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BAIE-MAHAULT - L'ambiance de la Toussaint « an tan lontan »

France-Antilles Guadeloupe 04.11.2018
NORCIDÉ

2RÉAGIR

L'ambiance de la Toussaint « an tan lontan »
Comme autrefois, les coutumes demeurent, même si elles sont moins fortes qu'avant. Cette marchande s'est installée aux abords du cimetière pour vendre aux visiteurs des douceurs des « cornets pistache » et autres. (Norcidé)

L'ambiance d'aujourd'hui, dans les cimetières, n'est pas celle d'autrefois. Quelques aînés de la commune racontent leurs souvenirs avec nostalgie.

En ces jours de fête de Toussaint, les aînés nostalgiques se souviennent encore des va-et-vient de seaux et de brouettes remplis d'eau et de sable qui servaient à remonter une tombe affaissée avant de l'entourer de conques de lambi. À la fin des travaux, on y piquait une croix en bois fraîchement peinte sur laquelle étaient peints trois lettres : RIP. Lettre qu'on inscrivait sans même connaître sa signification. Un travail qui se faisait souvent à la chaîne car chacun avait sa spécialité et ses talents. Un bon business pour ceux qui s'attelaient à la tâche. « Nous étions à la fois négociateurs et ouvriers, explique un papy. Il y avait très peu de filles, à part des garçons manqués, des « fanm nonm » qui ne se laissaient pas faire par les garçons. » Il poursuit : « Dans le cimetière, c'était un vrai chantier, il fallait trouver des petits jobs et répondre à la demande. On nettoyait et on repeignait un caveau. On taillait et peignait une croix. On faisait du mortier, on enlevait de la cire de bougies (caca bouji), on faisait briller le carrelage et les vitres, etc. Nos missions étaient assez variées et nos prix aussi. Nous faisons le prix souvent à la tête du client. Il fallait donner meilleure mine à une tombe, un caveau ou une concession pour satisfaire le client qui n'était pas toujours généreux. »
DES MŒURS ET COUTUMES QUI SE PERDENT
Un moment de fête pour ne pas rester à rien faire et gagner un peu d'argent. « Nous le dépensions généralement chez les marchandes de pistaches, bonbons ou sorbets installées devant le cimetière. La Toussaint c'était aussi ça : un petit commerce qui nourrissait des familles et mettait du beurre dans les épinards » . Passé cette période, le jour de recueillement et d'illumination était très attendu de tous et permettait aux familles de se retrouver et même de seréconcilier en partageant de bons souvenirs. Les jeunes, très souvent les pieds dans la boue, faisait le tour des tombes pour récupérer « les caca bouji » qu'on s'amusait à lancer sur les malchanceux qui se trouvaient au mauvais moment, au mauvais endroit. Une activité qui était très appréciée des « turbulents » , qui se faufilaient en petites bandes derrière les caveaux abandonnés, éclairés à la seule lumière de la pleine lune. Ces jours de Toussaint, chacun avait sa motivation. Les amoureux faisait de ce lieu de repos éternel un nid d'amour en se cherchant un endroit retiré pour échanger un doux baiser, loin des regards de la famille trop occupée à parler du bon temps. Ces mœurs et coutumes se perdent, constatent les personnes âgées en soupirant. Ces dernières trop fatiguées pour se rendre au cimetière, illuminent maintenant leur maison.
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VOS COMMENTAIRES
  • lenaif1 - 08.11.2018
    le passé passé
    le passé joue un drole de tour à la population de ce pays qui veut y rester c'est ainsi qu'on aboutit à une stérilisation de la pensée il faut aussi assumer les conséquences
  • elsa - 04.11.2018
    Tirs au fusil de chasse !
    Aujourd'hui les temps ont bien changés ! Pour preuve des fous Guadeloupéens tirent au fusil de chasse aux portes du cimetière du Lamentin le jour de la TOUSSAINT !
    Une façon à eux d'honorer leurs morts…
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