Selon certains bruits, vous êtes en passe de déposer votre candidature à la présidence de la Ligue régionale. Qu'en est-il ?
INTERVIEW. Elle est déposée depuis hier soir (jeudi soir, NDLR). Il y avait une réunion pour confirmer à la ligue les candidatures déposées le 5 octobre et la mienne a été retenue. C'est donc une bonne nouvelle. Quels projets souhaitez-vous mettre en place avec votre équipe ?
Il y a tellement de choses à mettre en place et à faire avec les clubs. Ils ont besoin d'une dynamique car notre athlétisme est un petit peu en stand-by. Dans cette ligue, on n'a pas de projet, rien n'est défini, il n'y a pas de ligne directrice. Je viens avec un projet, mais en même temps ce n'est pas quelque chose que je veux imposer aux gens. Je souhaite que ce soit fait en concertation avec les personnes déjà présentes et avec les présidents de clubs. Pendant quelques mois, j'ai fait le tour des clubs pour comprendre leurs problèmes et voir ce que les présidents attendent de moi. C'est ce qui m'a motivé à poser ma candidature. Le renouvellement du Conseil d'administration de la ligue aura lieu le 21 octobre. L'actuel président Camille Élisabeth a déclaré ne pas vouloir se représenter face à vous. Est-ce que cela veut dire que vous avez un boulevard devant vous ?
C'est une élection et je pars du principe que tant qu'on n'a pas franchi la ligne d'arrivée, la course n'est pas gagnée. Donc rien n'est fait. Le plan Antilles-Guyane pour le développement du sport et particulièrement de l'athlétisme est-il suffisant ? Où en est-on concrètement ?
Le plan Caraïbe (désormais appelé plan Antilles-Guyane, NDLR) fonctionne très bien mais ça serait bien qu'en complément il y ait une ligue aussi dynamique. Ça pourrait faire avancer. Le financement de la ligue est exclusivement public. Vous déclarez vouloir frapper aux portes du secteur privé pour développer l'athlétisme. En ces temps de crise, n'est-ce pas un peu audacieux ?
Les autres ligues le font donc il n'y a pas de raison pour qu'on ne puisse pas faire la même chose. Il faut aller voir les gens même en temps de crise. Quand on s'investit pour la jeunesse, c'est un investissement pour l'avenir, je suis confiante. Comme toutes les autres ligues, on va continuer à travailler avec la Région et le Département car la ligue est financée à 100% par ces instances et heureusement d'ailleurs! Quels sont les problèmes de l'athlétisme en Guadeloupe ?
C'est un problème global. Mais en même temps les gens doivent aller voir ce qui se passe à l'extérieur. Il ne faut pas forcément copier ce que font les voisins mais il y a des choses à prendre. Quel est votre regard sur la situation de Johanna Danois, seule athlète de haut niveau restée au pays et qui peste contre le manque de soutien de la discipline ?
Johanna, si elle veut rester ici, il faut l'encourager. Elle est sur le point de signer une convention avec un organisme donc sur le plan professionnel, les choses vont normalement s'arranger. Mais c'est le choix de Johanna et ce qu'il y a autour, il faut en accepter les conséquences. Que pensez-vous de Wilhem Belocian (recordman de France junior du 110 m haies en 13''12, NDLR) ? Doit-il s'exiler pour continuer à progresser ?
C'est un gamin qui est encore trop jeune pour partir. Il devrait rester encore ici sous la coupe de son entraîneur et de son club car on a trop tendance à faire partir les jeunes très vite du département. Il a du potentiel. De voir des jeunes comme lui, ça nous rassure, mais il faut les accompagner. Moi ça m'encourage. Quel est votre regard sur les athlètes guadeloupéens et sur leurs performances ?
Pas mal de jeunes ont montré leur potentiel, mais en général ce sont des gamins qui sont bons jusqu'à la catégorie juniors. Après, on n'arrive pas à faire le petit plus pour qu'ils deviennent compétitifs dans la catégorie élite seniors. Il y a un travail à faire pour les suivre et les accompagner s'ils veulent rester. Il doit y avoir des gens pour les aider s'ils partent pour la Métropole, même si ce n'est pas non plus la seule solution de partir là-bas. La Guadeloupe sort de moins en moins de champions en athlétisme. Depuis Christine Arron et vous, c'est un peu le désert...
Il y en a en effet de moins en moins et c'est la raison pour laquelle j'ai posé ma candidature. J'ai envie de m'investir et que l'athlétisme retrouve la place qu'elle a occupée en équipe de France car nous étions très nombreux et très performants.