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BASSE-TERRE - Le quartier de Calebassier : une zone à rénover

France-Antilles Guadeloupe 14.01.2019
Yvor J. LAPINARD

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Le quartier de Calebassier : une zone à rénover
1- Un diagnostic de la situation, en marchant, avait déjà permis au mois d'octobre dernier, d'associer les habitants dès le départ aux réflexions. -Yvor Lapinard

Si les études sont déjà bien avancées, le projet de réhabilitation de ce secteur insalubre de Basse-Terre doit se faire avec la complicité de la population qui est régulièrement invitée à une réunion d'information.

Zone particulièrement difficile d'accès, le quartier de Calebassier a été en partie construit par occupation spontanée des 50 Pas géométriques qui appartiennent au domaine public de l'État. Une situation qui rend le quartier insalubre avec ses soucis d'alimentation en eau potable et d'assainissement. La promiscuité des habitations et l'étroitesse des venelles posent des problèmes d'accessibilité, notamment pour les secours et les personnes à mobilité réduite.

On imagine déjà la situation en cas d'incendie. Ce qui est également préoccupant, c'est la proximité du cimetière, et notamment une partie du mur de soutènement qui souffre quand les pluies ruissellent.

C'est ainsi que dans le cadre d'un projet d'aménagement et de restructuration du quartier, une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage a été confiée à l'Agence des 50 Pas géométriques pour la définition d'une approche urbaine durable (AUD). Des réunions d'information sur la mise en valeur du secteur succèdent aux diagnostics en marchant, afin d'associer les habitants dès le départ de la réflexion.

La Ville et l'Agence ont pour seul objectif de redonner à ce quartier des conditions de vie décentes. La semaine dernière encore, en mairie, la population était invitée à s'informer sur la mise en valeur de leur quartier pour se faire une idée de la démarche de co-construction du projet mise en œuvre.

LA RELOCALISATION ENVISAGÉE

« Nous sommes sortis des schémas classiques où l'on décide dans nos bureaux de ce qu'on va faire sur un secteur, avant de "vendre" quelque chose tout emballé à la population, estime l'Agence des 50 pas. C'est vrai que ces opérations prennent un peu plus de temps. Mais la co-construction permet à la population, du début à la fin, d'être impliquée avec le sentiment réel que ses doléances sont prises en compte, sous réserves des limites techniques et financières. Lorsque les idées émanent directement des personnes concernées, elles sont mieux acceptées. »

L'objectif est de redonner à ce quartier des conditions de vie décente. Si les habitants ne perdent pas les droits acquis, des démolitions s'avèrent inévitables. Mais elles seront suivies de reconstructions et de relogement pour lesquelles les habitants du quartier seront prioritaires.

Le cas de Calebassier n'est pas isolé. Dans tous les quartiers, et sur tous les plans d'aménagement à mettre en œuvre, la relocalisation et le déplacement de certaines personnes et de certaines constructions sont envisagés.

« Nous ne sommes pas à l'échelle de la semaine prochaine ou du mois prochain, prévient l'agence. Mais sur un travail de deux ou trois ans tout de même. »

Certes, les études sont déjà bien avancées. Mais il reste à définir le projet avant de démarrer les travaux.

Pour la sécurité de la population, il convient avant toute chose de se préoccuper de la sécurité des habitations qui jouxtent le mur de soutènement fragilisé du cimetière : une urgence.

Quant au projet en lui-même, il sera défini en fonction de ce que proposeront les bureaux d'études, des desiderata de la population et du projet optimisé. La stratégie de l'Agence des 50 pas géométriques est d'investir sur des petits projets, ou de procéder par tranches, ce qui permet d'aller plus vite. D'ici peu de temps, on en saura certainement davantage sur la solution retenue.

« Certaines demandes peuvent aboutir »Myriam Roch-Bergobson,directrice de l'Agence des 50 pas géométriques

« Notre agence intervient à la demande de la Ville pour mettre en œuvre notre mission, dont la première consiste en la régularisation des occupants des 50 pas géométriques. Mais nous procédons aussi à l'aménagement et à l'amélioration du cadre de vie de ces occupants. Calebassier est une zone particulièrement difficile d'accès. Les maisons sont séparées par des sentiers assez étroits, ce qui pose des problèmes de sécurité, d'insalubrité, de précarité, de nuisances…On ne pourra pas faire tout ce que réclame la population. En effet, certaines demandes peuvent aboutir et d'autres non. Mais si on est suffisamment proche de la population pour entendre ses besoins, le projet a beaucoup plus de chance de réussir. »

Myriam Roch-Bergobson
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