves de la station-service du bourg de Goyave, à proximité de l'ancienne mairie. Une station ancienne, dont certaines cuves, à enveloppe simple, datent des années 1960. Le carburant s'est échappé et infiltré dans la terre et, petit à petit, a « migré » vers les tranchées d'adduction d'eau potable. Et comme les tuyaux d'eau sont constitués d'un matériau perméable aux vapeurs d'essence, les résidents du secteur se retrouvent avec un drôle de liquide à la sortie de leur robinet. La réaction est rapide. L'alimentation en eau est bloquée et un réseau de secours est réalisé en surface. La station est fermée, ses cuves enlevées, et Total met en oeuvre des opérations de dépollution qui durent plusieurs mois. Coût de la facture pour la compagnie pétrolière : 500 000 euros.
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