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Voitures électriques : les pompiers doivent aussi s'adapter

France-Antilles Guadeloupe 08.02.2018
Boris COLOMBET

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Voitures électriques : les pompiers doivent aussi s'adapter
Une technologie différente pour les véhicules induit des procédures de découpe et de désincarcération qui tiennent compte de ces nouvelles contraintes. (Roberto Birhus)

Sur la route, un véhicule électrique ou hybride n'est pas plus ou moins dangereux qu'une voiture traditionnelle. Reste qu'en cas d'accident, les pompiers doivent intégrer de nouvelles notions et prendre en compte certaines particularités qu'ils ont découvertes lors d'une formation pionnière.

Renault Zoé, Toyota Prius, Peugeot 3008 hybrid, etc. Ces nouveaux véhicules écolos, dont les ventes sont dopées par des primes gouvernementales alléchantes, sont partis à l'assaut des routes. Sans surprise, la Guadeloupe n'y échappe pas.
« Comme partout en France, nous avons dans le département des véhicules fonctionnant grâce à de nouvelles énergies. C'est le cas des véhicules tout électriques et de ceux associant deux énergies différentes, qu'on appelle communément hybrides. Au niveau du parc européen, ce type de véhicules représente environ 6% du marché » , glisse le lieutenant-colonel Guillaume Brudey, chef du groupement formation au sein du Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) de Guadeloupe. Nul besoin de crier au loup : ces véhicules de nouvelles technologies ne sont ni plus ni moins dangereux, à l'usage, qu'un véhicule classique carburant au mazout ou au sans-plomb. Reste que, comme la technologie est différente, en cas d'accident, l'approche et les techniques intervention des secours seront forcément différentes.
APPRÉHENDER LE RISQUE ÉLECTRIQUE
Histoire de se mettre à la page et d'être en mesure d'être parés à toutes les situations, les pompiers de la Guadeloupe ont, durant toute la semaine dernière, fait venir leurs collègues du Sdis de la Vienne, afin de s'appuyer sur leur savoir-faire. Ces derniers ont en effet développé tout un protocole d'interventions pionnier, depuis une quinzaine d'années, reconnu au plan national et désormais applicable dans toutes les casernes et centres de secours routiers (lire ci-dessous).
« Cette formation, organisée en partenariat avec Renault, qui nous a donné des véhicules pour nos exercices de désincarcération, et nos collègues de la Vienne, nous permet de mettre à jour nos connaissances » , poursuit l'officier. Avec cet objectif : intervenir en toute sécurité. Dans l'immédiat, ce sont les formateurs spécialisés en secours routiers qui sont formés. Avec l'idée, dans les semaines et mois à venir, de pouvoir diffuser l'ensemble de ces connaissances nouvelles à tous les autres pompiers intervenant en Guadeloupe. « Au final, tous les agents du Sdis sauront quoi faire lorsqu'ils se trouveront, sur une intervention, confrontés à ce type de véhicule. » Le principal risque à prendre en compte ? « Il est forcément électrique. Lors d'un accident impliquant une voiture thermique, il nous suffit de couper le contact et de débrancher la batterie afin, par exemple, d'éviter le déclenchement intempestif d'un airbag durant nos opérations de désincarcération. Avec une voiture 100% électrique, qui dispose de batteries sous le châssis, comprenez bien qu'on ne va pas pouvoir la découper de la même manière » , reprend le lieutenant-colonel Brudey.
DE 400 À 1000 VOLTS : DE LA HAUTE TENSION
