RéGIONS - DANS LA CARAïBE

Haïti. Le feu couve malgré le retour au calme

France-Antilles Guadeloupe 03.12.2018

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Le nouvel appel à la mobilisation a échoué. Néanmoins, la population n'est pas totalement rassurée et le fossé se creuse entre le pouvoir et les citoyens.

La tendance est au retour à la normale en Haïti, qui a été paralysée, la semaine dernière par des mobilisations anti-gouvernementales et une grève générale, dont l'initiative revenait à une frange de l'opposition, réunie au sein de la coalition appelée Secteur démocratique et populaire.
La tentative de rééditer ce mouvement a échoué. Les activités quotidiennes se sont déroulées presque comme à l'ordinaire dans la capitale, alors que la coalition avait demandé la paralysie du pays la semaine dernière, pour forcer le président Jovenel Moise à laisser le pouvoir.
Il reste que la population n'était pas encore totalement rassurée par les propos du ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Jean Marie Reynaldo Brunet, qui a rappelé que les forces de l'ordre ont la responsabilité de neutraliser tout fauteur de trouble.
Les autorités, dont le Premier ministre Jean-Henry Céant, multiplient les interventions à travers les médias, tentent de reprendre l'initiative.
FRUSTRATIONS, RÉSISTANCE
L'atmosphère demeure lourde de frustrations, tandis que les revendications qui ont mobilisé, ces derniers temps, des milliers de personnes, en particulier les jeunes, dans diverses villes du pays, demeurent intactes. À savoir faire la lumière sur la dilapidation présumée des fonds Petro-Caribe d'aide vénézuéliens et le départ du chef de l'État. Mais le gouvernement bénéficie de l'appui clairement exprimé de la communauté internationale, qui prône le dialogue pour résoudre la crise. Appel entendu dans certaines sphères de l'opposition et repris par des organisations politiques formant le bloc au pouvoir, autour du Parti haitien tèt kale.
Néanmoins, le fossé se creuse entre le pouvoir et les citoyens à cause notamment de la difficulté de formuler une réponse adéquate au problème de la corruption, une lecture erronée des préoccupations de la population, une dégradation accélérée de la situation socio-économique, de la violence des gangs et de l'insécurité.
Malgré un apparent retour au calme, on a comme l'impression que le feu continue de couver sous la cendre encore chaude des dernières mobilisations.
« Démissionner est un acte constitutionnel et patriotique, autant que le respect du mandat présidentiel » , font valoir des Petro Challengers ou militants anti-corruption du Sud-est du pays. « Nous nous sommes rendus compte qu'avec le président Jovenel Moïse, il n'y aura jamais un procès Petro-Caribe » , désespèrent-ils.
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