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Six morts dans un incendie à Saint-François : des homicides involontaires ?

France-Antilles Guadeloupe 02.11.2018
B.C. / M.A.

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Six morts dans un incendie à Saint-François : des homicides involontaires ?
Les touristes, originaires du Gard, résidaient pour leur séjour en Guadeloupe, dans la résidence Le Panorama, située à Saint-François. (B.C)

Coincées dans l'appartement qu'elles occupaient, dans la résidence Le Panorama, à Saint François, six personnes, des touristes du Gard, sont mortes dans la nuit de mardi à mercredi, lors d'un tragique incendie.

Deux hommes, deux femmes et deux enfants (16 et 12 ans) sont morts dans la nuit de mardi à mercredi, dans des circonstances tragiques, lors de l'incendie de l'appartement qu'ils occupaient, dans la résidence Le Panorama, à Saint François. L'alerte a été donnée vers 1 h 45. S'en est suivi la mobilisation de 25 sapeurs-pompiers venus de Saint-Francois, Sainte-Anne, Morne-à-l'Eau et Les Abymes.
Coincés dans le logement sécurisé par des grilles aux portes et fenêtres, les victimes ont été asphyxiées par les fumées, après s'être réfugiées, en désespoir de cause, dans la salle de bain. Il s'agissait de touristes originaires du Gard (lire ci-contre).
Si le feu a été maîtrisé moins d'une heure après l'alerte, les secours n'ont en revanche rien pu faire pour sauver les six victimes qui se trouvaient toutes en arrêt cardiorespiratoire. L'incendie semble avoir été déclenché par un barbecue laissé allumé à proximité immédiate du bâtiment.
La thèse de l'incendie d'origine accidentelle est donc privilégiée, mais les investigations se poursuivent « dans le cadre d'une enquête de flagrance diligentée pour le chef d'homicides involontaires. » Le parquet entend en effet « déterminer les circonstances précises de déroulement des faits et mettre en évidence toute responsabilité éventuelle en relation avec la survenance des faits » .
QUID DES NORMES DE SÉCURITÉ ?
Concrètement, cela signifie que la justice entend savoir si « toutes les normes de sécurité au sein du logement étaient respectées ou s'il a pu y avoir des carences, des défaillances, voire des manquements à une obligation de prudence ou de sécurité » , a décrypté le procureur adjoint Michaël Ohayon.
Parmi les points posant question, figure la présence de ces grilles métalliques apposées sur toutes les fenêtres du rez-de-chaussée mais aussi tout autour de la véranda qui ont piégé les victimes. S'ajoute également celle des détecteurs de fumée, dont l'installation est désormais obligatoire. Étaient-ils présents dans l'appartement et en fonction ?
« Pour l'instant, il est impossible de répondre car il nous manque des éléments. Mais il s'agit d'une question sur laquelle nous serons particulièrement attentifs » , glisse de son côté le chef d'escadron Olivier Traulé.
Afin de ne rien rater, la gendarmerie a d'ailleurs pris attache avec un expert en incendie. « Il doit intervenir sur les lieux dans les prochains jours. Ce n'est qu'à ce moment que certaines questions trouveront leurs réponses. »
Dans cette attente, une chose apparaît néanmoins certaine : le logement dans lequel ont péri les six touristes « était voué à la location saisonnière et était régulièrement proposé à la location sur différents sites » .
Les portes et fenêtres de la location étaient condamnées par des grilles. (B.C)
Les dépouilles ont été évacuées vers l'institut médico-légal de Pointe-à-Pitre. (B.C)
Deux couples et leurs enfants
Les autorités ont rapidement établi que les victimes sont six Gardois, deux hommes de 48 et 58 ans, leurs épouses - des soeurs - de 40 et 39 ans, et les enfants des couples, un adolescent de 16 ans et un enfant de 12 ans. Ils étaient arrivés en Guadeloupe le 23 octobre pour des vacances qui étaient censées s'achever le 5 novembre.
Le Midi Libre a dévoilé l'identité des victimes. Alexandra Estivill - présidente de l'Association des Artisans et Commerçants de Calvisson - et son mari, Georges, étaient aux commandes d'un camping, Mer et Camargue, un établissement 4 étoiles, depuis 2011.
