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DEPART LE 4 NOVEMBRE 2018 - Kéni Piperol, skipper guadeloupéen (non engagé) : « Ne pas brûler les étapes »

France-Antilles Guadeloupe 02.11.2018
Emmanuelle LERONDEAU

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Kéni Piperol, skipper guadeloupéen (non engagé) : « Ne pas brûler les étapes »
(Sylvain PIGEAU)

Remarqué lors de la dernière Mini-Transat (4e en 2017), Kéni Piperol, 22 ans, est spécialement venu de Lorient soutenir les Guadeloupéens engagés au départ de cette 11e édition de la Route du Rhum. Mais le plus prometteur de nos marins n'est pas seulement à Saint-Malo pour encourager ses aînés, puisqu'il se projette déjà sur l'édition 2022.

VOILE-ROUTE DU RHUM.À Saint-Malo, Emmanuelle LERONDEAU
Vous étiez pressenti pour faire cette Route du Rhum, vous avez dit non, pourquoi ?
C'est vrai que j'étais pressenti pour faire cette Route du Rhum, j'y étais surtout poussé par la Région Guadeloupe en fait. Je crois savoir que certains n'ont pas compris ma décision de refuser de m'engager. Mais je ne voulais pas mentir aux Guadeloupéens en leur promettant de gagner la Route du Rhum 2018, fort de mon « exploit » sur la MiniTransat (il avait terminé à la 4e place, en 2017 pour sa première participation, NDLR). J'estime qu'une telle course se prépare en quatre ans. Si la Route du Rhum a cette périodicité, ce n'est pas pour rien.
Que voulez-vous dire ?
Cette course nécessite quatre ans de préparation : pour trouver un bon bateau, un budget, une équipe pour travailler. J'ai, avant tout, voulu être honnête. Après ma Mini-Transat et une saison usante, j'étais très fatigué. J'ai estimé que je devais continuer à progresser et ne pas brûler les étapes. Je pense que je suis perfectible, c'est pourquoi je voulais encore revenir sur la MiniTransat, en 2019, avec un bateau neuf et ainsi mettre plus de chances de mon côté pour aller chercher de meilleures performances.
Vous voilà tout droit venu de Lorient pour Saint-Malo. Est-ce pour encourager les autres skippers guadeloupéens, ou pour prendre la température d'un projet futur ?
Il est clair que ça donne envie, c'est un beau village. On se croisait déjà pas mal avec les autres skippers guadeloupéens à Lorient, où ils se préparaient, notamment Willy Bissainte, Carl Chipotel ou encore Luc Coquelin. Je suis là pour les encourager à faire de leur mieux. Bien entendu, ça me donne aussi un avant-goût de ce que seront pour moi les quatre prochaines années. C'est aussi mon premier départ de Route du Rhum, c'est assez magique. Je serai aussi à l'arrivée.
Quel est votre programme pour les mois et années à venir ?
Je continue ma préparation pour la Mini-Transat. J'ai le bateau, je m'entraîne. Je continue aussi à chercher des partenaires. Et d'ailleurs, c'est là que le bât blesse. Je commence vraiment à coincer au niveau financier. Les prochains mois vont être consacrés à la recherche de sponsors. J'ai sorti le bateau de l'eau, il est neuf, mais il mériterait un chantier d'hiver pour l'optimiser. Il y a pas mal de choses à modifier. Pour cela, forcément, il faut de l'argent, sans quoi je ne pourrais pas continuer l'année prochaine. C'est donc une course contre la montre qui s'engage pour l'année 2019.
Le temps presse...
Oui, la Mini-Transat, c'est au mois d'octobre, ce qui me laisse moins d'un an pour me préparer. J'espère sincèrement que le scénario de 2017 ne va pas se reproduire. Pas en termes de performance, puisque ma 4e place a été remarquée, mais en termes de préparation.
Elle a été difficile avec peu de moyens et beaucoup de sacrifices. Pour progresser, j'aimerais être un peu plus à l'aise.
Quel est justement le budget à trouver ?
À la base, le budget était de 220 000 euros pour deux ans. J'ai emprunté beaucoup d'argent pour acheter le bateau. Certains partenaires m'ont aidé à l'équiper, d'autres ont cru en moi et me soutiennent pour chercher d'autres sponsors. J'ai payé les inscriptions aux courses. D'ailleurs, sur les trois courses que j'ai faites cette année, j'ai fini deux fois sur le podium. Ça montre que le potentiel est là. Mais il me manque encore de l'argent. Avec 50 000 euros, je serai au départ de la Mini-Transat, mais j'aurais toujours des dettes. Avec plus, je pourrai rembourser mon prêt.
