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Irus, triathlète métronome

France-Antilles Guadeloupe 16.03.2017
S.P

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Irus, triathlète métronome
Même s'il ne cherche pas de qualification dimanche, Jean-Benoît Irus prendra part dimanche à l'half-ironman de Porto Rico le couteau entre les dents. (S.P.)

Dimanche, Jean-Benoît Irus s'alignera sur le triathlon longue distance de Porto Rico. À 38 ans, le triathlète des Grenouilles Bleues pense à performer et espère surtout faire le point sur son état de forme en vue de l'Embrunman, en août. Le champion de Guadeloupe de duathlon espère aussi valider une préparation menée de manière autodidacte.

À l'heure des méthodes d'entraînement hyperscientifiques, Jean-Benoît Irus est un triathlète totalement dans son époque, à un détail près : il s'entraîne sans coach. « Financièrement c'est déjà difficile d'assumer le matériel et les déplacements. Il y a beaucoup de sources ouvertes pour s'entraîner seul, alors j'en profite » , explique le sociétaire des Grenouilles Bleues qui s'envole aujourd'hui pour Porto Rico. Livres, magazines et surtout Internet et réseaux sociaux, Irus s'informe sur tous les supports disponibles afin de boucler ses 16 heures d'entraînement hebdomadaires, répartis sur les trois sports : natation, vélo et course à pied.
PORTO RICO POUR SE RÉGLER
Après un an et demi de pratique, le militaire du RSMA s'alignera dimanche sur son deuxième triathlon de distance « half-ironman » , à Porto Rico (voir encadré) après une mauvaise expérience vécue sur le Gwadlouptri en 2016, alors qu'il n'avait que six mois de pratique. « C'était une galère. J'ai terminé en près de 5 h 30, j'ai eu un problème mécanique à vélo et du coup c'était compliqué à pied. » Dimanche, le champion de Guadeloupe de duathlon espère passer sous les cinq heures et rêve d'être sous les 4 h 45, pour valider une préparation rigoureuse et conséquente. Même si la course est qualificative pour les championnats du monde de la distance, le triathlète des Grenouilles Bleues ne court pas après le fameux « slot » (qualification), ses objectifs sont ailleurs. « J'arrive en toute humilité sur Porto Rico, mon objectif principal reste l'Embrunman le 15 août. Il y a peu de courses et l'entraînement c'est bien joli mais il faut se tester. Cela va me permettre de me caler, d'essayer ma façon de m'alimenter sur une longue distance. »
L'EMBRUNMAN DANS LE VISEUR
La distance justement, est exceptionnelle sur l'Embrunman (voir encadré). Après s'être juré de ne jamais prendre le départ de ce type d'épreuve, Jean-Benoît Irus s'est littéralement « fait embarquer » par ses compagnons de jeu. « Je suis passionné et le fait d'en parler avec mes amis m'a motivé. C'est l'occasion ou jamais car l'an prochain je change de mission et de lieu de travail et je ne sais pas dans quelles conditions je pourrais me préparer » , avoue-t-il, lucide. « Pour l'instant, j'ai validé les blocs que je voulais, sans blessure. J'ai passé des paliers, notamment consolidé ma position sur le vélo et amélioré ma foulée. » À quatre jours de sa première épreuve de la saison, Irus s'estime donc en bonne condition pour aborder les cinq difficiles heures de course à San Juan. Après une natation rapide dans le lagon, les athlètes auront à lutter contre le vent en bord de mer et terminer la course à pied dans les difficiles côtes du vieux quartier de la capitale.
Ces épreuves hors norme demandent une préparation conséquente et une adhésion de l'entourage. « Je ne suis pas professionnel et ma famille comprend mes passions. Mes enfants ont aussi pris goût à la discipline, c'est une façon de s'épanouir très équilibrée » , concède Irus qui avait rendez-vous pour une séance de cryothérapie avant son départ. « On me l'a offert pour Noël, je mets toutes les chances de mon côté même si ça ne fait pas gagner deux minutes » , explique-t-il, passionné et rigoureux, jusqu'au bout.
ILS ONT DIT
Philippe Clerc, Vétiver Triathlon. Qualifié pour les championnats du monde : « Je veux ma revanche aux championnats du monde »
« Je me suis bien entraîné, cela devrait aller. J'ai déjà ma qualification et j'y vais pour prendre une bonne place. J'ai déjà gagné à Porto Rico et fait 2e. Aux championnats du monde, je veux ma revanche de 2015 en Autriche, où j'avais eu des crampes. »
Grégory Betoule, Triathlète : « Entre 5 h 15 et 5 h 30 »
« Je suis marathonien et je tente l'aventure une seconde fois en triathlon avec une vraie préparation cette fois-ci. Je vise entre 5 h 15 et 5 h 30, en dessous ce serait le Graal. La partie à pied, vallonée, ne sera peut-être pas un avantage car je préfère les parcours roulants. »
Les Guadeloupéens engagés à Porto Rico
Six triathlètes guadeloupéens participeront au « 70.3 » de Porto Rico (1,9 km de natation, 90 de vélo et 21 à pied), dimanche. Olivier Noglotte (Dynamiques de Deshaies), Philippe Clerc (Vétiver Triathlon), Adrien Alexandre (Amis de la natation), Jean-Benoît Irus et Jean-Marc Vautier (Grenouilles Bleues) et Grégory Betoule. Le 9 septembre, Noglotte et Clerc seront au départ des championnats du monde, sur la même distance, à Chattanooga dans le Tennessee. Ils avaient décroché leurs tickets à Miami en octobre, après l'avoir emporté dans leurs catégories. Ils participeront donc dimanche, sans objectif de qualification.
L'Embrunman
L'Embrunman est un triathlon mythique, l'un des plus anciens (34e édition). Au départ d'Embrun (Hautes-Alpes) le 15 août, les 2 000 athlètes auront à parcourir 3,8 km de natation (avec un départ de nuit), 180 km de vélo en montagne (en passant par le célèbre col de l'Izoard) et 42 km de course à pied dans les rues de la ville. Jean-Benoît Irus retrouvera Bertrand Philipon, deux fois finisher et ancien membre des Grenouilles Bleues.
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