La soeur d'Alexandra, Vanessa, son mari, Alain et leur fils habitaient Nages-et-Solorgues.
RÉACTIONS
Laurent Bernier, maire de Saint-François
« Je suis très affecté par le drame ayant eu lieu [...] dans ma commune. C'est une famille entière qui a péri dans ce terrible incendie. [...] Mon équipe et moi pouvons d'ores et déjà assurer aux proches tout notre soutien. Je leur présente mes condoléances attristées. »
Josette Borel-Lincertin, présidente du Conseil départemental
« La Guadeloupe est frappée et endeuillée par ce drame qui a touché une famille de touristes dans une maison en location saisonnière. Je remercie les services de secours, en particulier les équipes du Sdis, qui ont déployé d'importants moyens pour tenter de sauver cette famille. Je présente mes condoléances aux parents et aux proches des victimes et formule le voeu que l'enquête permette de faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie. »
Le troisième incendie le plus meurtrier de la Guadeloupe
Cet incendie, par le nombre de ses victimes, arrive en 3e place dans le palmarès de l'horreur en Guadeloupe. Rappel des deux drames précédents qui ont marqué, tragiquement, l'histoire et la mémoire collective de notre île.
Le plus meurtrier des 30 dernières années, c'est celui du bazar chinois, rue Sadi-Carnot (Pointe-à-Pitre) intervenu en fin d'après-midi le 21 décembre 2007. Ce sont des pétards lancés par des ados qui mettent le feu à ce magasin rempli de matières inflammables. L'incendie est immédiat, ravageur, et huit personnes - dont un bébé - sont piégées à l'intérieur. Sept victimes meurent sur place, une huitième, qui a osé traverser les flammes, succombe à ses brûlures quelques jours plus tard.
L'horrible incendie de la rue Peynier, à Basse-Terre, survenu le 8 mars 1994, reste également dans toutes les mémoires. Le feu est d'origine électrique. Six des sept victimes sont des enfants en bas âge, confiés à une mamie qui disparaît aussi dans l'incendie. L'efficacité des secours est mise en cause. Ces deux drames ont donné lieu à des épilogues judiciaires.
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VOS COMMENTAIRES
  • elsa - 05.11.2018
    C la Guadeloupe
    Triste nouvelle et condoléances à la famille et aux proches. Combien de logement, bas de maison, studios, cases etc.. sont loués aux touristes en Guadeloupe chaque année sans les normes et sans assurances !
    Les loueurs de sommeil aux touristes doivent réfléchir aux normes de sécurité et d'assurance avant de louer leur logement. Beaucoup demandent à être payé en espèces pour échapper au fisc mais qu'en arrive un malheur il est trop tard…
  • yoda - 02.11.2018
    "Les portes et fenêtres de la location étaient condamnées par des grilles". Il faudrait en effet repenser à la conception de ces grilles anti-intrusion, un système d'ouverture depuis l'intérieur par exemple...
  • saindou - 03.11.2018
    Diagnostic gaz et électricité des appartements proposés à la location
    Il faudrait aussi faire appliquer la loi "diagnostic électricité...) applicable depuis le 1er janvier 2018.
  • moranus - 06.11.2018
    Effet de pointe
    Sur la photo qui accompagne l'article on peut voir un mât en métal. Il faut aussi supprimer tous les mâts susceptibles de conduire la foudre?
  • Azouren - 02.11.2018
    R. I. P.
    Pour moi un incendie est effrayant. Même les feux de canne m'ont toujours effrayé enfant d'abord, adulte encore plus.
  • moranus - 02.11.2018
    Effets des séismes sur les installations électriques
    N'oublions pas l'hypothèse suivante : un fort séisme a été ressenti à Saint François aux environs du mois de mai, ce séisme n'aurait-il pas fait bouger les installations électriques, propices à la formation d'arcs électriques?
    A l'Anse des Rochers à Saint François dans ma résidence la piscine a été cassée, le golf n'est pas loin.
  • réflexion - 02.11.2018

    Commentaire supprimé par la rédaction

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