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POINTE-À-PITRE - La Tyrolienne a rendu un bel hommage à Alain Carvi

France-Antilles Guadeloupe 10.07.2018
Nicolas LANCASTRE

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La Tyrolienne a rendu un bel hommage à Alain Carvi
Les parents et amis d'Alain Carvi sont venus au cimetière lui rendre hommage.

Les parents et amis étaient réunis, samedi, sur la tombe du journaliste Alain Carvi à l'initiative de l'association La Tyrolienne qui a souhaité se souvenir de cet enfant du quartier de Bergevin.

« Je souhaiterais tant entendre à nouveau sa voix! » Les mots ont trahi le contenu des émotions samedi matin lors de l'hommage rendu, au cimetière, au journaliste sportif Alain Carvi disparu, il y a une dizaine d'années. Venus en nombre, ses parents et ses amis ont répondu à l'appel de l'association La Tyrolienne qui a voulu témoigner à un fils du quartier ses profonds regrets. Alain Carvi a été une des grandes voix de la bande FM. Le public le découvre en tant qu'animateur au tout début de la création de Radio caraïbes international (RCI) qui était alors installée à la Tour Sécid, à Pointe-Pitre.
JOURNALISTE SPORTIF DE RENOMMÉE
Peu à peu, il devient journaliste sportif et impose son identité vocale, ce qui fera de lui une véritable star locale lors du Tour Guadeloupe, par exemple. Plus tard, il a aussi animé une émission type Téléphone rose qui, à l'époque a conforté sa popularité. C'est en rencontrant une de ses filles au cimetière venue se recueillir sur sa tombe qu'Eric Nanette, le président de l'association La Tyrolienne décide d'organiser un hommage. « C'était un enfant du quartier, il n'habitait pas là mais c'était tout comme. Il avait ses amis qui lui étaient très chers. C'était un homme de culture et de cohésion sociale. Quand j'ai vu sa fille sur sa tombe, j'ai compris que cette blessure lui était encore très douloureuse après tout ce temps. Vu que nous étions à l'approche de sa date d'anniversaire, je lui ai fait la proposition de cette commémoration » , explique le président.
UNE EXPOSITION SUR SON PARCOURS
À l'occasion de cette journée souvenir, le public était invité en présence des organisateurs partenaires (Le Consensus pointois, Lauricisque Inser et le Groupement des associations de Lauricisque), à un dépôt d'une gerbe sur la tombe du défunt, en début de matinée. De retour au local de La Tyrolienne, une exposition sur le parcours de l'homme a été dévoilée. Puis chacun a pu faire part de son vécu aux côtéx du disparu. . Après ce temps de mémoire, les familles ont pris part aux parties de jeux de société pendant que les enfants se préparaient pour les défis sportifs.
En clôture de journée, à la suite de la remise de trophées aux jeunes, les artistes invités ont tenté de réchauffer les coeurs.
ILS ONT DIT
Christian Carvi, frère défunt : « Il a pu réaliser son voeu »
« Son mot fétiche était « ouja konnèt » . J'étais le petit frère. Nous avons fait nos études dans l'Hexagone. Mon frère rêvait d'être journaliste mais mes parents ne voulaient rien en tendre. Il m'en parlait souvent et je tentais de l'encourager, même si les parents m'avaient demandé de tout faire pour lui ôter cette idée de la tête. De retour en Guadeloupe, il a pu réaliser son voeu. »
Caroline, fille aînée du défunt : « Impossible d'oublier »
« Voir tous ses anciens amis présents comme si tout recommençait sans lui, c'est vraiment très touchant. Il y a des pages de la vie qu'on ne cherche pas à oublier car ce n'est tout simplement pas possible. J'ai encore en mémoire toutes ses boîtes d'archives qu'il entassait dans une pièce. Il ne fallait pas y toucher. On y trouvait des tonnes de documents sur les chevaux de course et les journaux de pronostics. Il ne s'en débarrassait jamais. Je crois qu'il voulait être un spécialiste en pronostics. Quand il faisait gagner un ami, il était fou de joie. Il disait tout le temps, vous vous rappellerez de moi un jour : Ti Carvi. »
Malika, deuxième fille du défunt : « Je cherche un enregistrement avec sa voix »
« Je recherche un enregistrement avec sa voix. Je n'aimais pas vraiment le Tours cycliste mais j'y allais pour le voir passer et écouter sa voix à la radio. C'était mon père, j'en étais tellement fière. Si quelqu'un a gardé un enregistrement de sa voix et peut m'en faire don, j'en serai tellement heureuse. Cela m'aiderait beaucoup. Après sa mort, j'ai dormi pendant des mois avec ces tee-shirts pour garder la sensation de sa présence. J'avais le sentiment de vivre un mauvais rêve. C'est étrange, la disparition d'un être cher est inexplicable quand on est jeune. »
Émeline, une autre de ses filles, en direct de Montréal : « Vivre cette commémoration en ligne est très difficile »
« Savoir que tout le petit groupe est présent sauf moi, c'est douloureux. Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de ses amis. Je suis comblée et triste à la fois. Mon père était un homme unique. Je vois encore tous ses amis qui faisaient la queue comme chez un médecin, pressés pour avoir un pronostic de course. Il était celui qui aimait tout le monde. »
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