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BAIE-MAHAULT - Bambinou's palace : une plainte sera déposée au nom des salariés

France-Antilles Guadeloupe 11.03.2018
Harry MAPOLIN

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Bambinou's palace : une plainte sera déposée au nom des salariés
La crèche Bambinou's Palace était la plus importante avec 160 enfants. (H.M.)

On n'a certainement pas fini d'entendre parler de la fermeture de la crèche Bambinou's Palace qui était gérée par Gislaine Amabit et ses fils. Le syndicat Utas-UGTG envisage de porter plainte dans l'intérêt des salariés lésés dans cette structure, mais aussi celles fermées récemment.

Ces derniers mois, plusieurs crèches et structures d'accueil de la petite enfance, gérée par Ghislaine Amabit et ses fils Gabali, ont été liquidées. Dans la liste : l'Espace multi-accueil au Gosier, la crèche « La Passerelle » de Lamentin ou encore le Relais assistance Maternelle de « Bois Joli » , aux Abymes. La dernière a avoir été liquidée, le 28 avril au tribunal de Grande instance de Pointe-à-Pitre, sans même attendre la fin de la période de redressement qui était fixée en juin, est la crèche Bambinou's Palace, située à La Jaille Baie-Mahault. C'était la plus grosse crèche de la Guadeloupe avec 160 enfants et 36 salariés, dont Gil et Luc Gabali. C'est au nom de l'ensemble des salariés de ces structures que le syndicat s'apprête à saisir le tribunal pour tenter de mettre en lumière des zones d'ombre. Certes l'application de la Prestation sociale unique est mise en cause par la direction de ces crèches. Mais dans le jugement, il est précisé que la direction de l'association Bambinou's Palace avait évoqué à l'audience du tribunal que la Ville de Baie-Mahault devait lui verser une subvention de 500000 euros. Elle avait également soutenu que la Caf (caisse d'allocations familiales) devait verser 412 000 euros à l'association. Mais selon l'administrateur judiciaire « l'association n'a pas respecté le délai réglementaire imposé par son organisme financeur et fixé au 30 avril N +1 pour l'approbation de ses comptes administratifs, de sorte que la Caf n'était pas en mesure de verser les sommes dues face à cette carence de l'association Bambinou's Palace. »
De même, la Région s'était engagée à verser 28 6000 euros à l'association Bambinou's Palace pour sauver les emplois, mais c'était à la seule condition qu'un plan de redressement judiciaire soit mis en place. Là encore il a été constaté qu'aucun effort n'avait été fait par l'association pour mettre en place ce plan.
DES INDÉMNITÉS DE LICENCIEMENT INÉGALES
De plus, il a été précisé dans le jugement du tribunal que Bambinou's Palace connaissait déjà une baisse significative de son chiffre d'affaires depuis 2013, sans que les dirigeants de l'association n'aient, à aucun moment, saisi le tribunal afin de trouver un plan de redressement. Les salariés de la crèche Bambinou's Palace dont le licenciement sera notifié à compter du 15 mars, pourraient percevoir des indemnités de licenciement qui ne devraient pas dépasser 10 000 euros, pour les plus anciens et aussi les mieux payés qui avaient un salaire d'environ 1 800 euros, au bout de 20 ans d'ancienneté. Certaines de ces taties qui en veulent à leur direction d'avoir laissé se dégrader la situation, ont du mal à s'imaginer que ces mêmes dirigeants pourraient percevoir des indemnités de licenciement se chiffrant à environ 66 000 euros payés par les AGS, donc par les contribuables.
Un salaire mensuel de 15 000 euros
Une enquête pourrait être lancée afin de faire la lumière sur le niveau de salaire des dirigeants. À propos de l'espace multi-accueil du Gosier, on s'étonne que le salaire de Marc Gabali soit de 15000 euros.
Ce dernier percevait également un salaire brut de 6000 euros en tant que directeur de la crèche du Moule. On s'interroge également sur le montant du loyer annuel de 192000 euros, soit environ 16000 euros, que Bambinou's Palace versait à la SCI familiale Gilumafo qui appartient à la famille Gabali. « L'association Culture d'Enfance doit encore la somme de 51 158 euros à l'association Bambinou's. Il est à noter que la reconnaissance de dette et le plan de remboursement, actés en 2016, n'ont pas été respectés. Cette somme a été dépréciée à hauteur de 30% » , peut-on lire dans le rapport du jugement du tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre du 28 février, convertissant la procédure de redressement judiciaire en procédure de liquidation judiciaire.
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VOS COMMENTAIRES
  • moranus - 13.03.2018

