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À Saint-James, la vie continue avec des cases en moins

France-Antilles Guadeloupe 13.09.2017
Boris COLOMBET

1RÉAGIR

À Saint-James, la vie continue avec des cases en moins
Dans le quartier de Saint-James, c'est une succession de coups de marteau. Le défi à relever : fabriquer au plus vite une nouvelle toiture.

Dans ce quartier populaire de Marigot, beaucoup de constructions n'étaient pas en dur et ont été rasées par Irma. Une situation qui n'empêche pas Madame Georges de vendre ou donner ses légumes et à Hervilia de reconstruire sa case, faite de tôles et de bois.

. Des habitants de Saint-James n'ont plus de voisins depuis le passage d'Irma. « Leurs maisons ont explosé. Elles n'existent plus. Mais bon, on n'a pas de morts ici. Tout le monde a pu se mettre à l'abri » , livre une habitante en pointant un morne rasé.
Dans ce quartier populaire de Marigot, les habitations qui n'étaient pas en dur ont quasiment toutes été soufflées. Sans surprise, les murs en bois n'ont pas du tout apprécié les vents de 300 km/h. Quant aux toitures en tôles, elles ont déménagé ailleurs. Madame Georges, une Dominiquaise ayant vécu en Guadeloupe et maintenant installée à Saint-Martin depuis 27 ans, a perdu son commerce de la sorte. Enfin presque... « Je travaille là. Mais comme tu vois, l'arbre est tombé sur la boutique. Alors je ne peux plus vendre à l'intérieur. »
« QUAND LES GENS ONT DE L'ARGENT ILS PAIENT, SINON JE DONNE »
Pas grave : c'est désormais depuis sa camionnette, stationnée devant son magasin tombé comme un château de cartes qu'elle poursuit son activité. Pour elle, c'était juste naturel : « Tu sais ce qui se passe ici, depuis le « hurricane » . Il n'y a pas tellement à manger pour le moment. Alors je suis là. » À notre arrivée, en toute fin de matinée, madame Georges regrettait juste de ne pouvoir nous montrer autre chose que « les bananes plantains, patates douces, avocats et des racines. Normalement, il y a presque tout mais là, c'est fini. Les gens sont venus et ont tout pris. »
Et si le job de madame Georges cartonne autant, ce n'est pas uniquement dû à la qualité de ses produits. C'est aussi parce qu'elle n'a pas fait flamber ses prix. « S'il n'y a pas d'argent, je donne. S'il y a l'argent, on paie. C'est comme ça la vie. »
De nombreuses maisons ont été totalement rasées sur les hauteurs de Saint-James, quartier populaire de Marigot.
Derrière ce camion se trouvait le commerce de Madame Georges. Un arbre l'a écrasé comme un château de cartes.
« ON VA SE BATTRE POUR TOUT RECONSTRUIRE »
Un peu plus loin, Hervilia a d'autres soucis. Assise sur une chaise en plastique dans son jardin dévasté, elle suit avec attention les coups de marteau que donne son fils. Toute une toiture est à refaire. « Ma maison est partie. Mais un peu moins que les voisins. Alors ça va. J'ai pas à me plaindre. Regarde tout autour. C'est beaucoup de problèmes ça. » Son fils repend en s'accordant une pause : « Dans ce genre de situation, on laisse la maison et on cherche à s'abriter ailleurs. Il n'y a pas le choix quand tout se casse. » Il l'assure : « Tu sais, aujourd'hui, on est là mais il n'y a plus de quotidien. Tout s'est arrêté. Alors on va se battre pour tout reconstruire, mais ce n'est pas une vie. »
Les cases faites de tôles et de bois ont sans surprise très mal résisté à la fureur des vents d'Irma.
Au numéro 31, Her vilia avait des voisins. Depuis le passage d'Irma, ce n'est désormais plus le cas.
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VOS COMMENTAIRES
  • saindou - 14.09.2017

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • raslebol - 14.09.2017
    Mwem ka mande, ola pep la sa ka pren tout foss la. Big up pou yo. Il faut veiller qu'il profite de l'aide genereuse de l'etat pour aider a reconstruire solide. Tout est lobbying. La voix des plus demunis devra s'exprimer avec force. Il faudrait un collectif qui les represente pour ne pas etre servi en dernier.
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