ACTUALITé - FAITS DIVERS

Saisie d'armes : ça démarre fort depuis janvier et ça interpelle

France-Antilles Guadeloupe 14.01.2019
B.C.

0RÉAGIR

Saisie d'armes : ça démarre fort depuis janvier et ça interpelle
Ici une réplique de Kalachnikov. (Photo d'illustration)

Trente-cinq armes à feu récupérées par la police nationale dans le cadre de la dernière campagne «  déposez les armes . » Au sein du commissariat central de Pointe-à-Pitre, ce bilan a de quoi donner le sourire à Isabelle Tomatis, la directrice départementale de la sécurité publique.

«  C'est mieux que lors de la dernière édition », glisse-t-elle sans naïveté exccessive. La commissaire divisionnaire ne le sait que trop bien, et ne se fait d'ailleurs pas prier pour le reconnaître : «  Bien évidemment, ce ne sont pas les délinquants qui sont venus nous voir mais des gens d'un certain âge, avec des armes à feu récupérées dans le cadre de successions.  »

L'opération n'a donc pas tapé à côté de l'objectif : «  Notre cible, c'était en priorité les familles. Avec un enjeu important : éviter que ces armes soient un jour utilisées. Et empêcher qu'elles soient dérobées lors de cambriolages.  » Quant aux délinquants, pas de panique : ce sont les fonctionnaires de police, dans le cadre de contrôles, enquêtes et autres descentes qui sont chargés de les désarmer. «  Cela nous a permis de saisir 72 armes, en 2018. Ce qui fait une moyenne de six armes par mois.  » Le problème actuellement, c'est que les chiffres s'emballent quelque peu. Sur la première semaine de janvier, trois pistolets automatiques —  dont deux identiques — et un révolver, découverts dans le cadre de contrôle de voie publique. S'ajoute encore un calibre de 48 spécial qui était dissimulé dans la voiture d'un dealer et qui a été mis au jour dans la nuit de jeudi à vendredi.

Une tendance «  pas anodine  »

Si la tendance haussière de ces saisies n'inquiète pas encore les autorités, au sein de l'hôtel de police beaucoup concèdent que la «  situation n'est pas anodine  ».

Avec forcément une interrogation du côté des enquêteurs : d'où viennent ces armes ? «  Pour le savoir et retracer leur historique, elles sont envoyées en France, au labo de la gendarmerie», rappelle-t-on au sein de l'état major de la police. Non sans glisser : «  Des bateaux arrivent souvent de la Dominique avec de la drogue ou des immigrés, il est donc possible que quelques armes soient convoyées. Sauf qu'à notre connaissance il n'y a ni filière d'approvisionnement structurée ni trafic à grande échelle.  »

D'ailleurs, les échanges se feraient dans les deux sens : «  Nous avons récemment intercepté un individu tentant de rejoindre la Dominique, en possession d'éléments d'armes  », concéde-t-on à la sûreté départementale enpointant cet autre élément : parmi les individus contrôlés armés, figurait un... mineur. 

0
VOS COMMENTAIRES

Réagissez à cet article

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2 mn) :

CONNEXION