RéGIONS - MARIE-GALANTE

Vincent Piron : « Nous pouvons construire la centrale thermique à l'extérieur de l'usine, ou à l'intérieur »

France-Antilles Guadeloupe 13.02.2017
Propos recueillis par Annick FABRICE

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Vincent Piron : « Nous pouvons construire la centrale thermique à l'extérieur de l'usine, ou à l'intérieur »

Le projet de centrale thermique sur la Grande Galette divise. Vincent Piron, représentant de la Compagnie nationale du Rhône soutenue par Maryse Etzol dans le cadre du programme Marie-Galante, île du tourisme, revient sur la collaboration avec la communauté de communes de Marie-Galante et les avantages que pourraient offrir la centrale.

Comment votre collaboration avec la communauté de communes de Marie-Galante a pris naissance ?
Nous avons répondu à un appel à projet lancé par le ministère de l'Environnement, intitulé Démonstrateurs industriels pour la Ville durable. Plusieurs partenaires principaux se sont regroupés, dont nous, pour répondre à cette problématique, du point de vue technique notamment. Nous, nous sommes l'énergéticien. Nous nous sommes occupés de la partie énergie et mobilité électrique.
Quelles sont les caractéristiques de la centrale thermique que vous proposez de construire ?
Nous proposons une centrale thermique qui alimentera en vapeur et en électricité l'usine dont les équipements sont obsolètes. Ce qui entraîne des difficultés pour le broyage des cannes. Le principe est qu'il faut brûler de la biomasse pour produire de l'énergie. Nous comptons utiliser la bagasse sortie de l'usine, ainsi que celle provenant des distilleries. Nous souhaitons également utiliser les déchets provenant de l'élagage, de la paille de canne. Il y a une discussion à avoir avec les planteurs, pour évaluer le potentiel de jachère. Très concrètement, nous comptons produire 4,5 à 5 megawatt d'électricité. La consommation de l'usine est estimée entre 3 et 4 mégawatt. Le petit excédent sera réinjecté sur le réseau de Marie-Galante.
Concrètement, vous proposez une unité qui ne fonctionnera que le temps de la récolte ?
Nous envisageons un fonctionnement qui irait jusqu'à un à deux mois de plus que la récolte, tout dépendra de la quantité de biomasse disponible. Mais notre projet ne se cantonne pas à cette seule centrale thermique. Nous travaillons sur un schéma mixte, qui comprend aussi de l'éolien et du solaire. Il s'agit de ne pas avoir une seule source de production d'électricité sur l'île.
Si votre centrale ne fonctionne que pendant la récolte, quelle disposition comptez vous prendre sur le plan social ?
Rien ne va changer au fonctionnement actuel. Et de plus, je vous le répète, nous allons développer d'autres moyens de production, notamment le photovoltaïque. Des discussions sont en cours pour l'équipement des bâtiments publics et privés.
Comment convaincre les agriculteurs du bien-fondé de vos arguments ?
Nous allons faire profiter la sucrerie d'équipements ultra-modernes et performants pour son approvisionnement en vapeur et en électricité. Nous allons mieux organiser la filière en matière de biomasse locale. Nous estimons, en plus de la bagasse collectée 5 à 7 000 tonnes de paille par an et 3 à 5 000 tonnes de déchets verts, de plage, etc. Notre projet est réalisable très rapidement, dès lors que nous obtiendrons les autorisations.
Avez-vous déjà construit des centrales thermiques ?
Ce ne sont pas des projets exprimentaux. Ce sont des équipements très répandus dans le monde. Il n'y a aucun doute sur la faisabilité technique. Nous sommes entourés de fabricants et d'installateurs expérimentés. Dans notre actionnariat, nous avons notamment des collectivités locales le long du fleuve du Rhône, la Caisse des dépôts et consignations et aussi le groupe Engie producteur d'électricité, spécialiste en énergie durable.
Dans quel délai construirez-vous votre centrale ?
La construction durera deux ans. Deux options sont possibles. Nous pouvons construire la centrale thermique à l'extérieur de l'usine ou à l'intérieur. Dans ce dernier cas, nous pourrions aller encore plus vite. Ce sera plus rapide. Tout dépendra de la solution qu'on nous proposera. De plus, la quantité d'électricité à produire est faible et le raccordement est facile parce qu'il n'y a pas de nécessité d'installer de câbles sous-marin vers la Guadeloupe. Car notre ambition est de faire de Marie-Galante une île 100% autonome, en énergie durable.
Exit donc EDF ?
Pas du tout. EDF a en Guadeloupe, singulièrement, le monopole de la distribution électrique. Une étroite collaboration avec elle est nécessaire. Nous, nous portons des solutions techniques pour une production d'énergie 100% renouvelable et rendre autonome l'île de ce point de vue.
Quelle est la place des planteurs de canne dans votre schéma ?
Nous travaillons sur l'ensemble du projet et aussi sur la mobilité électrique. Nous travaillons à une solution technique. Le projet que nous portons ne peut être que favorable aux planteurs puisque leur unité de production sera sécurisée. La vapeur et l'électricité qui seront produites pourront permettre un bien meilleur fonctionnement de l'usine. C'est l'essentiel de nos préoccupations. Ils vont bénéficier d'une technologique ulra-moderne et ultra-performante. Il sera aussi possible, si les planteurs le veulent, d'envisager des cultures à vocation énergétique qu'ils pourraient mettre en valeur.
À quel stade est votre dossier ?
Nous avons déjà sorti les premiers éléments de notre projet. Ils feront l'objet d'un programme de planification. Nous affirmons, au cas où nous serions retenus, que nous sommes en mesure d'être opérationnels en 2020.
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VOS COMMENTAIRES
  • papuche - 15.02.2017
    Et les dechets ?
    Qu en est il du projet NST presenté a la cop 22 et qui lui utilise les dechets, ressouce abondante et inepuisable ?
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