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Législatives : l'électorat capesterrien, objet de toutes les convoitises

France-Antilles Guadeloupe 17.05.2017
Marcel GERVÉLAS

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Législatives : l'électorat capesterrien, objet de toutes les convoitises
Beaucoup de candidats se bousculent au portillon des législatives, avec la mairie de Capesterre- Belle-Eau en ligne de mire. (Photo d'archives)

Neuf Capesterriens sont en lice pour les élections législatives avec, pour la plupart, les élections municipales de 2020 en perspective. Analyse des forces en présence.

« Quand le roi commence à tomber, on se prépare à prendre sa succession. » Jean-Philippe Courtois, suppléant d'Aramis Arbau aux élections législatives dans la 4e circonscription, ne croit pas si bien dire, pour expliquer le nombre pléthorique de candidats titulaires ou suppléants en lice pour succéder à Victorin Lurel à l'Assemblée nationale. Ils sont neuf sur la ligne de départ (cinq titulaires et quatre suppléants), dont deux membres de la majorité municipale.

Les titulaires :
- Alain Avril (La France qui ose), sans mandat électif, ayant pour suppléante Michaëlle Alexandre, une jeune Saint-Claudienne de la société civile.
- Eddy Claude-Maurice (divers droite), 2e adjoint au maire, conseiller communautaire, ayant pour suppléant Thierry Abelli, le maire de Bouillante.
- Camille Édouard (Parti communiste), ayant pour suppléante la Baillifienne Évelyne Danois, tous deux sans mandat électif.
- Jean-Marie Normertin (Combat ouvrier), premier secrétaire de la Confédération générale du travail de la Guadeloupe (CGTG), ayant pour suppléant Ernest Dahomé.
- Hugues Ramdini (divers gauche), conseiller municipal de l'opposition, conseiller communautaire et départemental, ayant pour suppléante la Basse- Terrienne Claire Lacroix, bien connue à Rivière-des- Pères sous le sobriquet de « Choupette » , proche de Lucette Michaux-Chevry.

