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Seniors et étudiants : une cohabitation innovante

France-Antilles Guadeloupe 07.10.2018
Sarah BALAY

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Seniors et étudiants : une cohabitation innovante
Les intérêts de la cohabitation solidaire sont multiples. (Photo d'illustration)

Dans le cadre de la journée internationale des personnes âgées, un séminaire de partage d'expériences et de dispositifs de réussite était organisé mercredi, aux Abymes. L'occasion pour l'association Siyal d'évoquer la « cohabitation solidaire » .

L'idée est originale et a le mérite d'exister. En vogue depuis la terrible canicule de 2003 dans l'Hexagone (surmortalité de 70% chez les 75 ans et plus), la cohabitation solidaire fait ses premiers pas en Guadeloupe.
Le principe ? Un(e) étudiant(e) qui cherche un logement a la possibilité de vivre chez une personne âgée. Il a le choix entre deux formes de cohabitation : le logement solidaire avec un soutien quotidien, pour moins de 100 euros par mois, ou le logement convivial, qui exige moins d'engagement vis-à-vis de l'aîné, pour 200 euros par mois.
Les intérêts sont multiples : permettre à l'étudiant de profiter d'un logement convivial, proche de son lieu de formation, assurer le partage d'expérience et de style de vie entre les générations, mais surtout, rompre l'isolement des personnes âgées tout en garantissant la sécurité et l'hygiène de vie des cohabitants.
Cette promotion du logement « intergénérationnel » est pilotée, chez nous, par l'association Siyal depuis 2014. Un retour d'expérience que la structure a partagé mercredi matin, aux Abymes, à l'occasion d'un séminaire, organisé par l'Uriopss (voir ci contre) sur le thème « Bien vivre chez soi : projets innovants et expérimentaux pour le maintien à domicile des aînés » .
« ALERTER EN CAS DE BESOIN »
« En quatre ans, nous avons pu faire héberger une trentaine de jeunes (de Guadeloupe, Martinique, Guyane ou de l'Hexagone), confie Diana Relmy, présidente de Siyal. L'idéal serait d'en compter une cinquantaine par an! » Pour trouver les jeunes candidats, l'association s'appuie sur des partenaires comme le Crous (1), les centres de formation, les centres d'apprentissage, etc. Pour recruter les personnes âgées volontaires, Siyal s'adresse à d'autres associations ou compte sur le bouche à oreille. La vingtaine de membres de l'association sillonne ainsi la Guadeloupe pour rencontrer et sélectionner les futurs cohabitants tout en assurant un suivi rigoureux.
« La présence du jeune ne doit pas changer les habitudes de vie du senior, poursuit Diana Relmy. Ce dernier doit gérer sa nourriture et ne doit remplacer ni une aide à domicile, ni une infirmière, ni une auxiliaire de vie ou encore une femme de ménage. Il est là pour rendre quelques menus services (vaisselle, poubelle, etc), mais surtout pour offrir une présence rassurante et alerter en cas de besoin, la famille, le médecin ou le Samu. » Aujourd'hui, Siyal aimerait développer davantage son activité et surtout bénéficier d'un local fixe pour recevoir. Elle a récemment signé une convention avec l'Urma (université régionale des métiers et de l'artisanat) de Basse-Terre, du Raizet (Abymes) et de Saint-Martin. « Nous avons des apprentis de Saint-Martin qui vont être hébergés une semaine par mois en Guadeloupe pour suivre leur formation, se réjouit Diana Relmy. À cette occasion, nous recherchons des seniors sur Basse-Terre et Saint-Claude qui acceptent d'ouvrir leur porte. »
Dans le cadre de son activité Siyal fait également du signalement en cas de personnes âgées en difficulté.
(1) Crous : centre régional des oeuvres universitaires et scolaires. Contact : 06 90 62 06 78. www.siyalgwada.fr. yonnlot.dom@gmail.com.
Développer les solidarités
À l'origine du séminaire sur le thème de « Bien vivre chez soi » : l'union régionale Interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux de Guadeloupe (Uriopss). Créée en 1998, elle est une des déclinaisons de l'union nationale (Uniopss). Ses missions : unir les associations pour développer les solidarités, jouer le rôle d'interface entre le secteur qu'elle représente et les pouvoirs publics, animer la réflexion et dégager des mesures prospectives, réagir à l'actualité et construire des propositions de réponses aux problématiques posées.
L'Uriopss Guadeloupe gère un centre de ressources et un observatoire des inadaptations et des handicaps (CR-OIH). Ce centre est un établissement au service des décideurs publics, mais aussi des professionnels et des étudiants du secteur social et médico-social.
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