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LES ABYMES - AGLS, l'association qui aide les locataires à ne pas se faire expulser

France-Antilles Guadeloupe 12.04.2018
Annick FABRICE

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AGLS, l'association qui aide les locataires à ne pas se faire expulser
Pour plus d'efficacité des mesures qui pourront être prises, Marie-France Tirolien insiste pour que les familles réagissent très rapidement. Un ou deux mois après l'arrêt des paiements.

Afin d'aider les nombreuses familles qui ont des difficultés à payer leurs loyers, l'Association guadeloupéenne pour le logement social (AGLS) leur vient en aide. Quatre conseillères en économie sociale et familiale sont à leur disposition pour étudier leur situation et leur formuler des conseils.

Jusqu'à juin, mois du début de la période cyclonique, les familles qui résident dans les logements sociaux et qui ont des dettes de loyer risquent l'expulsion. Une humiliation qui peut être évitée si les personnes concernées prennent à temps les décisions qui s'imposent pour régler leur situation. Pour les aider, il existe depuis 1996, à l'initiative de trois bailleurs sociaux (Sig, SCPHLM et la Semsamar) l'Association guadeloupéenne pour le logement social (AGLS).
À son siège qui se trouve à Grand-Camp, quatre conseillères en économie sociale et familiale (CESF) peuvent recevoir les locataires sur rendez-vous, afin d'étudier leur dossier et leur prodiguer des conseils. « Il ne faut pas attendre des mois pour réagir. Dès les deux premiers mois d'impayés, il faut agir et ne surtout pas faire l'autruche. Il y a des gens qui préfèrent ne pas ouvrir les courriers de leur bailleur mais quand l'huissier vient c'est déjà trop tard. Quand on est arrivé à la fin de la procédure enclenchée par le bailleur, c'est-à-dire quand on est proche de la décision d'expulsion, on ne peut plus quasiment rien faire » , explique Marie-France Tirolien, la directrice.
En Guadeloupe, le nombre de loyers dus, met en danger certains bailleurs. L'un d'entre eux estimerait le manque à gagner à plus de 20 millions d'euros. Selon Marie-France Tirolien, la mauvaise gestion du budget familial est souvent la cause des difficultés rencontrées par les familles. « Beaucoup d'entre elles font des dépenses inconsidérées. Quand on perçoit, par exemple, le RSA, il est inconcevable de contracter un crédit de plus de 300 euros pour une voiture neuve. Il n'est pas raisonnable de s'acheter du mobilier de luxe qu'on doit payer par traite, à des montants très élevés » , poursuit la directrice.
« AIDER LES GENS À RÉPARER LEURS BÊTISES »
Elle ajoute aussitôt : « Nous ne sommes pas là pour juger mais pour aider les gens à réparer leurs bêtises » . Car il existe de nombreux locataires de bonne foi, qui acceptent qu'on guide leurs pas.
« Par exemple, on peut voir avec le concessionnaire automobile pour qu'il reprenne le véhicule. Il en est de même pour le vendeur de meubles. On peut aider à mettre un terme à un abonnement pour la télévision pour privilégier la TNT. On peut aussi demander à supprimer l'abonnement téléphonique au profit de la carte. Bref, on fait tout pour permettre à la personne d'effectuer des dépenses en fonction de ses revenus et ainsi lui permettre de payer son loyer. Parfois, il suffit d'un rien pour redresser la barre comme par exemple, préférer cuisiner à la maison plutôt que d'aller acheter du tout cuit, des sodas, des gâteaux. Pour la santé, ce n'est pas bon mais en plus, toutes ces dépenses alimentaires non indispensables grèvent dangereusement le budget. »
De même, des bons alimentaires peuvent être donnés le temps que dure la mauvaise passe. Selon des conditions spécifiques, les personnes peuvent aussi bénéficier d'une aide du Fonds de solidarité pour le logement. Le plafond est de 1 800 euros. Une somme qui s'avère bien souvent insuffisante pour régler la totalité de la dette. « Raison pour laquelle les familles qui veulent s'en sortir doivent accepter l'accompagnement qu'on leur propose pour ne pas vivre une expulsion. C'est un acte traumatisant pour les parents mais aussi pour les enfants. »
Si Marie-France Tirolien insiste c'est parce que trop de familles refusent les conseils dispensés -ils sont 10% environ - espérant se faire oublier du bailleur. Mais un jour ou l'autre, la sanction tombe et met en cause l'équilibre familial et parfois même, l'avenir des enfants.
Horaires d'ouverture : lundi, mardi et jeudi : 7 h 30 - 12 h 30 et 13 h 30 - 16 heures ; mercredi et vendredi : 7 h 30 - 13 h 30 Tél. 05 90 83 55 28
Courriel : logementsocial@orange.fr Adresse : 700 résidence Les Sylphides à Grand-Camp
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VOS COMMENTAIRES
  • mécréant - 12.04.2018
    Très bonne initiative,c nécessaire en Gpe une telle association,bon vent !
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