Les suppléants :
- Manuelle Avril (divers gauche), conseillère départementale, suppléante du maire de Trois-Rivières, Hélène Vainqueur-Christophe (Fédération du Parti socialiste).
- Annette Barbot (divers gauche), conseillère municipale de l'opposition, suppléante de la Saint-Claudienne Évita Chevry (sans étiquette).
- Jean-Philippe Courtois (GUSR), conseiller régional de la majorité, suppléant du maire de Vieux-Habitants, Aramis Arbau (sans étiquette, investi par le GUSR).
- Jean-Yves Ramassamy (sans étiquette), 1er adjoint au maire, suppléant de la Baillifienne Sylvie Gustave-dit-Duflo (sans étiquette).
Capesterre-Belle-Eau bat ainsi un record en matière de candidatures à ces législatives. Et ceci, pour deux raisons essentielles : certains viennent mesurer leurs forces dans la perspective des municipales de 2020 et des départementales de 2021, tandis que d'autres vont tenter d'apporter quelques voix aux titulaires dont ils sont les suppléants. Ainsi, plusieurs candidats qui ont mené des combats ensemble il y a très peu de temps, se retrouveront adversaires. D'abord, au sein de la majorité municipale, entre les deux premiers adjoints du maire Joël Beau- gendre - Jean-Yves Ramassamy (un temps en dissidence mais revenu au bercail depuis) et Eddy Claude-Maurice - mais aussi dans les rangs de l'opposition. Il semble ainsi que chacun garde sa liberté et qu'en fonction des élections, certains font des choix qui peuvent brouiller la compréhension de l'électeur.
Les forces en présence
Un duo longtemps construit
Jean-Yves Ramassamy, dont on connaît la capacité à glisser vers les groupes qui vont dans le sens de ses objectifs - on l'a vu avec Victorin Lurel aux régionales contre son maire qui soutenait Ary Chalus - ne surprend personne en se rapprochant, aujourd'hui, de Sylvie Gustave-dit-Duflo, vice-présidente d'Ary Chalus à la Région, ancienne socialiste du temps de la splendeur de Victorin Lurel et soutien affirmé d'Emmanuel Macron désormais. Jean-Yves Ramassamy assure que c'est lui qui a proposé ses services à Sylvie Gustave-dit-Duflo depuis un an, dans cette perspective. Ils ont d'ailleurs été parmi les premiers à déposer leur candidature lundi matin.
Les jeunes coqs de Chaulet
Eddy Claude-Maurice (avec Thierry Abelli), pour sa part, sera le candidat de Philippe Chaulet, qui a annoncé depuis longtemps qu'il pèsera de tout son poids pour empêcher l'élection d'Aramis Arbau. L'ancien député et maire de Bouillante ne porte vraiment pas ce dernier dans son coeur, alors qu'il est pourtant de droite. Il lui reproche notamment d'être un menteur et un opportuniste. D'ailleurs, certains verront, à travers son récent rapprochement avec le GUSR, une preuve de cette capacité à surfer sur les bonnes vagues.
Ramdini perd deux dames
Autre cas particulier : Hugues Philippe Ramdini. Le conseiller départemental - qui a quitté la Fédération du Parti socialiste sans pour autant aller ailleurs - avait comme binôme en vue de l'accession au Département, Manuelle Avril. Cette fois-ci, celle-ci fera bande à part, puisqu'elle a accepté d'être la suppléante du maire de
Trois-Rivières, Hélène Vainqueur-Christophe. Plusieurs sources nous indiquent, cependant, qu'elle n'est pas en Guadeloupe pour des raisons familiales. Sera-t-elle là pour le lancement de la campagne ? Pas si sûr. Quoi qu'il en soit, elle ne devrait pas trop gêner son ancien binôme départemental. Quant à Annette Barbot, qui a mené la bataille des municipales avec le leader de l'Alliance capesterrienne, elle a opté pour l'avocate saint-claudienne Évita Chevry, qui se dit sans étiquette et de sensibilité de gauche (et non divers droite, comme écrit par erreur dans notre édition du week-end dernier).
Le jeune loup et le vieux renard
Pour ce qui est de Jean-Philippe Courtois, jeune loup aux dents longues, qui a déjà oublié ses premiers combats au sein des Inkorruptiples, il a su prendre le sillage d'Ary Chalus et du GUSR. Dès lors, il n'est pas surprenant qu'il soit suppléant d'Aramis Arbau, qui cherche à devenir au moins député comme son ennemi juré, Victorin Lurel, à défaut d'avoir la capacité à devenir ministre.
Le vieux renard habissois a cependant bien hésité à signer la charte imposée par le GUSR à tous les candidats qui ont été investis dimanche (lire notre édition de lundi), pour la simple raison qu'il souhaitait en discuter avec ses soutiens de droite, Luc Adémar et Marie-Luce Penchard. Il a apparemment obtenu leur aval, puisqu'il aurait signé cette charte lundi soir. Reste à savoir s'ils seront sur le terrain pour mener campagne avec lui, aux côtés des membres du GUSR.
Les communistes aussi
Les élections municipales sont aussi dans la ligne de mire du Parti communiste, représenté dans cette circonscription par Camille Édouard. L'ancien commissaire des Scouts de Guadeloupe, cadre au conseil départemental, se prépare à la conquête de la mairie de Capesterre-Belle-Eau, lui aussi. En attendant, il fallait qu'il soit dans la bataille pour mesurer sa popularité dans la commune. Son omniprésence dans le dernier conflit de l'eau allait dans le même sens. Et s'il a choisi de s'associer à une Baillifienne, ce n'est certainement pas dans l'espoir que les Baillifiens lui apportent les suffrages qui le propulseront à l'Assemblée nationale, tant le mini-cake électoral de cette commune est convoité par Sylvie Gustave-dit-Duflo mais aussi Hélène Vainqueur- Christophe, soutenue par Marie-Yveline Ponchateau et Aramis Arbau, qui devrait compter sur son binôme au conseil départemental, Marie-Lucile Breslau.
Pas pour les municipales
Deux exceptions à ces mariages stratégiques et ces calculs à visée lointaine. D'abord, Jean-Marie Nomertin, le syndicaliste. On sait depuis longtemps qu'il ne vient pas forcément pour gagner les élections ou pour mesurer son poids électoral. Il a pour objectif de profiter de la tribune des élections, quelles qu'elles soient, pour porter la voix des travailleurs qu'il défend à longueur d'année sur le terrain social, comme en témoigne sa dernière grande victoire face à la SA Bois-Debout. Il s'est associé à un fidèle compagnon de lutte, Ernest Dahomé, 72 ans, cadre retraité. La deuxième exception semble être Alain Avril, qui a longtemps oeuvré sous la bannière des Verts, mais qui, sans renier ses convictions écologiques, représentera La France qui ose, coopérative présidée par Rama
Yade. Les municipales ne sont pas dans son viseur. Il dit se retrouver dans la charte de ce mouvement qui tient compte de la réalité des Outre-Mer. Il s'est associé à une jeune Saint-Claudienne de la société civile, Michaëlle Alexandre.
Les duos sans Capesterrien
Capesterre-Belle-Eau n'est cependant pas représenté dans tous les duos. C'est le cas de cinq d'entre eux.
- Dominique Virassamy (sans étiquette) l'artisan couturier, fervant militant contre le Régime social des indépendants (RSI), a fait le choix de se tourner vers la Trois-Rivièrienne Josette Morvan, fondatrice de la section gourbeyrienne du Parti socialiste guadeloupéen de José Toribio.
- Sonia Pétro, la présidente des Républicains de Guadeloupe, qui devrait déposer sa candidature en préfecture ce mercredi, aurait fait le choix d'un suppléant de la société civile, Stiven Labrana, 34 ans, originaire de Bouillante, jeune chef d'entreprise à Basse-Terre.
- Guilhem Saltel, de la France insoumise, aura à ses côtés Rolande Tayalé, une Saint-Claudienne qui vit à Rivière-Sens/Gourbeyre.
- Claudia Boucher, de l'Association pour les Républicains d'Outre-Mer, aura comme suppléant le syndicaliste de la CFTC Claude Guillod.
- Christine Houblon, de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), dont le nom du suppléant ne nous a pas été communiqué.
Ces duos sans Capesterrien peuvent-ils profiter d'une déperdition des voix capesterriennes entre les candidats capesterriens ? C'est possible. C'est en tous les cas ce à quoi certains d'entre eux croient. Victorin Lurel a gagné sans avoir de suppléant capesterrien.
LE CHIFFRE 15 411
C'est le nombre d'électeurs inscrits à Capesterre- Belle-Eau, pour un nombre total de 63 308 inscrits sur toute la circonscription, soit un quart des suffrages potentiels (24,34%). Cependant, les Capesterriens sont généralement un peu plus de 50% à aller voter.
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VOS COMMENTAIRES
  • mécréant - 18.05.2017
    Des candidats, des candidats, aux élections politiques, législatives en vue de se placer pour certains, sonder le terrain, en ce qui concerne la prochaine municipale. En revanche, les sérieux problèmes, qui touchent la majorité des Guadeloupéens, se règlent sur les barrages !
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