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Santé et social veulent faire bon ménage

France-Antilles Guadeloupe 20.03.2017
Laurence BAPTISTE-SALOMON

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Santé et social veulent faire bon ménage
Sylvie Champrobert, responsable des métiers du travail, chef de pôle adjoint à la Direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, était parmi les inter venants de ce séminaire organisé par l'Ireps. (L.B.-S.)

Travailleurs sociaux et acteurs de la promotion de la santé poursuivent au final le même but : l'amélioration du bien-être des populations qu'ils prennent en charge. Mais ils se connaissent peu.

« Nous appartenons à des institutions qui mettent en place des politiques publiques et nous sommes acteurs de ces politiques publiques » , rappelle Josianne Jégu, directrice de l'Ireps Guadeloupe. Mais travailleurs sociaux (assistants sociaux, conseillers en économie sociale et familiale, etc.) et acteurs de promotion de la santé (infirmiers, aide-soignants, etc.) se connaissent mal.
Ils sont pourtant amenés à intervenir auprès des mêmes populations et partagent des objectifs, comme améliorer le bien-être et la santé de ces dernières. « Il s'avère que nous pourrions nous économiser et travailler de manière plus efficace » , complète Mme Jégu. L'Ireps était à l'initiative d'un séminaire, vendredi, à la salle George Tarer à Pointe-à-Pitre, sur cette thématique.
PJJ ET PROMOTION DE LA SANTÉ
Pour l'instant, les programmes en commun sont rares mais ceux déjà menés sont prometteurs. Par exemple, « la PJJ promotrice de santé » , lancée à l'échelle nationale en 2013. « Les mineurs que l'on suit n'accordent pas beaucoup d'importance à leur santé, ils ont aussi très peu d'estime d'eux-mêmes. Bon nombre des comportements et des attitudes démontrent un mal-être certain » , explique à l'assistance Geneviève Janin, infirmière et conseillère technique Promotion de la santé à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Or, elle constate qu'« un enfant qui ne va pas bien a plus de mal pour les apprentissages, à entrer dans une dynamique de projet et entamer un processus d'insertion » .
Mais intégrer l'importance de la promotion de la santé a nécessité une sensibilisation de toutes les équipes de la PJJ. Seul l'aspect physique était pris en compte, au départ. « On s'est aperçu que la santé n'était pas uniquement l'absence de maladie mais bien, comme le dit la définition [de l'Organisation mondiale de la santé], un état de bien-être physique, mental et social » , souligne l'infirmière.
La PJJ a établi un projet basé sur les cinq axes de la Charte d'Ottawa, qui définit la promotion de la santé (1). Parmi les actions menées : une plus grande importance accordée à l'accueil des jeunes et de leurs familles, ou la revalorisation du cadre de vie des jeunes grâce à la fabrication de meubles à partir de palettes. Ou encore la mise en place de théatres forums, de groupes de parole ou en aidant les jeunes à obtenir un premier diplôme, comme l'attestation de sécurité routière « qui leur montre qu'ils ne sont pas des « bons à rien » » . « La PJJ n'avait pas vocation à devenir promotrice de santé mais ce programme nous a permis de nous connaître et d'aller bien au-delà » , conclut Josianne Jégu.
Geneviève Janin, infirmière à la PJJ, a expliqué que la promotion de la santé est un axe important de réinsertion des jeunes en difficulté. (L.B.-S.)
(1) La mise en place de politiques positives pour la santé et le bien-être, la création d'environnements favorables à la santé et au bien-être, favoriser la participation des jeunes et de leurs familles, développer les aptitudes individuelles et optimiser le recours aux soins et à la prévention.
ELLE A DIT Josianne Jégu, directrice de l'Ireps Guadeloupe : « Vers plus de démocratie sociale »
(L.B.-S.)
« Sur le terrain, nous [travailleurs sociaux et acteurs de promotion de la santé] poursuivons un travail avec les populations, avec les mêmes valeurs, la même prise en compte de la solidarité, du bien-être des personnes. Nous travaillons tous avec cette notion : renforcer le pouvoir d'agir des personnes, ce que les Anglo-saxons appellent l'« empowerment » . Et pour mettre en place cela, nous sommes toujours un peu à l'étroit : pas assez nombreux, avec des budgets pas assez conséquents. [...] Alors, si nous mettions tout en place, toutes nos forces, méthodes et connaissances ensemble, nous avancerions davantage avec les populations et nous serions dans une démocratisation sociale plus importante. »
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