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • iMandarinGriot - 12.03.2018
    Activité subventionnée !
    J'avais écrit le 22.02.2018 : Un enfant par couple ? Oui !
    " … Voici la réalité, la vraie. Elle se maintient avec des subventions, la CAF le plus souvent. La subvention permet le fonctionnement de la crèche et la gestion impose des contraintes qui n'ont rien de romantiques. Il faut rogner sur tout et voilà les grèves du personnel (surcharge de travail), sur le changement des couches, sur le nombre de collation, sur les spectacles et c'est au tour des parents de manifester. Et nous obtenons une crèche qui n'est dans les 25 % excellents, ni dans les 25 % mauvais, mais qui navigue dans le marais, les 50 % ni bons, ni mauvais.
    Ces crèches ne restent la tête hors de l'eau que si la gestion est très stricte … "
    " Que si la gestion est très stricte ". A la lecture de cet article, il est manifeste qu'il n'en est rien. La justice va trancher.
    Je vais me répéter : une crèche n'est pas rentable et se maintient à coups de subvention et dépendent de la volonté politique volontariste en faveur de la natalité.Celles qui sont sont sont celles où les parents payent plus de 500€/mois. Les Allemandes et les Anglaises ne font plus d'enfants car leurs gouvernement n'a pas de politique pour les crèches. Que mes décideurs choisissent et vite : ou ralentir le vieillissement par une politique volontariste ou arrêter ces dépenses non rentables que constituent les subventions aux crèches !
    L'action de l'UGTG ne servira que pour le problème des employés !
  • moranus - 13.03.2018
    Directeur de crèche
    Pour être directeur de crèche il faut avoir de l'entregent. Je vous rejoins dans votre conclusion sur les crèches sont des actions politiques en y ajoutant que ce sont des politiciens ou des parents d'un certain bord politique qui sont bombardés directeur de crèche. En France c'est pareil.
  • saindou - 14.03.2018
    Ainsi va toute chose sur l'île
    C'est beau de voir la paille dans l'oeil du voisin en faisant abstraction de la poutre qui vous obscurcit la vision. Les 40 % sont aussi à ranger dans la valise des subventions, l'économie de la Guadeloupe est artificielle. On ne fabrique pas grand chose à part la critique de ceux qui travaillent pour nous permettre d'exister. On devrait faire une loi sur le délit de non reconnaissance du ventre, c'est la prochaine réforme déjà dans les tuyaux.
  • saindou - 14.03.2018
    Emmaüs aussi
    Savez-vous qu'Emmaüs est subventionné par la ville de Paris ?
  • moranus - 14.03.2018
    Soupçons d'abus de biens sociaux
    Il y a soupçons d'abus de biens sociaux, c'est l'objet de la plainte, toutes autres considérations oiseuses n'est définitivement que perte de temps. Les tribunaux trancheront en référé. Il est remarquable de constater que dans cette affaire emblématique les politiques ne montent pas aux créneaux, sont-ils gênés aux entournures ? Qui n'a pas mieux contrôlé cette structure ? Un trésorier payeur aurait refusé de payer, a-t-il saisi le tribunal ? La région dépose-t-elle plainte ? (commentaire modéré)
  • lenaif1 - 11.03.2018
    EHPAD OUVERT CRECHES FERMEES
    foutu pays où rien ne fonctionne le dénominateur commun c'est , c'est la .......... il n'est de richesse que d'hommes et de femmes foué fè voila un pays où ne vend que le passé donc la faillite est au bout , Singapour : superficie 720 km2 ! regardez vous en face avant de vouloir donner des leçons à la terre entière " nou pli fo , sports toutes les ligues ou comités sont en faillite ou presque alors champions de quoi ?
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