Un point que confirme son homologue de la Vienne. Qui résume : « Par définition, sur un véhicule électrique, nous avons une source d'énergie développée par des batteries hautes tension. Ces dernières peuvent ainsi fournir des tensions allant de 400 volts pour les véhicules légers à 1 000 volts pour les poids lourds. Il y a donc des câbles alimentant, de la batterie, le moteur électrique. Dans ces câbles, des intensités importantes vont circuler. Le principe, c'est de dire à nos pompiers, « attention : lors d'une désincarcération, vous devez, avant toute action, isoler l'énergie du véhicule concerné. » C'est ce que nous leur apprenons à faire. » Gros point rassurant : les constructeurs, qui ont tout intérêt à vendre des voitures les plus sûres possibles, et ce quel que soit leur type d'énergie, jouent le jeu. Ils n'ont pas hésité à faire le déplacement au Sdis de Guadeloupe afin de présenter leur modèle star. Mieux : « Il y a véritablement un échange avec eux, car ils prennent en compte nos observations et notre retour d'expérience. Cela leur permet d'adapter encore et toujours leurs voitures » , assurent les pompiers.
Afin de permettre aux secours d'appréhender les spécificités des voitures électriques, chaque concessionnaire de la place est venue présenter ses modèles. (Roberto Birhus)
Les pompiers découvrent Tesla, la marque américaine de sportives 100% électriques. (Roberto Birhus)
La démonstration se déroule sur des voitures hybrides 9 000. (Roberto Birhus)
Formation sur la désincarcération avant l'exercice.
IL A DIT - Lieutenant-colonel Michel Gentilleau, chef du pôle « moyens opérationnels » du Sdis de la Vienne : « Nous savons intervenir sur n'importe quel type de véhicule »
(Roberto Birhus)
« Le Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) de la Vienne, voici maintenant une quinzaine d'années, avait été contacté par le groupe Toyota Europe. À l'époque, il s'agissait du seul constructeur proposant, pour nos routes, un véhicule hybride que tout le monde connaît : la Prius. Cette marque souhaitait disposer d'un centre de formation agréé afin de préparer les sapeurs-pompiers de toute la France à appréhender ces nouvelles technologies et donc d'intervenir en toute sécurité sur ce type de véhicules en cas de besoin. Au Sdis, nous avons décidé de relever le challenge qui nous permet d'être désormais en mesure de savoir quoi faire et comment le faire, quel que soit le véhicule de nouvelle génération, sa marque ou sa technologie. Ainsi, nous avons créé, au fil de ces années, un protocole d'intervention qui est reconnu par la direction nationale de la sécurité civile et qui est applicable par l'ensemble des quelque 230000 sapeurs-pompiers de France. »
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VOS COMMENTAIRES
  • iMandarinGriot - 09.02.2018
    S'adapter encore et encore ? Oui !
    Le MandarinGriot est pragmatique : il ne regarde que les pays qui marchent, notant ce qui marche chez eux et qui arrive ici. Il clamait qu'il était pour les habitudes allemandes, il avait aussi clamé qu'il espérait que le CARL allait faire ce qu'elle promet en matière d'Internet. Et ici, il enfonce le clou de la modernité qu'il souhaite pour son île un peu plus.
    Il constate, que malgré le fait que toutes ses élites ne parlent que du PASSÉ, la modernité propre aux pays qui vont de l'avant s'incruste, bien aidé par l'Administration nationale qui fait comme si. Elle oblige, par petites touches l'usage du clavier et de la souris à la population lambda qui préfère de loin, les files d'attente pour un entretien de moins de 2 minutes parfois. Et là, le Ministère qui s'occupe des pompiers leur a dit : -Cela vous intéresse une mise à jour sur la manière de porter secours dans les nouvelles voitures.
    Les élus ont du se tordre car ils préfèrent et de loin les charrettes en répondant affirmativement. Et c'est ainsi que malgré nos élus, mes pompiers planchent sur des techniques qui "pa tan nou " . Et cela pour une raison qui ma va droit au cœur : la Guadeloupe n'y échappe pas, nous avons dans le département des véhicules fonctionnant grâce à de nouvelles énergies.
    Je vais être très clair : je d'accord sur la dangerosité de ces véhicules et la préparation des pompiers me va totalement

  • iMandarinGriot - 10.02.2018
    Correction !
    Lire " je suis d'accord sur la dangerosité ... "
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