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Gouvernement : Macron se donne 24 heures supplémentaires

AFP 16.05.2017

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Gouvernement : Macron se donne 24 heures supplémentaires

Emmanuel Macron à Berlin, le 15 mai 2017

-Odd ANDERSEN (AFP/Archives)

Emmanuel Macron s'est accordé un délai de 24 heures en reportant à mercredi l'annonce du premier gouvernement de son quinquennat, qui devra conjuguer exemplarité, promesses de renouvellement et recomposition politique, après la nomination lundi d'un Premier ministre de droite, Édouard Philippe.

L’Élysée a annoncé mardi en début d'après-midi que l'annonce de la composition du gouvernement était reportée à mercredi 15H00. Le premier Conseil des ministres du quinquennat Macron est également reporté d'un jour, à jeudi, comme le Conseil de défense.

Alors que cette première équipe gouvernementale, promise "resserrée" -une quinzaine de ministres-, paritaire et largement ouverte à la "société civile" est très attendue, Emmanuel Macron "a souhaité introduire un temps de vérification afin que la direction générale des Finances publiques et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) puissent réaliser les diligences nécessaires".

Ces deux instances devront s'assurer "que les personnalités qui sont pressenties au gouvernement font l'objet d'une première vérification de leur situation fiscale". Et elles devront vérifier que ces personnalités "ne se trouvent pas dans des situations de conflit d'intérêt au regard des informations dont dispose la HATVP", selon l’Élysée.

L'exécutif cherche probablement à éviter un nouveau cas Thévenoud, du nom du secrétaire d’État nommé en 2014 dans le gouvernement Valls et contraint à démissionner au bout de neuf jours en raison de retards de déclarations de revenus.

La HATVP a été créée par loi sur la transparence adoptée en 2013 sous le quinquennat de François Hollande, après le scandale Cahuzac. Elle procède notamment à une vérification fiscale des ministres après leur nomination.

De retour de son premier voyage à l'étranger lundi à Berlin, le chef de l’État a reçu mardi matin son Premier ministre. Objectif: peaufiner la composition d'une équipe devant incarner le "renouvellement politique", dans la perspective des législatives (11-18 juin). Il a entre temps poursuivi ses prises de contact avec les dirigeants étrangers en recevant mardi soir Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU.

Mercredi il recevra à déjeuner à l’Élysée le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Depuis sa nomination, le président trentenaire a certes fait la part belle aux moins de 50 ans: un Premier ministre de 46 ans, plus jeune locataire de Matignon depuis 30 ans, jamais ministre; un numéro 2 de l’Élysée de 44 ans; et un conseiller spécial de 30 ans.

Mais les cinq nominations officielles concernent pour l'heure exclusivement des hommes, dont quatre énarques, comme M. Macron.

Pour incarner la société civile, le chef de l’État veut convaincre l'écologiste Nicolas Hulot d'accepter un "ministère de la transition écologique". Habitué à refuser ministères et candidatures diverses, l'ex-animateur de TF1 a décidé "cette fois-ci de franchir le pas", sous certaines conditions, selon un proche.

Contre-appel

Dans le sillon ouvert par Édouard Philippe, d'autres prises devraient suivre chez LR, tel l'ancien ministre Bruno Le Maire qui se verrait bien au Quai d'Orsay ou à la Défense. Autres noms cités à droite: le juppéiste Benoist Apparu ou le lemairiste Franck Riester.

Une centaine d'élus LR et UDI ont jugé lundi que leurs familles politiques devaient "répondre à la main tendue" par le nouveau président dans un appel initié par le député Thierry Solère, qui fait partie des candidats LR aux législatives contre lesquels le parti d'Emmanuel Macron n'a pas investi de candidat pour l'instant.

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui lorgne aussi sur la Défense, a rejoint les signataires, comme Jean-Louis Borloo. LR a riposté avec un contre-appel des 577 candidats aux législatives au rassemblement autour du projet de la droite.

À gauche, Jean-Yves Le Drian est donné comme seul survivant du gouvernement Cazeneuve, à la Défense comme actuellement ou ailleurs. Piliers de la campagne venus du PS, Richard Ferrand, Christophe Castaner et Gérard Collomb, donné favori pour l'Intérieur, semblent incontournables.

Après la passe d'armes autour des investitures d'En Marche! et du MoDem pour les législatives, François Bayrou entrera bien au gouvernement, selon l'entourage du chef de l’État, peut-être à la Chancellerie.

Et les femmes ? Emmanuel Macron, dont le premier cercle durant la campagne était très masculin, a promis la parité. Les noms de Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou, de l'ex-ministre chiraquienne Anne-Marie Idrac, ou de la députée européenne MoDem Sylvie Goulard circulent aussi.

Emmanuel Macron pourrait également choisir de propulser de jeunes espoirs féminins du privé, comme Astrid Panosyan, passée par la direction d'Unibail-Rodamco, la spécialiste de communication Axelle Tessandier, la productrice de cinéma Frédérique Dumas ou Amélie Castéra-Oudéa, cadre sup d'Axa, intéressée par les Sports.

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VOS COMMENTAIRES
  • petit poucet - 17.05.2017

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • mécréant - 16.05.2017
    Les engagements de notre pdt de région ont-ils déjà en si peu de temps été tenus, a t-il fini de travailler pour la Gpe et les gpéens ?-Finalement tout le monde veut être ministre,le plus souvent c provisoire, puisqu'il est nommé.
  • siam - 16.05.2017
    La vraie raison de ce report?
    Tout cela à cause de Chalus. On ne voit toujours pas à quel ministère le mettre : l'Intérieur? la Justice? Les Affaires Extérieures? Il est vraiment, il est vraiment phé.no..mé..nal lalalalalalalalala.
    Logiquement c'est lui qui aurait du être Premier Ministre, Macron lui doit tout ! (commentaire modéré)
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