Armel Le Cleach', l'un des favoris, salue la foule massée sur les remparts, à deux jours du départ. (Sylvain PIGEAU)
Comme à son habitude, le skipper guadeloupéen Luc Coquelin a assuré le show avec son groupe de musique pop-rock. (Sylvain PIGEAU)
Rodolphe Sépho a pris le temps, malgré le rush d'avant départ, de recevoir, hier, une classe de 5e du collège Matéliane, à Goyave. L'établissement où Rodolphe a été scolarisé. Accompagnés de leur assistant d'éducation, Nahala Delver, les quinze élèves sont arrivés lundi dernier à Saint-Malo et n'en repartiront pas avant lundi. (FXG)
Chaque année, malgré le froid, le public répond en nombre pour admirer les bateaux et leur skipper, dans les allées du village départ, à Saint-Malo. (Sylvain PIGEAU)
Les skippers ont souhaité médiatiser leur prise de position, en faveur de l'Aquarius. (Sylvain PIGEAU)
Notre supplément, demain
Ce samedi, retrouvez notre cahier Route du Rhum de 16 pages, grâce au travail de nos journalistes Emmanuelle Lerondeau, Sylvain Pigeau et François-Xavier Guillerm, présents à Saint-Malo. Une édition à ne pas manquer pour tout savoir, à la veille du départ.
Kéni Piperol en un clin d'oeil
Issu de la formation Guadeloupe Grand Large, initiée par la Région Guadeloupe, Kéni Piperol s'est lancé dans la course au large lors de sa participation à la Transat AG2R La Mondiale, au mois d'avril 2016. Course à laquelle le jeune skipper a pu participer après une rude épreuve de sélection basée sur les capacités physiques et mentales. Grâce à cette belle expérience, le Guadeloupéen a pris le départ de la Transat Québec Saint-Malo et de la Mini Transat La Boulangère 2017, où il a terminé à la 4e place, un exploit pour sa première participation. Kéni souhaite de nouveau s'aligner au départ de la Mini-Transat 2019, pour la gagner, en vue de la Route du Rhum 2022.
Sept skippers se mobilisent pour l'Aquarius et SOS Méditerrannée
François Gabart et Romain Pilliard, skippers de la classe Ultime, Isabelle Joschke et Alexia Barrier (IMOCA), Thibaut Vauchel-Camus (Multi50), Luke Berry et Kito de Pavant (Class 40), se sont retrouvés mercredi sur le Class 40 « Made in Midi » de ce dernier pour s'engager publiquement aux côtés des marins sauveteurs de l'Aquarius, Antoine, Tugdual et Théo (également nageur-sauveteur SNSM sur la Route du rhum). Ensemble, ils voulaient rappeler cette règle incontournable : « L'assistance en mer est une obligation pour tout marin. »
Par cet engagement, les sept skippers ont pris publiquement la parole pour que l'Aquarius retrouve au plus vite un pavillon et puisse reprendre la mer et sa mission d'assistance. Depuis 4 ans, plus de 15 000 hommes, femmes et enfants sont morts noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. SOS Méditerranée est une association européenne de citoyens qui affrète l'Aquarius pour leur porter secours. En deux ans et demi, 29 523 personnes ont été secourues dont 23% sont des mineurs. Une personne sur huit qui traverse la Méditerrannée y laisse sa vie. Chaque jour en mer coûte 11 000 euros et 93% du budget de SOS Méditerrannée provient de dons privés. « Je suis sidéré que le sauvetage en mer soit visiblement devenu un délit » , a réagi Kito de Pavant. Alexia Barrier a choisi de faire sa qualification pour la Route du Rhum en Méditerranée, « une mer que je refuse de voir se transformer en cimetière sans rien faire » . François Gabart soutient SOS Méditerrannée depuis longtemps :
« L'assistance à personnes en danger est universelle. Aider à sauver des vies ne résout pas tout, mais c'est déjà ça... »
FXG, à Saint-Malo
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VOS COMMENTAIRES
  • elsa - 04.11.2018
    Qui moun ?
    C'est qui ce gars là ? connait pas !
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