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Didier Leschi, préfet délégué et directeur général de l'Ofii : « Le nombre de demandeurs d'asile a diminué de 50% en Guadeloupe »

France-Antilles Guadeloupe 12.06.2018
Propos recueillis par Boris COLOMBET

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Didier Leschi, préfet délégué et directeur général de l'Ofii : « Le nombre de demandeurs d'asile a diminué de 50% en Guadeloupe »

L'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a inauguré ses nouveaux locaux, à Grand-Camp, aux Abymes. L'occasion de revenir sur les missions de cet établissement public et sur l'état de l'immigration en Guadeloupe.

L'Ofii ne se plaisait plus à Chanzy ?
Nos anciens locaux, qui se situaient boulevard Chanzy, à Pointe-à-Pitre, au niveau de la Caisse d'Épargne, n'étaient plus vraiment fonctionnels. Mais ce projet de déménagement vers un site plus adapté a, malgré tout, mis quatre ans à aboutir.
Pourquoi cela a-t-il été aussi long ?
Il fallait vérifier qu'il n'existait pas d'autres locaux disponibles appartenant à l'État. Comme nous n'en avions pas, nous nous sommes rabattus sur les bureaux que nous inaugurons aujourd'hui. Il s'agit d'un local privé, que nous louons à un prix à peu près équivalent à ce qu'on avait avant. Différence notable : nous disposons de beaucoup plus de place, ce qui, pour l'Ofii, est une très belle opération.
Autre originalité, vous partagez ces bureaux avec la préfecture. C'est d'ailleurs écrit en gros sur le bâtiment : « Guichet unique des demandeurs d'asile de la Guadeloupe » ...
Absolument. Sauf que cette situation n'est pas propre à la Guadeloupe. Nous partageons de plus en plus nos locaux avec les préfectures pour justement proposer un guichet unique. C'est quelque chose de logique, puisque nous sommes amenés à travailler ensemble. L'Ofii dispose toutefois de missions spécifiques. Nous sommes chargés, par exemple, de tout ce qui concerne les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Avec deux aspects bien distincts : l'orientation vers une solution d'hébergement et le versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Globalement, sur le plan national, nous suivons aujourd'hui 124 000 personnes relevant de cette allocation pour demandeur d'asile et nous disposons d'un parc d'hébergement, occupé à 98%, qui est d'à peu près 89 000 places.
Et sur le plan local ? Quel portrait peut-on dresser de l'immigration ?
En Guadeloupe, comme en Martinique, nous avons moins de demandeurs d'asile d'une année à l'autre, alors qu'au plan national, nous observons au contraire une demande très importante de ces demandes, en augmentation d'environ 20% chaque année. C'est notamment vrai pour l'Hexagone et certains départements d'Outre-mer, comme la Guyane, La Réunion et Mayotte. En revanche, la Guadeloupe et la Martinique font exception, puisque d'une année sur l'autre, nous enregistrons une baisse de 50% des demandes d'asile.
Que vont trouver les demandeurs d'asile, dans vos nouveaux locaux ?
Notre principale activité n'est pas de traiter en nombre la demande d'asile. La mission qui nous a été confiée par le gouvernement, c'est tout ce qui a trait au contrat d'intégration républicaine. Cela signifie que nous accueillons, pour les accompagner, tous ceux qui ont un droit de séjour en France, que ce soit pour des rapprochements familiaux ou pour des raisons professionnelles. Parmi les aides à l'intégration, nous proposons, par exemple, l'apprentissage du français. Ce sujet était d'ailleurs en discussion au comité interministériel pour l'intégration il y a encore deux jours. Le Premier ministre a décidé de doubler le nombre d'heures proposé aux migrants. Elles passent de 200 à 400 heures d'enseignement. Et même 600 heures pour ceux qui ne maîtrisent pas du tout la lecture et l'écriture, même dans leur propre langue. Autre nouveauté qui s'appliquera également à la Guadeloupe, c'est le doublement des heures de formation civique qui passent de 12 à 24 heures. »
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VOS COMMENTAIRES
  • moranus - 13.06.2018
    La Guadeloupe pas assez attractive?
    Les demandeurs d'asile ne sont pas tous fous pour venir croupir dans les sargasses et la consanguinité!
  • lenaif1 - 12.06.2018

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • lenaif1 - 12.06.2018
    FERMEZ LES VANNES
    un pays qui ne contrôle pas ses frontières n'est pas libre chez vous il y a bien une porte avec une serrure au bout de l'hameçon il y a la carte vitale , la CMU , les allocs , l'apl etc ...il serait interessant d'avoir les chiffres de la BARBADE , les plages de capesterre , des salines sont à surveiller
  • tiGWI - 12.06.2018
    Qu'est ce que cela a à voir que ce soit un archipel ou pas ?
    Un archipel c'est tout simplement un groupe d'île alors... ?
  • rose - 12.06.2018
    Un archipel est petit , donc plus fragile. Pourquoi un réfugié voudrait vivre dans un archipel français alors qu'il vient d'un grand pays spacieux? Pourquoi un réfugié viendrait en Guadeloupe alors que c'est ce même réfugié qui crie au colonialisme dans son pays ? . Existe t-il un bureau à l'île de Ré ou d’Orléron (en métropole) ? Qui ont eux aussi ont un fort taux de chomage.
  • tiGWI - 13.06.2018
    l'Indonésie est un archipel il n'est pas petit.
  • rose - 12.06.2018
    Ce genre de bureau ne devrait pas exister dans un si petit archipel . C'est un encouragement à la délinquance .
  • rose - 12.06.2018
    Toutes les demandes d'asiles devraient être refusées dans cet ARCHIPEL . Pourquoi Saint-Pierre et Miquelon ne connait pas ce phénomène ? C'est un archipel n'est-ce pas?
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